Bien sûr, il y a les pyramides. Mais un voyage en Égypte peut aussi se jouer sur une dahabiya, dans le silence de Siwa, au cœur du désert blanc ou face aux récifs de la mer Rouge. Voici nos idées pour sortir des circuits trop attendus, sans perdre le frisson des grands décors.
Entre héritage millénaire, effervescence culturelle et accès facilité, 2026 pourrait bien être l’année où l’on ose enfin le voyage en Égypte. Depuis Casablanca, des vols quasi quotidiens permettent de rejoindre Le Caire en 5h20, toute l’année. Autre atout, les procédures de visa ont été simplifiées. Les Marocains peuvent désormais obtenir un visa à entrées multiples valable cinq ans, et revenir autant de fois qu’ils le souhaitent. De quoi explorer plus librement un pays aux multiples visages, du Caire à la mer Rouge, en passant par le Nil, Siwa ou le désert blanc.
Le Caire, grandeur et chaos
Ville-monde aux mille influences, Le Caire concentre toute la complexité égyptienne. Son effervescence peut dérouter, mais elle raconte aussi un pays construit par strates, où cohabitent héritage pharaonique, patrimoine copte, architecture islamique, ferveur populaire et grands chantiers urbains. Pour en saisir les contrastes, on commence par la Citadelle de Saladin et la mosquée Mohammed Ali, avec vue panoramique sur la ville, avant de rejoindre le Vieux Caire copte, ses ruelles plus calmes et ses églises anciennes. Changement d’ambiance à Khan el-Khalili, souk fondé au XIVe siècle, où échoppes, cafés et artisanat donnent à voir un Caire très animé. Puis cap sur le plateau de Gizeh, à environ une heure du centre, pour retrouver les trois grandes pyramides et le Sphinx.
Le vrai point d’orgue de Gizeh s’admire aujourd’hui au Grand Musée Égyptien (GEM), ouvert fin 2025 après plus de vingt ans de travaux. Face aux pyramides, le GEM impressionne autant par son architecture monumentale que par l’ampleur de sa collection. Près de 100 000 artefacts, un parcours de la préhistoire à l’époque romaine, le trésor complet de Toutankhamon, la barque solaire de Khéops, sans oublier la statue colossale de Ramsès II qui accueille les visiteurs dès l’entrée. Au-delà de ses collections, le GEM dit aussi quelque chose de l’Égypte actuelle. Un pays qui remet son patrimoine en scène, modernise ses infrastructures et construit, à moins de 50 km du Caire, une nouvelle capitale destinée à désengorger la mégapole.
Grand Egyptian Museum, Alexandria Desert Rd, Kafr Nassar, Al Haram, Giza Governorate.
Tél.: +20 2 35317344
Réserver son ticket : ici
L’Oasis de Siwa, la parenthèse hors du temps
Longtemps isolée, l’oasis de Siwa attire ceux qui cherchent un voyage en Égypte plus lent et plus contemplatif, loin du Caire et des grands sites antiques. Située à l’extrême ouest du pays, à 750 km du Caire, 500 km d’Alexandrie et à quelques kilomètres de la frontière libyenne, elle se découvre aux portes du désert. On y flotte dans des lacs salés aux reflets turquoise, on regarde le soleil embraser les dunes, on arpente la vieille cité fortifiée de Shali et son architecture en kershef, ce mélange de sel et de terre typique de Siwa.
Le soir, le silence du désert et le ciel saturé d’étoiles font le reste. Notre conseil : prendre aussi le temps de découvrir la culture berbère de l’oasis, sa langue, ses traditions et son artisanat.
Pour prolonger l’expérience, on passe la nuit à Adrère Amellal, adresse singulière où le luxe se passe volontiers d’ostentation. Pas d’électricité ici, mais des matériaux bruts, une architecture fondue dans le paysage et la lumière des bougies pour seule mise en scène. Une atmosphère presque mystique.
Chambre double à partir de 9000 DH la nuit
Adrère Amellal Ecolodge, Gaafar Mountain, Siwa
Matrouh Governorate.
Tél.: +20 22736 7879 – [email protected]
La croisière sur le Nil en mode slow luxury
La croisière sur le Nil entre Louxor et Assouan reste un classique du voyage en Égypte. Pour l’aborder autrement, on oublie les grands bateaux dépassant la centaine de passagers. L’expérience se joue plutôt à bord d’une dahabiya, élégante embarcation à voile traditionnelle qui naviguait déjà sur le fleuve à l’époque des grands explorateurs du XIXe siècle. Avec seulement quelques cabines, elle offre une traversée plus intime, presque suspendue. On glisse lentement sur le Nil, on s’arrête dans des villages ignorés des circuits classiques, on dîne sur le pont sous les étoiles. Bien sûr, on en profite pour visiter les temples de Karnak, la Vallée des Rois, le temple de Philae ou encore Esna, dont les couleurs ont été remarquablement conservées.
