ART CONTEMPORAIN : OÙ FAIRE ESCALE DURANT LA 1-54 ART FAIR ?

ART CONTEMPORAIN : OÙ FAIRE ESCALE DURANT LA 1-54 ART FAIR ?

Cette année encore, Marrakech célèbre  l’effervescence créative du continent à l’occasion de la 1-54 Art Fair. Fondée à Londres il y a plus de dix ans par l’entrepreneuse marocaine Touria El Glaoui , cette foire est destinée à donner plus de visibilité aux artistes africains sur la scène mondiale. Son nom fait d’ailleurs référence aux 54 pays qui composent le continent. Depuis 2018, elle fait également de Marrakech un point de rencontre international pour les artistes, les galeries, les collectionneurs et les amateurs d’art. Un bon prétexte pour s’offrir un week-end dans la ville ocre ! 

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La Mamounia : l’incontournable

Centre névralgique de la 1-54 Art Fair, l’espace d’exposition de La Mamounia rassemble pas moins de vingt-deux galeries issues de 12 pays. Parmi les galeries marocaines, on retrouve notamment la Loft Art Gallery, l’Atelier 21 , la MCC Gallery et la Galerie 38. Ouvert au public à partir de samedi, le jeudi et le vendredi étant des journées sur invitation, on prend le temps de flâner à travers les stands, d’y admirer les œuvres et d’y rencontrer artistes et galeristes.  

Outre ce format “boutique fair”, la foire programme aussi des “Projets Spéciaux” pour valoriser les démarches artistiques audacieuses, notamment à travers des installations déployées à l’entrée de La Mamounia.  Cette année, on découvre  la sculpture en faïence de Mehdi-Georges Lahlou, De la Conférence des Palmiers – totem dattier, ainsi que l’installation géométrique Flowering in Verse d’Akshay Raj Singh Rathore. Toujours à La Mamounia, le projet “Constellation” révèle les trajectoires des jeunes artistes lauréats des cinq éditions du Prix Mustaqbal de la Fondation TGCC. 

Et ce n’est pas tout ! Comme chaque année, à La Mamounia, on a aussi l’occasion de suivre des conférences intéressantes sur l’art contemporain. On note notamment une conférence autour du livre C.A.S.A : Casablanca Art School Archives (éditions Zamân Books & Curating) en présence des auteurs, le samedi à 12h30. Une rencontre qui permettra de plonger dans l’univers du  modernisme marocain postcolonial.

Journées VIP & Presse (uniquement sur invitation) les 05 et 06 février, de 11h à 19h.
Journées d’ouverture au public les 07 et 08 février 2026, de 11h à 19 h et de 11h à 18h.

Plus d’infos : www.1-54.com/marrakech/ 
Billets : acheter ici 


En médina : balade créative entre inspirations traditionnelles et art contemporain

Chaque année, la médina se révèle comme une destination toujours plus riche durant la 1-54 Art Fair. Son spot incontournable ? DaDa, un hub créatif hybride, qui accueilleIn Between Blues, le quatrième Projet Spécial de cette édition 2026. Curée par Roger Bakus, conservateur indépendant franco-rwandais et co-fondateur d’ABLAKASSA, cette expérience multisensorielle a été conçue en collaboration avec le designer et sculpteur Jean Servais Somian. 

L’objectif ? Souligner que le bleu est bien plus qu’une couleur. Sculpture, installation, textile et  design composent une exploration immersive autour de la couleur bleue, présentée comme un espace de mémoire, de transformation, de matérialité et de résonance symbolique. L’expérience est complétée par des sessions de jazz (Blue note), des rencontres quotidiennes (Blue night) et même un parcours immersif autour du chocolat (The Blue Taste).

