Véritable addict de nouvelles technologies, l’entrepreneur Saad Chaoui a été l’un des premiers à introduire les bornes interactives sur le marché marocain. Avoir un coup d’avance, c’est pour lui un way of life ! Après le digital lab de l’OCP, il lance aujourd’hui le premier glambot au Maroc.
Diplômé de l’Université Concordia au Québec, l’entrepreneur Saad Chaoui a rapidement perçu le potentiel des nouvelles technologies pour dynamiser le secteur du tourisme. Après une expérience en banque d’affaires puis chez Property Finder, à Dubaï, il crée Ask Me Digital Maroc, une entreprise spécialisée dans le marketing digital et les bornes interactives. Aujourd’hui, il introduit toute une série de nouveautés, dont le premier glambot au Maroc, un robot qui permet de réaliser des vidéos spectaculaires en slow motion.
Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir entrepreneur dans la tech ?
Quand la crise est arrivée en 2008, j’ai décidé de quitter Dubaï et de revenir au Maroc. Il s’est avéré qu’il y avait un réel retard à combler en matière d’affichage numérique, en particulier dans le secteur du tourisme. De là est née Ask Me Digital Maroc. À l’époque, les informations pour les touristes étaient souvent disponibles via de petits journaux distribués dans des cafés. Mon idée était de moderniser cette approche en créant des bornes interactives et tactiles, installées dans les hôtels, pour offrir ces informations dans différentes langues, une vraie innovation technologique.
Puis, avec l’ouverture de grands malls dans tout le pays, nous avons commencé à développer des bornes d’information interactives pour les centres commerciaux, comme ce qu’on trouvait déjà à Dubaï ou en France. Cela m’a fait réaliser le fort potentiel de développement. Nous avons été parmi les premiers à introduire ces solutions interactives au Maroc.
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Quels sont les avantages de la digitalisation de l’économie ?
Les nouvelles technologies constituent un levier de croissance économique significatif et jouent un rôle essentiel dans le développement social et dans la modernisation des services. Ceci, tant pour les entreprises que pour les start-ups. Il est crucial d’intégrer ces technologies car elles peuvent s’avérer très utiles. Par exemple, les totems et les bornes interactives peuvent être adaptés pour aider les personnes sourdes et muettes, ainsi que les populations à mobilité réduite, pour plus d’inclusion. Il existe aussi de nombreuses possibilités à explorer, comme la réalité augmentée.
En somme, l’innovation digitale doit bénéficier à la fois aux citoyens et aux consommateurs. Il ne s’agit pas simplement de disposer d’écrans d’information, d’affichage ou de publicité. Heureusement, de nombreuses entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, prennent conscience des avantages de la digitalisation, même si le processus reste encore relativement lent.
Comment identifiez-vous les nouvelles tendances technologiques pour rester à la pointe dans votre secteur ?
Pour rester compétitif, il est crucial de rester à l’écoute des évolutions du marché et de créer constamment de nouveaux concepts. Aujourd’hui, nous lançons le glambot, notre premier robot capable de réaliser des vidéos en slow motion. C’est une nouveauté. Pour ceux qui connaissent les photobooths, imaginez un bras robotisé capable de capturer des vidéos au ralenti, comme celles des Oscars à Hollywood.
Ce dispositif permet de créer des vidéos publicitaires originales et divertissantes pour nos clients dans le cadre de leurs événements. Les utilisateurs à l’international sont toujours fascinés de voir un bras robotisé prendre les commandes pour réaliser des prises de vue ludiques et esthétiques. C’est un véritable saut dans l’évolution de nos produits. Auparavant, nous avions des bornes avec des webcams, puis nous avons évolué vers différentes bornes photo, et enfin vers des expériences à 360 degrés. Et aujourd’hui, le glambot. Demain, autre chose. Notre mantra, c’est “what’s next in the future?”.
Quels défis l’entrepreneuriat dans le domaine des nouvelles technologies représente-t-il au Maroc ?
Le principal défi réside dans le timing. Il ne faut ni être trop en avance ni trop en retard. Si vous êtes trop en avance, vous risquez de ne pas être compris, et votre idée peut sembler prématurée. Parfois, il faut attendre un ou deux ans pour que le projet décolle. Cela peut être frustrant quand on pousse un produit depuis des années, convaincu de son potentiel. Donc il ne suffit pas d’avoir l’idée, en somme (rires). Il faut aussi savoir bien s’entourer. Je travaille depuis 13 ans avec un développeur de talent, avec qui nous avons digitalisé les agences CFG ou encore lancé le Digital Lab de l’OCP.
La tech marocaine est recherchée. Nous avons développé une application innovante pour la maison d’orfèvrerie Christofle, qui donnait aux clients la possibilité de personnaliser leurs produits. Nous avons aussi activement contribué à la digitalisation de plusieurs mairies en France, en modernisant leurs services administratifs. Les boîtes internationales font appel à nos développeurs. Ça, c’est une richesse qu’il ne faut pas sous-estimer.
Photo © : Mohamed Sajid
