Si la CDM 2026 passionne autant les femmes, ce n’est peut-être pas seulement pour le football. C’est aussi pour tout ce qu’il raconte en dehors des quatre-vingt-dix minutes. Voici le parti pris de la rédac’ !
Longtemps, le football a été présenté comme un territoire presque exclusivement masculin. Les femmes qui s’y intéressaient étaient souvent priées de prouver qu’elles connaissaient la règle du hors-jeu, sous peine d’être soupçonnées de regarder les matchs uniquement pour les joueurs. Un cliché qui commence sérieusement à prendre la poussière.
Car la CDM 2026 raconte une tout autre histoire. Oui, les femmes sont de plus en plus nombreuses à vibrer devant les rencontres. Mais surtout, le football lui-même n’a jamais été aussi humain, émotionnel et universel. Aujourd’hui, une sélection nationale ne se résume plus à onze joueurs sur une pelouse : c’est une histoire, une famille, un pays, des personnalités, des émotions… Et, parfois, quelques très beaux garçons (personne n’est parfait, lol).
Lire aussi : COUPE DU MONDE 2026 : OÙ REGARDER LES MATCHS DES LIONS À CASA ?
Les Lions de l’Atlas, ou l’art de faire vibrer tout un pays
Au Maroc, cette évolution saute particulièrement aux yeux.
En quelques années, les Lions de l’Atlas ont changé de dimension. Qualification pour la Coupe du monde 2018, demi-finale historique en 2022, nouveaux succès continentaux, Achraf Hakimi devenu capitaine de la sélection, Ballon d’Or africain et l’un des meilleurs latéraux du monde… À travers leurs performances, c’est tout un pays qui rayonne.
Derrière les cadres déjà installés, une nouvelle génération commence aussi à faire parler d’elle. Sacrés champions du monde U20 en 2025, les Lionceaux de l’Atlas ont braqué les projecteurs sur des talents comme Othmane Maamma ou Yassir Zabiri, tandis que certains, à l’image de Gessime Yassine ou Abdelhamid Aït Boudlal, ont déjà à la porte des A. De quoi nourrir l’idée d’un football marocain qui ne brille plus seulement par ses stars actuelles, mais aussi par sa relève.
Ce sport est devenu l’un des plus puissants outils de soft power du royaume. Partout où les Lions jouent, les supporters marocains sont salués pour l’ambiance qu’ils mettent, leurs chants et leur fair-play. Lors du match Brésil-Maroc de cette CDM 2026, les images de fraternité entre supporters ont presque davantage marqué les esprits que le score final (1-1). Les réseaux sociaux se sont même amusés à surnommer les Marocains les “Brésiliens d’Afrique” (notez qu’il y a pire comme comparaison).
Des membres de la famille
Mais la plus belle réussite est peut-être ailleurs. Les Lions de l’Atlas ne donnent plus seulement envie d’être soutenus. Ils donnent le sentiment de faire partie de la famille. Depuis les images devenues iconiques des mères envahissant la pelouse au Qatar jusqu’à leur réception au Palais royal, les joueurs n’ont jamais cessé de mettre leurs proches au cœur de leur aventure. Pendant cette CDM 2026 encore, les larmes d’Ismaël Saibari dans les bras de sa mère après la victoire face aux Pays-Bas, puis l’émotion du sélectionneur Mohamed Ouahbi enlacé par ses proches au coup de sifflet final, ont rappelé que cette équipe célèbre autant les liens familiaux que les victoires.
Résultat : les supporters ne regardent plus seulement des matchs, ils s’attachent à des personnes. À force, chacun finit par trouver son favori.
Achraf Hakimi incarne le capitaine charismatique qui n’a jamais oublié ses racines. Né en Espagne, comme Brahim Díaz, il symbolise aussi cette génération de binationaux qui ont choisi de porter fièrement les couleurs du Maroc. Yassine Bounou, plus connu sous le nom de Bono, est devenu le gendre idéal… ou cet ami que tout le monde rêverait d’avoir autour de la table un dimanche.
