EUPHORIA : LA SÉRIE PHÉNOMÈNE QUI CARTONNE AUTANT QU’ELLE DIVISE

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Chaque lundi, la diffusion d’un nouvel épisode d’Euphoria déchaîne les passions… et les polémiques. Drogues récréatives, scènes de sexe explicites et parti-pris esthétiques forts: cette série sur l’adolescence et l’addiction ne peut laisser indifférent. Décryptage.

Depuis le début du Covid-19, le magazine Variety a enregistré une hausse significative des personnages noirs, féminins et LGBTQ+ au sein des séries. Après les mouvements Me Too, LGBT, Black Lives Matters, les showrunners essaient donc de mieux représenter les minorités sur les écrans. Mais à regarder Les Chroniques de Bridgerton ou, plus récemment, And Just Like That (la suite tant attendue de Sex and the City), on se dit qu’à force de cocher toutes les cases, bon nombre d’entre elles tombent dans les clichés, voire la bien-pensance. Boring ! Mais Euphoria, lancée en 2019, dénote. Car c’est l’une des séries les moins politiquement correctes du moment. Cette adaptation d’une production israélienne par Sam Levinson brosse le portrait d’un groupe d’adolescents californiens tourmentés. Corps dénudés, effusions de sang, trips sous opioïdes… le show ne s’interdit pas grand-chose. Son sens du réalisme très abrupt, ainsi qu’une esthétique et une bande-son léchées, lui valent son succès. La série, et particulièrement sa saison 2 (dont l’ultime épisode sera diffusé ce 28 février), est néanmoins accusée de faire l’apologie de la drogue, du sexe sans lendemain ou encore de la violence. Entre carton d’audience et polémiques, gros plan sur la série phénomène du moment. 


Euphoria : overdose de succès et récompenses

Lancée en juin 2019, Euphoria est la nouvelle série à succès de HBO après la fin de Game of Thrones. Si la première saison rassemble en moyenne 6,6 millions de téléspectateurs, les trois premiers épisodes de la saison 2 ont chacun convaincu plus de 13 millions de personnes. C’est donc l’un des plus gros succès de la chaîne.  Et un carton critique aussi : la première saison a remporté 3 Emmy Awards (équivalent des Oscars pour les séries) dont celui de meilleure actrice dans une série dramatique pour la comédienne Zendaya. À seulement 24 ans, elle entre ainsi dans l’histoire en étant la plus jeune lauréate.


Une teen série pour adultes 

Si Euphoria prend le pouls d’une génération Z désabusée, qui a perdu son innocence il y a bien longtemps, elle est loin de s’adresser spécifiquement aux adolescents. En France, elle est même déconseillée au moins de 16 ans. Car si ses personnages sont des lycéens, leurs histoires, leurs drames et leurs addictions peignent un tableau très cru des dérives de notre société. Loin des personnages sympathiques de Sex Education ou des dramas de Elite, la série produite par Drake est sombre et complexe. Pas d’amourettes légères ou de parcours exceptionnel, mais une réalité violente mettant en lumière une jeunesse plus mature qu’elle ne devrait l’être.

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Un esthétisme poussé

Outre le casting et la finesse du scénario (toujours loin des clichés), la direction artistique de la série participe à son succès… Très arty, Euphoria ne lésine pas sur les couleurs oniriques et les lumières audacieuses. Tout est graphique, même un trip sous héroïne, dont on a l’impression de suivre visuellement les effets. Ou le maquillage des actrices (dont les tutos se multiplient sur TikTok) qui transforme leurs larmes en paillettes ou devient un moyen d’expression à part entière. Une ambiance nébuleuse sur un fond musical signé Labrinth (le rappeur anglais Timothy McKenzie) qui contraste avec la dureté des images.


Trop trash et racoleuse ? 

Depuis son arrivée dans le paysage audiovisuel, Euphoria est accusée notamment par l’association D.A.R.E (Drugs Abuse Resistance Education) de glorifier la consommation de drogues et le sexe casual. Et la saison 2, n’a pas calmé les esprits, au contraire. En cause ? La nudité des protagonistes féminines. Certains parlent même de “male-gaze”: le réalisateur porterait un regard sexiste sur les actrices (en s’attardant sur certaines parties de leur anatomie). Si certaines scènes de nudité peuvent paraitre trop crues (voire inutiles), il en est de même avec les autres thématiques abordées. Avortement, violences, automutilation, overdose, pornographie infantile… On est dans la provocation. À tel point que les acteurs ont dû se justifier. En arguant que le but de la série n’est pas d’encourager les spectateurs à sombrer dans les dérives des personnages mais plutôt de les aider à se sentir moins seuls face à leur douleur. Ou en assurant que le réalisateur leur avait toujours laissé un droit de regard sur leurs scènes de nudité et de sexe. 


Verdict

Crue, toujours. Choquante, souvent. Difficile à regarder, parfois. Une chose est sûre, Euphoria ne laisse personne indifférent. Et si la 2e saison se termine dans quelques jours, une saison 3 est d’ores et déjà prévue.

Photo (c) HBO.

 

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