Jusqu’au 30 mars.
DaDa Marrakech, 2 avenue Jamaâ el-Fna

À quelques pas de DaDa Marrakech, le Musée du patrimoine immatériel accueille l’exposition “Mohammed Ben Allal, Récits du quotidien”, qui rend hommage à ce peintre autodidacte marrakchi autant qu’au cœur vivant de la cité, la place Jamaâ el-Fna. Y sont rassemblées des œuvres qui traduisent les rituels sociaux et familiaux, des scènes de souk ou encore des pratiques artisanales et des fêtes populaires.

Jusqu’au 25 mai


Musée du patrimoine immatériel, rue Bani Marine, place Jamaâ el-Fna. 

Du côté du quartier de la Kasbah, on visite l’exposition “Entre-lieux” qui offre un éclairage sur le travail d’Elladj Lincy Deloumeaux.  On y admire une série de portraits inédits, réalisée à l’issue d’une résidence avec la Loft Art Gallery, en collaboration avec la Galerie Cécile Fakhoury. L’artiste français né aux Antilles y évoque la notion du “chez-soi” comme un espace de passage et non comme un lieu fixe.

Jusqu’au 1er mars.
Monde des arts de la parure, 39-40, rue Touareg, Ksibat Nhas, Médina.

Bien sûr, cette balade peut être ponctuée de bien d’autres haltes inspirantes dont l’exposition collective “Ce geste vient d’ailleurs” au Palais Bahia ou le solo show “Lumières” de Mustapha Azeroual à la Maison Denise Masson. Le Musée des Confluences-Dar El Bacha accueille quant à lui “Sous le signe du Noun”, qui réunit une série d’œuvres de Mohamed Azouzi. Enfin, un détour s’impose à Riad El Fenn qui propose plusieurs expositions, dont “The Inner Garden” de Rita Alaoui ou le group show “Entre ciel et terre”. 


Guéliz : parcours à travers le foisonnement artistique des galeries 

Autre passage obligé d’un week-end marrakchi dédié à la découverte créative pendant la 1-54 Art Fair : le quartier Guéliz. Ici, les galeries rivalisent d’accrochages percutants et attractifs. Comptant parmi les espaces d’exposition les plus emblématiques de Guéliz, le Comptoir des Mines se démarque en présentant deux expositions aux propositions très différentes. 

Au 1er étage, en collaboration avec L’Atelier 21, Najia Mehadji et Yamou présentent Les natures invisibles”. Une exposition sous forme de dialogue qui invite à explorer les dynamiques du vivant, où l’infiniment petit dialogue avec l’infiniment grand. Au 2e étage, Yasmina Alaoui présente quant à elle une série photographique d’architectures dépouillées et des peintures à l’huile aux formats monumentaux mettant en scène de voluptueux corps féminins.

Du 5 au 8 mars 
Comptoir des Mines, 62, rue de Yougoslavie, Guéliz.

Avis aux amateurs du travail de Najia Mehadji, la 1‑54 Art Fair sera aussi l’occasion de découvrir un ouvrage consacré à son œuvre, publié par L’Atelier 21 et Skira, avec une rencontre-signature.


 Le 7 février à 11h, au 2e étage du Business Center de La Mamounia.

On retient aussi l’exposition  “Holding Space” de la Galerie Siniya 28, consacrée à l’artiste peintre maroco‑américain Rachid Bouhamidi. Sa pratique picturale explore les traditions, les rituels et les célébrations comme espaces de mémoire et de partage. On y découvre des peintures évoquant des mariées, des musiciens, des danseurs, des scènes de célébration et des décors luxuriants, comme autant de moments suspendus.

Jusqu’au 28 février.
Galerie Siniya 28, rue Tariq Bnou Ziad, Guéliz.

Enfin, on ajoute à sa liste la découverte de l’exposition collective What faces do not say” de OFF RECORD, la première curation de Yasmine Sarnefors. Regroupant des artistes marocains et internationaux, le parcours aborde l’identité comme un espace mouvant. Elle est présentée à La Taverne, un lieu inattendu, mais toujours en plein centre de Guéliz, sur le boulevard Zerktouni.

