Parmi les athlètes qui porteront les couleurs du Maroc aux JO 2024, il y a Ramzi Boukhiam, le surfeur bogosse. En se qualifiant pour les JO et en se hissant à la 15e place du classement mondial de surf, il ne cesse de faire parler de lui. Détermination, préparation et rêves pour l’avenir, il nous raconte tout.
Lorsque nous avons rencontré Ramzi Boukhiam, il revenait tout juste de Rio de Janeiro, où il participait à la 8e étape du WCT (World Championship Tour). La trentaine à peine, une carrure d’athlète, un bronzage parfait et surtout un sourire contagieux, le surfeur marocain est actuellement au sommet de la vague. Après quelques semaines dans sa région natale de Taghazout, il s’envolera dans les prochains jours pour Tahiti. Il y participera au 1er tour de qualification, catégorie Surf Shortboard/ Homme, le 27 juillet. Les épreuves e dérouleront sur une vague mythique, celle de Teahupo’o. Dans le monde du surf, c’est l’une des plus exigeantes au niveau technique. C’est aussi la vague sur laquelle Ramzi Boukhiam a réalisé l’une de ses meilleures performances. Il y avait en effet atteint les demi-finales du Shiseido Tahiti Pro en mai dernier. Un bon point pour défendre le Maroc aux JO ! En attendant d’assister au spectacle le samedi 27 à partir de 6h du matin, apprenons-en un peu plus sur l’un des sportifs marocains les plus en vue!
Tout d’abord pouvez-vous revenir avec nous sur les moments importants de cette année de compétitions et sur votre qualification pour représenter le Maroc aux JO 2024 ?
Tout a commencé lorsque j’ai appris que j’avais une Wildcard (sorte d’invitation ou d’autorisation exceptionnelle qui permet, chaque année, à trois surfeurs d’accéder à la compétition) pour rejoindre le WCT (World Championship Tour). J’avaisi été blessé à la cheville lors de la saison précédente, à Hawaï. Même si c’était une décision difficile, j’avais préféré déclarer forfait pour les championnats et me soigner correctement. L’idée était bien sûr de revenir plus fort !
Obtenir la Wildcard et pouvoir me remettre à l’eau constituait donc une chance inédite. J’ai foncé !
J’ai ensuite passé le “cut” de mi-saison qui me permet de continuer sur le circuit WCT aussi bien cette année qu’en 2025. Le cut, c’est la sélection des 22 meilleurs hommes et des 10 meilleures femmes qui continueront le tour mondial à l’issue de sa 5e étape. Il en restera encore 4, notamment la dernière qui aura lieu aux îles Fidji.
Autre moment important, en mai dernier, lors du Teahupo’o Pro. Je suis arrivé 3e en surfant sur la vague où se tiendront justement les JO de cette année. Les qualifications pour les JO 2024 se sont quant à elles déroulées à Arecibo, à Puerto Rico, fin février dernier. J’y ai décroché la qualification pour le Maroc aux JO, en finissant vice-champion du monde.
À lire aussi : JO 2024 : NOUS AVONS RENCONTRÉ LA CAVALIÈRE NOOR SLAOUI
Les JO vont donc se dérouler sur la vague de Teahupo’o, un spot très exigeant que vous connaissez plutôt bien. Si vous pouviez écrire le scénario parfait, à quoi ressemblerait-il ?
Le scénario parfait, ce serait la présence d’un gros swell (grosse houle) qui me permettrait de pouvoir montrer mon surf. Réaliser la même performance que lors de ma dernière compet’ là-bas en allant jusqu’en finale cette fois-ci. Et gagner la médaille d’or, inchallah …
En quoi consiste la routine de vie d’un surfeur pro ?
Si je ne suis pas en compétition, ma routine consiste à me renseigner la veille pour savoir où aura lieu le meilleur surf le lendemain. Partir ensuite sur une, deux ou même trois sessions de surf en fonction de la marée. Après cela, je suis un entraînement physique et je termine par un sauna. Parallèlement, je suis de nombreuses séances de physiothérapie.
Autrement, je voyage beaucoup en avion, souvent sur des longs courriers. Ce qui veut dire que je passe aussi pas mal d’heures à attendre dans les aéroports et à gérer les décalages horaires. Ce n’est pas toujours évident. Mais je suis toujours convaincu que j’ai le meilleur métier du monde !
Vous avez l’opportunité de surfer partout dans le monde. Quelle regard portez-vous sur l’évolution du surf et plus largement du sport au Maroc ?
Le surf a énormément évolué ces dernières années, surtout dans la région de Taghazout dont je suis originaire. Des surfeurs du monde entier viennent arpenter les côtes marocaines pour la qualité de nos vagues, notamment en hiver. De nombreux hôtels, surf camps et écoles de surf ont vu le jour. Beaucoup d’emplois ont été et continuent d’être créés.
Le surf attire aussi de plus en plus de jeunes marocains. Dans toutes les villes côtières on trouve des écoles ou associations de surf pour que les jeunes puissent s’initier et ensuite améliorer leur pratique. J’ai en outre l’impression que depuis que le surf est devenu une discipline olympique et que l’on retrouve le Maroc aux JO, ce sport est pris bien plus au sérieux par les Marocains. Davantage de compétitions nationales et régionales sont d’ailleurs organisées. Tout cela va nécessairement permettre de créer de nouveaux champions !
À lire aussi : SPORT POUR MAIGRIR : LES 7 ACTIVITÉS QUI FONT BRÛLER LE PLUS DE CALORIES
Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes surfeurs marocains ?
Tout est possible ! La bonne volonté, le travail et l’entourage permettent de donner le meilleur de soi. Il ne faut jamais abandonner ses rêves !
Quels sont vos projets pour l’avenir ? Comment vous voyez-vous dans dix ans ?
J’espère que je surferai toujours ! Peut-être plus en compétition, cela dit. Mon rêve est de pouvoir aider les jeunes Marocains à progresser, leur transmettre mon savoir-faire et mon expérience. J’ai quelques idées en tête… On verra !
