CES PARFUMS QUI NOUS FONT VOYAGER

CES PARFUMS QUI NOUS FONT VOYAGER

Elaborés à partir de matières premières rares et chargées d’exotisme ou de molécules de synthèse originales, certains parfums ont le don de nous faire voyager en un pschitt. Vous rêvez de Los Angeles, New York, Tunis ou Papeete ? Quatre propositions de trips olfactifs, vintage ou tout récents, qui valent le coup.

Los Angeles

Le parfum : Giorgio Beverly Hills

Année de lancement : 1981

L’avis de Shoelifer : Big hair, big make-up et gros caillou au doigt ! Ce blockbuster des années Dallas est l’archétype du parfum carte postale tant il est capable de vous transporter en moins de deux vers une destination lointaine. Et pas n’importe laquelle. On parle ici du quartier le plus bling de la ville des anges, Beverly Hills. Giorgio Beverly Hills capture son essence, mais aussi celle d’une époque, les 80’s. Le nez Francis Camail n’y est pas allé de main morte puisqu’il a convoqué les matières premières les plus capiteuses et langoureuses qui soient. La tubéreuse évidemment, la fleur d’oranger assurément et l’ylang-ylang bien entendu. Trop capiteux pour être portable en 2017, diront les sceptiques ? Non. Quoique très typé et (trop ?) tenace (on saura à coup sûr que vous êtes passée par là, même 8 heures après le pschitt…), Giorgio Beverly Hills est équilibré, solaire, effronté, sans faire du rentre-dedans. Et, c’est tout bête, il fait partie de ces parfums rares qui rappellent une odeur de vacances en bord de mer : un délicieux mélange de crème solaire, de cocktails fruités et d’iode. Difficile à trouver mais le trip en vaut la peine. Vraiment.

Giorgio Beverly Hills, eau de toilette 90 ml. Environ 850 DH.
www.giorgiobeverlyhills.fr

Papeete

Le parfum : Aloha Tiaré, Comptoir Sud Pacifique

Année de lancement : 1984

L’avis de Shoelifer : Les vocables « aloha » et « tiaré » ne laissent aucune place au doute. Même celles qui n’ont jamais testé le parfum devineront qu’il est construit autour de notes dominantes exotiques, comme la fleur de tiaré. Ce qui n’est pas faux. En revanche, ici, la fleur qui semble tenir le haut du pavé n’est autre que la tubéreuse, star des 80’s. Et, force est de constater que cette fleur blanche plutôt moche et qui n’a rien d’exotique sous nos latitudes, est souvent convoquée par les nez lorsqu’ils décident de composer un parfum à la fois dépaysant et doté d’une personnalité… affirmée. Présente tout au long de l’évolution du parfum, elle est habillée de fleur de tiaré, d’ylang-ylang et de noix de coco. Un trio qui tempère les ardeurs de cette fleur narcotique et donne à l’ensemble un caractère ensoleillé, délicieusement lacté et gourmand. Comme un riz au lait vanillé et caramélisé qu’on aurait parfumé à la noix de coco.

Aloha Tiaré, eau de toilette 100 ml, Comptoir Sud Pacifique. Environ 880 DH.
www.comptoir-sud-pacifique.com

New York

Le parfum : Cabochard, Grès

Année de lancement : 1959

L’avis de Shoelifer : Si vous cherchez un parfum qui sent la peau, le cuir, le bitume qui fond sous le soleil, ce parfum est pour vous. Cabochard sent la ville sous la canicule, l’urbanité bigarrée qui transpire joyeusement pendant un mois de juillet. Bref, ce chef de file des chyprés est un parfum de peau qui joue sur deux registres : le trash et le sophistiqué. La transpiration et le savon. Le SM et le sexe soft. Un peu comme le ferait un quartier de New York qui a connu une récente gentrification ; les façades ne sont pas forcément ravalées mais les lofts sont super élégants, hors de prix et les bars forcément trendy. Cette impression de goudron, de cuir et de « substances salées » est due à une molécule de synthèse appelée isobutylquinoléine qui accompagne un bouquet floral et de la mousse de chêne. A sentir absolument, d’autant plus qu’on peut le trouver à prix mini (20 euros les 100 ml sur le web et dans certains magasins de produits dégriffés à Paris).

Cabochard, eau de toilette 100 ml, Grès. Environ 730 DH.

Tunis

Le parfum : Oud de Carthage, Boucheron

Année de lancement : 2017

L’avis de Shoelifer : Ah, le bois oud ! Ou aïe, le bois oud. C’est selon. Les moyen-orientaux –et les arabo-musulmans en général– raffolent de ce bois précieux. Brûlé pour l’ambiance ou porté pour le chic. Mais souvent mal porté, car maladroitement travaillé : depuis le début des années 2000, il est devenu LA matière première bankable, et toutes les maisons ont sorti leur oud avec pour objectif de séduire la clientèle du golfe Persique. Pour cela, tous les coups sont permis, y compris les formulations hasardeuses et vulgaires, qui donnent la nausée. Heureusement, certains jus sortent du lot. Oud de Carthage en fait partie. C’est l’immense Dominique Ropion qui l’a concocté et cela se sent. Ce bois de oud est enrobé de miel, de cuir et de tabac. Aussi original que classe. Et oui, on peut porter du bois de oud l’été. On peut tout oser à condition d’y aller mollo. Comme pour tout… 

Oud de Carthage, eau de parfum 125 ml, Boucheron. 2400 DH
www.boucheron.com

Karim Moucharik
Maladivement timide mais non sans audace, l’anxieux et joyeux Karim cumule les paradoxes. Son DEA en poche, il quitte Montpellier pour monter à Paris, et dépose ses valises rue du Mont-Cenis, dans le très coloré 18e arrondissement. C’est en travaillant pour une grande enseigne de cosmétiques que naît sa passion pour le parfum, qu’il apprend à interroger et à décoder. En 2005, il pousse la porte d’Aïcha Zaïmi-Sakhri, fondatrice de FDM et devient journaliste, traduisant les parfums et les tendances en mots pour Femmes du Maroc puis L’Officiel Maroc et Illi. Après une parenthèse, il revient à l’univers de la beauté et retrouve Sofia Benbrahim, son ex-voisine d’open-space et rédactrice en chef. Ses projets en cours ? Des cours d’italien pendant lesquels il rit beaucoup et une thèse de doctorat.

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