Et si le temps vous le permet, poursuivez votre exploration à Guéliz avec l’exposition collective Le Chant des Couleurs” à la Galerie Tindouf, Le corps féminin, la page où s’écrit le monde” avec André Derain, Mohamed Drissi, Abderrahim Iqbi à la Matisse Art Gallery, ou encore l’exposition collective What we witness, we carry à L’Blassa Art space. À Guéliz, les galeries ayant l’avantage d’être proches et accessibles à pied, la flânerie est possible et même recommandée. Notre conseil ? Se laisser porter par la découverte, engager la conversation devant une œuvre et, au fil des envies et des recommandations, pousser la porte d’un maximum de lieux d’expositions.


Hors du centre-ville : des déplacements qui valent le détour 

On n’hésite pas à s’éloigner du centre-ville vers la périphérie où continue de régner la vibe 1-54 Art Fair dans les galeries, musées et autres espaces de création. Dans notre check-list, on prévoit une escale à Sidi Ghanem, nouveau fief de la créativité marrakchie. Là, la MCC Gallery propose deux expositions “Litotes”  de Sanae Arraqas et “Red Burn” de Salma Cheddadi. Cette dernière signe sa première exposition personnelle au Maroc en dévoilant un regard rouge brûlant sur le masculin et la vulnérabilité. 

MCC Gallery, 281 rue Principale, Sidi Ghanem.

À deux pas de là, on en profite aussi pour faire un saut chez Jajjah by Hassan Hajjaj pour découvrir “The African Game” du photographe et cinéaste nigérian Andrew Dosunmu. À travers son objectif, il explore la passion du football en Afrique, montrant comment ce sport devient un langage universel, un rituel collectif et un reflet vibrant de la vie et de la culture contemporaines.

Jusqu’au 15 février
Jajjah by Hassan Hajjaj, 114-116 rue Sidi Ghanem.

À une trentaine de minutes du centre-ville, la Fondation Montresso est un incontournable de la 1-54 Art Fair. Et pour cause, ce remarquable espace d’expression et résidence d’artistes n’ouvre ses portes au public que sur rendez-vous. La foire offre ainsi une expérience rare et privilégiée. La fondation présente pour l’occasion son programme IN-Discipline-Brésil à travers l’exposition “Diáspora do tambor”, curatée par Oswaldo Carvalho. Concrètement, elle rassemble des artistes afro-brésiliens ou afrodescendants autour d’une réflexion sur le battement du tambour. Une pulsation originelle, symbole de mémoire, de résistance et de métissage, célébrant l’héritage rythmique d’Afrique de l’Ouest. Last but not least, cette année encore, cette exposition voyagera à Casablanca, à travers une sélection d’œuvres présentées au showroom Audi Anfa. 

Jusqu’au 15 avril
Fondation Montresso* – Résidence d’artistes Jardin Rouge, Jnane Al’ahmar Ouidane, Douar Ouled Zbir, Marrakech.

Si on souhaite pousser encore un peu plus loin votre exploration, cap sur l’espace d’expression Al Maqam, situé à Tahanaout, à environ 35 minutes de Marrakech.  On y découvre « Living Roots », pensée par la commissaire Cherifa Mourabiti comme un espace de recherche, d’expérimentation et de transmission. Cette exposition découle de la résidence (du 20 janvier au 10 février) d’artistes plasticiens et de designers originaires de Côte d’Ivoire (Nanglé), du Bénin (Syl Loko), du Maroc (Yassine Mekhnache, Houria Afoufou, Yassine Chraibi, Zineb Bouchra,) et de France (Cédric Gatillon). L’objectif ? Explorer les notions de racines, de mouvement et de circulation, en mettant en lumière des pratiques ancrées dans des territoires multiples, tout en restant ouvertes aux dynamiques contemporaines.

Jusqu’au 6 avril
Al Maqam, Route de Tahannaout, Km 30, Tahannaout.

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