La révélation Ismaël Saibari, auteur de trois buts pendant cette CDM 2026, est devenu le nouveau crush d’une bonne partie de la gent féminine au Maroc (on sait). Quant au jeune Gessime Yassine, à seulement 19 ans, il est déjà considéré comme le “chouchou”, le petit frère que tout un pays a envie de voir grandir.
Lire aussi : YASSINE SAÏDI, LE MAROCAIN DERRIÈRE UNDER ARMOUR
Aujourd’hui, les supporters suivent autant les hommes que les joueurs
Ce phénomène dépasse largement le Maroc. Les grandes sélections ne se résument plus à une feuille de match. Elles racontent des histoires qui se poursuivent bien après le coup de sifflet final.
L’équipe de France en offre un bel exemple. Didier Deschamps a passé plus de dix ans à construire un vrai collectif soudé. Lorsqu’il s’est absenté pour assister aux obsèques de sa mère, son retour a donné lieu à l’une des images les plus émouvantes de cette CDM 2026. Après son but face à la Suède, Kylian Mbappé a immédiatement couru enlacer son sélectionneur, rejoint dans la foulée par tous ses coéquipiers. Pendant quelques secondes, le football s’est effacé derrière quelque chose de beaucoup plus simple : la fraternité.
Cette fraternité dépasse d’ailleurs les seules sélections nationales. Elle se joue aussi dans ces amitiés inter-équipe que les supporters suivent avec autant d’attention qu’un huitième de finale. La bromance entre Achraf Hakimi et Kylian Mbappé en est l’exemple parfait : deux stars, deux pays, une complicité devenue feuilleton mondial. On a connu des spin-offs moins efficaces. Et puisqu’un bon scénario a toujours besoin d’un plot-twist, les deux amis pourraient encore se retrouver face à face lors de cette CDM 2026.
Aujourd’hui, les supporters connaissent parfois davantage la personnalité des joueurs que leur poste exact. Il suffit d’une publication Instagram pour élargir une fan base. Aurélien Tchouaméni en a récemment fait l’expérience : quelques photos de son malinois ont suffi à séduire toute une communauté de dog lovers. Le football ne raconte plus seulement des victoires. Il raconte des vies.
Lire aussi : LA MÉGA PLAYLIST JAZZABLANCA 2026 !
Les beaux gosses ? Personne ne va faire semblant.
Évidemment, impossible de terminer cette chronique sans évoquer le sujet qui enflamme Internet tous les quatre ans. Parce que cette CDM 2026 ressemble parfois à une gigantesque campagne Calvin Klein à ciel ouvert.
Les réseaux sociaux établissent des classements des sélections les plus séduisantes avec un sérieux presque scientifique. Beaucoup ont découvert Curaçao en tombant sous le charme de ses joueurs avant même de situer l’île sur une carte. Le gardien du Nigeria est devenu viral en quelques heures tant son physique d’Apollon a émoustillé la Toile.
Les looks de Jules Koundé sont analysés avec autant d’attention que ses matchs, chaque arrivée à Clairefontaine donnant lieu à son lot de commentaires. Les costumes flamboyants des Ivoiriens et des Congolais, les sacs de luxe de Kylian Mbappé ou la récente paternité de Jérémy Doku suscitent désormais l’intérêt autant que les compositions d’équipe.
Une intelligence artificielle s’est même amusée à établir le palmarès des plus beaux joueurs de la CDM 2026 selon le fameux « golden ratio », censé mesurer l’harmonie du visage. Verdict : l’Argentin Rodrigo De Paul arrive en tête devant Kai Havertz. Comme quoi, même les algorithmes ont fini par regarder le football autrement.
Au fond, ce n’est peut-être pas que les femmes se sont soudain découvert une passion pour le foot. C’est que le foot, lui, est devenu impossible à réduire à un simple sport. Et parfois, oui, à un très beau onze titulaire.