MUSIQUE SPIRITUELLE MAROCAINE : 12 MORCEAUX POUR FAIRE VIBRER L’AÏD

MUSIQUE SPIRITUELLE MAROCAINE : 12 MORCEAUX POUR FAIRE VIBRER L’AÏD

L’Aïd a ses parfums, ses tables, ses silhouettes. Il a aussi sa bande-son. Shoelifer réunit 12 morceaux de musique spirituelle marocaine, du gnawa aux chants arabo-andalous, de la hadra chefchaounia au madih nabawi, pour célébrer la fête par ce qu’elle a de plus vibrant : la mémoire, la voix, le rythme.


Chaama x Zamane – Kalima Adima

Pour les amateurs de remix audacieux, voici une vraie pépite. Chamaa, connue pour ses reprises de classiques marocains comme Hia Hia de la défunte Hajja Hamdaouia ou Rijal Allah, s’attaque cette fois à Kalima Adima. Un poème du patrimoine issu du madih nabawi, la tradition d’éloge du Prophète. Sa version moderne préserve l’essence du morceau tout en mêlant subtilement influences hassanies et gnawas, pour se conclure sur une note profondément marocaine avec le taachaq ala nabi.


Nabyla Maan –Dalalu Al-Andalus 

Avec Nabyla Maan, l’héritage de la musique andalouse marocaine reprend une nouvelle jeunesse. Dans son album Dalalu Al‑Andals (sorti le 24 mai 2017), elle explore les racines du tarab andalou, du gharnati et du melhoune, tout en y ajoutant des touches modernes, parfois jazzy, qui donnent à ces traditions une résonance contemporaine.


Maher Zain – Daiman Wa Abada

Difficile de parler de musique spirituelle contemporaine sans évoquer Sami Yusuf. Bien qu’il ne soit pas marocain, l’artiste britannique d’origine azérie est devenu une référence mondiale dans ce registre. Son titre Daiman Wa Abada (Pour toujours et à jamais) évoque une dévotion constante et intemporelle. Ce morceau s’inscrit dans la tradition des nasheeds modernes, ces chants spirituels qui mêlent production pop actuelle et inspiration religieuse, créant une atmosphère à la fois intime et universelle.


Berrada – Allah Ya Moulana 

Lorsqu’on parle de musique spirituelle, on ne peut pas passer à côté du vaste répertoire de Haj Said Berrada, l’héritier de la prestigieuse lignée des moqaddems de Fès de la tariqa aïssawya. Souvent jouées avec des instruments tels que la flûte, le hautbois, le tambourin et le guembri, la musique issawa est caractérisée par des rythmes rapides et des mélodies hypnotiques. Elle est associée à des cérémonies religieuses et des pratiques mystiques.


Abdelhadi Belkhayat – Mounfarija  

Ce grand classique vous a déjà fait vibrer. Mais son histoire est moins connue. À l’origine, un poème orchestré par feu Abdelhadi Belkhayat à la demande du roi Hassan II. On y suit un joaillier chargé de tailler une émeraude pour l’épouse d’un sultan sur le point d’accoucher. L’erreur est fatale : la pierre se brise en deux morceaux identiques. Face à la colère du souverain, l’artisan n’a plus qu’une arme : les mots. Il compose alors ce poème, qui lui sauvera la vie.

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Said Meftahi- Choukr Rasoul 

Le nom de Saïd Meftahi ne vous est pas forcément familier. Sa voix, en revanche, ne vous est sûrement pas inconnue. Vous l’avez sûrement vu à la télévision dans des émissions dédiées au malhoun et à la musique andalouse. Il a fondé l’orchestre de malhoun de Meknès et est devenu l’un des plus grands représentants de cet art de la poésie chantée propre au Maroc. On vous laisse avec cet extrait, qui dévoile toute la richesse du malhoun, classé comme patrimoine culturel marocain par l’Unesco depuis 2023.


Maâlem Mahmoud Guinia – Colours of the Night

Il y a des noms qui s’écrivent en lettres d’or dans l’histoire de la musique gnawa. Mahmoud Guinia, né en 1951 à Essaouira, fils du maâlem Boubker Guinia, est l’un d’eux. Sa maîtrise du guembri et sa voix grave ont traversé les frontières, lui permettant de collaborer avec des musiciens du monde entier. Colours of the Night reste l’une de ses œuvres les plus envoûtantes : un voyage sensoriel dans les rituels de la nuit gnawa.


Bayane Belayachi – Zarni lamlih  

Héritière d’un patrimoine musical façonné dès le IXe siècle par Zyriab, figure fondatrice de la musique arabo-andalouse, la musique gharnati continue de résonner avec une étonnante vitalité. Cette fois-ci, c’est avec Bayane Belayachi, icône du chant arabo-andalou, que nous plongeons dans cet univers empreint de spiritualité.

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Khayra Afazaz – Sala Allah Alik 

Tradition musicale soufie séculaire de Chefchaouen, la hadra chefchaouniya se distingue par sa transmission exclusivement féminine et ses chants portés par les tambours à main. Pour les novices, Khayra Afazaz, figure éminente de cet art, en offre une entrée sensible et incarnée.


Dalal Barnoussi – Qoumo Ya Naymin

Née et élevée au cœur de la hadra de Chefchaouen, Dalal Barnoussi est aujourd’hui l’une des voix les plus pures du répertoire spirituel marocain. Dans Qoumo Ya Naymin, elle nous invite à un moment d’éveil, de louange et de réflexion sur l’essentiel. Sa voix, à la fois profonde et intemporelle, enveloppe l’auditeur et l’ancre dans une expérience presque méditative.


Hassan Erraji – Longa

Peut-être que son nom ne vous dit rien… mais une fois que vous l’aurez entendu jouer, vous ne l’oublierez plus. Hassan Erraji est un maître du oud marocain, multi-instrumentiste et compositeur non-voyant, qui puise autant dans les maqamat arabes que dans la musique andalouse. Longa est l’une de ses pièces les plus subtiles : précise, délicate, et avec cette manière unique qu’il a de faire parler les cordes comme une voix humaine.


Mohcin Nourech – Samaa Soufie 

Pour clore ce voyage, place au samaa soufi, un répertoire fait de poésie et d’invocations divines, où s’exprime l’amour de Dieu et du Prophète. Une musique spirituelle qui se vit autant qu’elle s’écoute, où chaque note devient prière et chaque mélodie élève l’âme.

À écouter ici.

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