PREMIÈRE AU MAROC : LE LYCÉE FRANÇAIS GUY DE MAUPASSANT PROPOSE UN DOUBLE BACCALAURÉAT

PREMIÈRE AU MAROC : LE LYCÉE FRANÇAIS GUY DE MAUPASSANT PROPOSE UN DOUBLE BACCALAURÉAT

À partir de septembre 2026, le Lycée Français Guy de Maupassant proposera un double baccalauréat associant bac français et Ontario Secondary School Diploma. Dossier plus lisible à l’international, équilibre entre français et anglais, pédagogie plus autonome : Shoelifer décrypte ce que ce nouveau cursus peut vraiment apporter aux élèves.

Les candidatures internationales ne se jouent plus uniquement sur les notes. Niveau d’anglais, autonomie, choix des matières, capacité à se distinguer par son parcours et la richesse de son profil : les universités regardent désormais l’élève dans son ensemble. Dans ce contexte, le Lycée Français Guy de Maupassant, à Casablanca, lancera à partir de septembre 2026 un double baccalauréat associant le bac français et l’Ontario Secondary School Diploma, le diplôme de fin d’études secondaires de l’Ontario. Une première au Maroc. Pour comprendre ce que ce programme change réellement pour les élèves, Shoelifer a interrogé Kathy Young, directrice pédagogique des programmes Blyth Academy, et Isabelle Leblanc, CEO Canada de Globeducate.


Un diplôme canadien reconnu bien au-delà du Canada

L’Ontario Secondary School Diploma est le diplôme officiel de fin d’études secondaires de l’Ontario. Reconnu par des universités au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plus de 100 pays, il repose sur une logique de crédits et d’évaluation continue très différente du système français.

Le système éducatif canadien bénéficie aussi d’une forte réputation à l’international. Dans les évaluations PISA 2022 de l’OCDE, le Canada reste au-dessus de la moyenne des pays participants en lecture, sciences et mathématiques. Pour Isabelle Leblanc, l’intérêt du double baccalauréat dépasse donc largement la question du diplôme. “Le système d’éducation canadien développe des habiletés très différentes d’autres parcours et d’autres systèmes d’éducation”, explique-t-elle. Plus flexible, plus ouvert à l’exploration des matières, le modèle ontarien pousse davantage les élèves vers l’autonomie et l’initiative.

Cette logique résonne particulièrement au Maroc, où l’anglais et le développement des compétences du XXIe siècle prend de l’ampleur dans les études et les carrières internationales, sans effacer le poids du français. L’enjeu n’est pas de choisir entre les deux. Il est de ne renoncer ni à l’un, ni à l’autre. Le double baccalauréat proposé par Guy de Maupassant repose précisément sur cette idée : conserver l’exigence académique du cursus francophone tout en ajoutant des méthodes de travail et des usages plus anglo-saxons.


Comment fonctionne concrètement le double cursus ?

Le programme démarre en classe de première et se poursuit en terminale. Les élèves conservent le bac français comme socle principal, tout en préparant l’OSSD sur deux ans. Grâce à la complémentarité entre les deux systèmes, 23 des 30 crédits nécessaires au diplôme canadien sont reconnus via le cursus français. Les sept crédits restants sont validés à travers des cours ontariens suivis en anglais.

Ces cours permettent aussi d’élargir le champ des possibles. Commerce international, psychologie, photographie, architecture ou encore arts, les élèves peuvent sortir du cadre parfois très balisé des spécialités, découvrir d’autres disciplines et préciser peu à peu ce qu’ils veulent faire après le lycée. “C’est cette flexibilité-là qui peut permettre à un élève de mieux dessiner ou explorer ses projets post-baccalauréat”, souligne Isabelle Leblanc.

Dans une procédure d’admission internationale, cette double reconnaissance peut peser. Le bac français reste le socle académique. L’OSSD ajoute un référentiel canadien déjà identifié par de nombreuses universités et peut mieux valoriser le parcours dans des procédures devenues très concurrentielles.


Une pédagogie plus continue, moins centrée sur l’examen final

L’autre différence majeure tient à la méthode de travail. Le modèle ontarien repose moins sur la logique de l’examen couperet que sur une progression construite dans la durée. Dans le cadre de l’OSSD, la note finale dépend à 70 % du travail réalisé tout au long du cours et à 30 % d’une évaluation finale, qui peut prendre la forme d’un examen, d’un projet ou d’un format hybride.

Selon Kathy Young, cette approche permet de mieux prendre en compte les différents profils d’élèves. “On ne se limite pas aux tests et examens, on évalue l’élève dans sa globalité”, explique-t-elle. Présentations, échanges, productions écrites et projets, plusieurs façons de démontrer ses acquis sont valorisées. Le programme repose également sur un format en ligne asynchrone. Les élèves avancent à leur rythme, peuvent revoir les leçons, organiser leur charge de travail et accéder à des contenus interactifs, des exercices et des retours immédiats. La plateforme intègre aussi un assistant pédagogique basé sur l’intelligence artificielle.


Pas un simple e-learning

Sur le papier, le format pourrait faire penser à un simple programme d’e-learning. Kathy Young balaie cette idée ; l’encadrement humain fait partie intégrante du dispositif. Dès leur inscription, les élèves disposent d’un conseiller d’orientation dédié aux élèves marocains, chargé d’accompagner les familles, les choix de cours et, si nécessaire, les candidatures universitaires. Ils ont aussi accès aux enseignants, à l’équipe pédagogique et à un suivi régulier assuré depuis le Canada. “Même si les cours sont en ligne, il y a toute une communauté derrière l’écran”, résume-t-elle.

Cet accompagnement s’appuie sur un dispositif structuré. Le Lycée Français Guy de Maupassant appartient au réseau Globeducate, qui rassemble plus de 65 écoles internationales dans 11 pays et plus de 40 000 élèves, et le programme est développé avec Blyth Academy, spécialiste canadien de l’OSSD. Un cadre académique identifié, avec des interlocuteurs, une méthode et un suivi, loin d’un simple module en ligne impersonnel. 


Des soft skills devenues centrales

Le double baccalauréat veut aussi préparer les élèves à des attentes qui dépassent désormais largement le cadre scolaire. Savoir gérer son temps, prioriser, travailler en autonomie, présenter un projet, collaborer, vérifier une information, structurer une pensée : ces compétences, souvent qualifiées de soft skills, prennent une place croissante dans l’enseignement supérieur comme dans le monde du travail. 

Isabelle Leblanc rappelle d’ailleurs que des qualités comme la pensée critique, la créativité, la résolution de problèmes ou l’autorégulation figurent aujourd’hui parmi les compétences les plus recherchées chez les jeunes diplômés. Avec l’intelligence artificielle, produire rapidement une réponse ne suffit plus. Il faut savoir poser une question, hiérarchiser une information et construire un raisonnement. Ce parcours franco-canadien entend justement préparer les élèves à cette bascule, sans abandonner l’exigence académique du bac français.

Pour Lamia Outgenza, directrice générale de Globeducate Maroc et Pays-Bas, ce nouveau cursus répond à une attente précise des parents. “Les familles d’aujourd’hui ont une exigence claire. Celle de donner à leurs enfants les meilleures chances de réussite dans un monde globalisé et compétitif”. Ce double baccalauréat ne promet pas un passeport automatique vers l’étranger. Il propose un cadre plus exigeant et plus ouvert. Un socle français, une exposition à l’anglais, une méthode canadienne et, surtout, une compétence devenue essentielle : l’adaptabilité.

Photo (c) : Lycée Français Guy de Maupassant

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