À partir de 26 800 DH par personne pour 5 nuits
Lazuli Nile cruise, 5 El-Abaseya, Al Fagalah, Al Azbakeya, Cairo Governorate.
Tél.: +20 100 8777 115 (whatsapp) – [email protected]
Dans un registre plus exclusif, la dahabiya Gaïa pousse l’expérience vers le grand luxe. Avec seulement 4 cabines et 4 suites, elle cultive l’esprit d’une maison privée sur le Nil, entre design contemporain et piscine verte installée sur le pont. Une fois privatisé, le bateau transforme la croisière en retraite ultra-confidentielle, idéale pour vivre le fleuve à deux.
À partir d’environ 600 000 DH pour la privatisation de ses 8 cabines pendant une semaine.
Dahabiya Gaïa
Tél. : +33 (0)1 40 22 90 08
(Global sales office ) – [email protected]
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Le désert blanc, des paysages lunaires à perte de vue
Le Désert Blanc justifie à lui seul le détour lors d’un voyage en Égypte. Entre Bahariya et Farafra, le décor devient presque irréel. Une mer de craie blanche figée par le temps, ponctuée de silhouettes étranges sculptées par le vent. L’expérience se vit en 4×4 avec un guide, obligatoire, en suivant la lumière qui transforme les formations rocheuses au fil des heures, jusqu’au coucher du soleil.
Si l’excursion peut s’organiser depuis Le Caire, Tzila Bahariya constitue un point de chute bien pensé pour explorer le Désert Blanc. Ce petit hôtel travaille son ancrage local jusque dans les détails, de la gestion de l’eau aux matériaux issus du désert occidental, en passant par la sobriété énergétique et le recyclage. Inspirée des savoir-faire traditionnels, son architecture se fond dans un domaine de 14,5 hectares, entre collines ondulantes et végétation rare.
Suite à partir de 1100 DH
Tizla Bahariya Ecolodge, Al Wahat Al Bahriya Road, El Kasr, Bawiti, Oasis de Bahariya.
Tél.: +20 109 5708771 ou +20 102 7706540 (whatsapp) – [email protected] ou [email protected]
L’expérience lifestyle sur la Mer Rouge
Après les temples, les oasis et le désert, la mer Rouge dévoile une autre facette du voyage en Égypte. Sur la côte est, les paysages arides plongent dans des eaux cristallines, bordées de récifs parmi les mieux préservés au monde. El Gouna se la joue cool, avec pléthore de beach clubs et une nightlife animée. Marsa Alam, plus douce, regarde vers les récifs, la plongée et les grands espaces.
El Gouna, chic et design
Au nord de la mer Rouge, El Gouna parle à celles et ceux qui veulent la mer sans renoncer à la fiesta. Construite autour de lagunes artificielles et de marinas, la station combine sports nautiques, bonnes tables, beach clubs et esprit festif. L’idée ? Profiter de la mer Rouge en mode easy going et dans la convivialité.
Pour dormir au calme sans s’éloigner de tout, cap sur The Chedi El Gouna. Membre de The Leading Hotels of the World, l’hôtel séduit par son architecture minimaliste, ses touches colorées, sa plage privée et ses piscines tropicales. Son format plus confidentiel permet de respirer, sans se couper de l’énergie d’El Gouna.
The Chedi El Gouna, The Chedi El Gouna Red Sea El Gouna, 84513, Hurghada
Tél.: +20 65 354 5161 [email protected]
Chambre double à partir de 3600 DH la nuit
Marsa Alam, le spot des plongeurs
Plus au sud, Marsa Alam joue une partition plus sauvage. Ancien village de pêcheurs, la station attire surtout pour ses plages, ses récifs préservés et cette sensation d’espace encore intact. Ici, la mer Rouge se découvre sous l’eau, au milieu des jardins coralliens et d’une faune marine spectaculaire. Parmi les sites à retenir, Abu Dabbab et Marsa Mubarak, où l’on peut croiser dauphins, tortues, raies et parfois des dugongs, ces étonnantes “vaches de mer”, aux côtés de poissons-clowns, perroquets ou papillons.
À Marsa Alam, le Steigenberger Alaya garde le cap sur la mer. Moderne, épuré et réservé aux adultes, le resort déroule de vastes piscines tournées vers l’horizon, une plage privée et un accès facile aux récifs d’Abu Dabbab. Une adresse bien placée pour profiter de la région sans s’éloigner de ce qui fait son intérêt : le littoral, les coraux et la plongée.
Steigenberger Alaya Resort, Madinat Coraya, Km 67 Qusseir – Marsa Alam Road, Coraya Bay, Gouvernorat de la mer Rouge.
Chambre double à partir de 2350 DH la nuit, réservée aux adultes.