LISSAGE À LA KÉRATINE : POURQUOI C’EST HAS BEEN

LISSAGE À LA KÉRATINE : POURQUOI C’EST HAS BEEN

Des cheveux lisses, brillants et réparés : telles sont les promesses du lissage brésilien à la kératine. De belles promesses… non tenues. La preuve par 4.

1- Non, le lissage à la kératine n’est pas un soin
Le lissage à la kératine est très souvent présenté comme un soin. Mais que contiennent les produits utilisés ? En général, des ingrédients loin d’être nourissants. De la kératine, évidemment, le plus souvent animale, provenant de cornes, ongles, plumes… Mais aussi des silicones, présentes dans nombre de produits capillaires, qui donnent une fausse impression de cheveux sains. Et du formaldéhyde –sur lequel on reviendra dans un deuxième point. Le lissage consiste tout simplement à fixer la kératine et les silicones sur le cheveu et à les raidir au moyen du formaldéhyde et de la chaleur. Du coup, les cheveux ne sont pas soignés mais gainés, « embellis » artificiellement. Comme le ferait un vernis sur un ongle.

2-C’est bourré de formaldéhyde
Le formaldéhyde est l’ingrédient star des formules de lissage à la kératine. C’est notamment lui qui va permettre, à l’aide la chaleur des plaques de céramique, de lisser le cheveu. Mais il peut causer des eczémas de contact (au niveau de la peau donc). Surtout, ce composant a été reconnu cancérigène chez l’homme : il aggrave notamment les risques de cancer du nasopharynx (nez et gorge). Il est aussi incriminé dans l’augmentation d’incidence de leucémie. Un avis sur ce sujet a été rendu en 2010 par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. En Europe et en Amérique du Nord, la concentration maximale acceptable en formaldéhyde dans les produits de lissage à la kératine est de 0.2%. Une concentration maximale qui est loin d’être toujours respectée par les fabricants. Au Maroc par exemple, des produits (fabriqués au Brésil ou ailleurs) affichant des taux de formaldéhyde supérieurs à la limite circulent librement et sont quotidiennement utilisés dans certains salons. Comme le produit brésilien Brazilian Blowout Smoothing Solution, retiré de la vente en France. Une liste de produits interdits en Europe est disponible sur le site l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

3- Adieu au volume et aux coiffures glamour
Avec les tifs traités à la kératine, on a le choix entre les cheveux lisses… et les cheveux lisses. Vous rêvez d’un brushing californien wavy avec ses belles ondulations super sexy ? Mission impossible ou presque. Le plus souvent, les belles vagues retomberont comme un soufflé, même avec une grosse dose de laque ou de spray fixant. Vous voulez ressortir vos bons vieux rouleaux vintage histoire de donner plus de volume à votre crinière ? Oubliez, ça ne marchera pas. Notez que la perte de volume après un lissage à la kératine peut aller jusqu’à 30%…

4- Lissage 1, beauté 0
Regardez autour de vous : les cheveux bouclés, frisés ou ondulés sont devenus minoritaires. Il y a à peine une dizaine d’années, les femmes pouvaient afficher des cheveux lissés à l’aide d’un brushing le lundi, ondulés le mardi et carrément frisés le mercredi. Elles jouaient avec leur chevelure comme avec leur maquillage. Il s’agit finalement d’une mise en scène de son corps ; une manière de se l’approprier, de jouer avec et de le rendre conforme à ses envies du moment, au risque parfois de bousculer l’ordre établi. Avec le lissage, la diversité est réduite, la subversion enterrée et ce jeu millénaire de la mise en beauté n’est plus possible. Le lissage séduit notamment car il « simplifie » la vie en permettant de faire l’impasse sur la case « soin du cheveu et coiffure ». Dans ces conditions, une kératine appelle une autre kératine. Ajoutez à cela l’effet de mode et les tarifs de plus en plus bas et c’est ainsi qu’on se retrouve avec une matière lisse –et souvent raplapla– 365 jours par an. Sur toutes les têtes. Et c’est bien triste : l’uniformisation tue la beauté.

Karim Moucharik
Maladivement timide mais non sans audace, l’anxieux et joyeux Karim cumule les paradoxes. Son DEA en poche, il quitte Montpellier pour monter à Paris, et dépose ses valises rue du Mont-Cenis, dans le très coloré 18e arrondissement. C’est en travaillant pour une grande enseigne de cosmétiques que naît sa passion pour le parfum, qu’il apprend à interroger et à décoder. En 2005, il pousse la porte d’Aïcha Zaïmi-Sakhri, fondatrice de FDM et devient journaliste, traduisant les parfums et les tendances en mots pour Femmes du Maroc puis L’Officiel Maroc et Illi. Après une parenthèse, il revient à l’univers de la beauté et retrouve Sofia Benbrahim, son ex-voisine d’open-space et rédactrice en chef. Ses projets en cours ? Des cours d’italien pendant lesquels il rit beaucoup et une thèse de doctorat.

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