On le sait, les effets du soleil sont néfastes pour la peau. D’où l’intérêt de porter une protection solaire 2025 au quotidien. Pour autant, certains professionnels alertent aujourd’hui quant aux conséquences sur la santé de certains ingrédients contenus dans les écrans. De là à arrêter totalement de les utiliser ? On est allés demander à Tam El Ouazzani, professeure de dermatologie à Casablanca, de nous éclairer sur le sujet.
Nous sommes nombreux à avoir intégré la crème solaire à notre routine beauté quotidienne. Et ce, toute l’année. En effet, il a maintes fois été prouvé qu’une exposition prolongée et non protégée aux rayons ultraviolets (UVA, UVB et UVC) et aux infrarouges, peut s’avérer dangereuse pour la santé. En pénétrant plus ou moins profondément dans la peau, ces ondes provoquent non seulement des coups de soleil et des brûlures, mais également un vieillissement prématuré de la peau. Plus grave encore, elles augmentent significativement le risque de cancers cutanés, notamment les mélanomes.
Une bonne protection solaire 2025 est donc indispensable. Même par temps nuageux. « Les rayons du soleil traversent les nuages. Et c’est généralement quand le ciel est voilé que l’on brûle parce qu’on ne fait pas attention », explique la professeure Tam El Ouazzani. Pourtant, une étude menée par la Food and Drug Administration (FDA) en 2019 pourrait mettre à mal nos croyances. Les écrans solaires contiendraient des ingrédients chimiques dangereux pour la santé comme l’oxybenzone, l’avobenzone, l’écamsule ou encore l’octocrylène. De plus, les taux de mélanomes auraient doublé depuis 1982. Faut-il en déduire que la protection solaire 2025 n’est pas aussi bénéfique qu’elle le prétend ?
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Des produits nocifs pour la santé ?
Pour en avoir le cœur net, nous avons regardé de plus près cette fameuse étude. La FDA s’est en effet intéressée à la sécurité des ingrédients contenus dans les crèmes solaires. Elle a ainsi tenté de répondre à deux questions : “Dans quelle mesure les produits chimiques contenus dans les crèmes solaires sont-ils absorbés par l’organisme ?”. Et “quels sont les effets sur la santé de l’absorption de ces produits chimiques par l’organisme ?”.
Les chercheurs ont demandé à 24 personnes en bonne santé d’appliquer de la crème solaire quatre fois par jour pendant quatre jours sur de larges zones du corps. Tous les écrans solaires testés contenaient les quatre principes actifs cités plus haut. Ils ont ensuite réalisé plusieurs prélèvements sanguins dans lesquels ils ont retrouvé une concentration plus ou moins importante de ces composants chimiques. Mais ces résultats sont à prendre avec des pincettes. Tout d’abord, les écrans ont été appliqués conformément à la limite maximale indiquée dans le mode d’emploi, ce qui dépasse probablement l’utilisation moyenne des consommateurs. Ensuite, la FDA n’a pas encore déterminé quel degré d’absorption de ces ingrédients actifs est considéré comme sûr.
Des effets toxiques mal cernés
Pour Tam El Ouazzani, tout cela n’est pas encore très clair. “On patauge encore un peu concernant les effets toxiques, aussi bien des composants néfastes que des nanoparticules. Certaines crèmes solaires contiennent également des perturbateurs endocriniens. Mais on retrouve tous ces composants ailleurs, dans les plastiques notamment. Et pour moi, les produits cosmétiques ne représentent pas la plus forte exposition”.
Quid de l’augmentation des cas de mélanomes ? “Selon moi, ce n’est pas dû à l’utilisation de crème solaire mais plutôt à un mauvais comportement vis-à-vis du soleil. En effet, ce n’est pas parce qu’on a appliqué un écran que l’on peut aller s’exposer sans risques lorsque le soleil est au zénith. Il est d’ailleurs important de rappeler que la meilleure des photoprotections, ce sont les vêtements”, partage la dermatologue.
Enfin, de nombreux laboratoires font aujourd’hui beaucoup d’efforts pour améliorer les formulations de leurs produits et éviter tous les ingrédients cancérigènes ainsi que les perturbateurs endocriniens. On pense notamment aux marques SVR, La Roche-Posay, Bioderma, Isispharma ou encore La Rosée.
Réelle nécessité ou discours marketing ?
Est-il alors nécessaire d’appliquer une protection solaire tous les jours comme le prônent la plupart des professionnels du secteur et les influenceurs ? Ou est-ce que cela fait partie d’un discours marketing bien rôdé de la part des marques de cosmétiques ? “Il n’y a pas une seule marche à suivre. Tout va dépendre de la situation dans laquelle on se trouve”, explique Tam El Ouazzani. Ainsi, une personne qui ne sort pas de chez elle de la journée n’a aucune raison d’appliquer une protection solaire 2025.
“À partir du moment où l’on est exposé pendant son trajet pour se rendre au travail par exemple ou si l’on va faire du sport en extérieur, il faut porter un photoprotecteur. Il suffit en effet d’une mauvaise rencontre avec le soleil pour qu’il y ait des dégâts au niveau de la peau et de la cellule”, confie la professeure. Vous l’aurez compris, chaque personne adaptera l’utilisation d’écrans en fonction de sa journée. Tout comme la fréquence d’application et le choix du SPF. On le rappelle, en cas d’exposition directe à la plage ou à la piscine, un SPF 50 est nécessaire. On pense également à renouveler l’application toutes les 2 heures et après chaque baignade.
“Il faut savoir que l’on bronze toujours, même avec un indice de protection élevé. Le facteur 50 protège à 90% contre les rayons solaires, surtout les UVB. Les UVA, c’est beaucoup plus compliqué. Mais par exemple, vous pouvez utiliser un SPF 20 ou 30 l’hiver ou quand le soleil n’est pas très fort, notamment en fin de journée”, détaille la dermatologue. “Par contre, dans tous les cas, il faut être large sur la quantité de produit que l’on applique sur la peau”, précise-t-elle.
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Les bons réflexes à adopter
Au-delà du fait de se tourner vers une protection solaire 2025 à la composition clean, pour Tam El Ouazzani, la meilleure des photoprotections reste la tenue vestimentaire. “On oublie parfois qu’il est recommandé de ne pas s’exposer entre midi et 15h, de rester à l’ombre un maximum, de se protéger avec un parasol et un chapeau…”, rappelle la dermatologue. “Je donne toujours l’exemple de ces Européens qui se sont rendus en Australie pour travailler la terre. Comme c’est un pays très ensoleillé et qu’il y a beaucoup de cas de cancers de la peau, on leur demandait d’appliquer de la crème solaire. Pour autant, on s’est aperçus qu’il y avait encore plus de cancers”.
On a en effet tort de croire qu’en mettant de l’écran on peut s’exposer davantage sans risque. “Si vous travaillez dans les champs, une crème solaire ne suffit pas à vous protéger. Il faut porter un grand chapeau, un foulard qui tombe sur les joues, des gants, etc.”, poursuit Tam El Ouazzani. Inutile donc d’incriminer la protection solaire puisqu’elle reste un moyen utile et nécessaire pour protéger les parties du corps que l’on ne peut pas couvrir comme le visage, le cou, le décolleté. “Ceci dit, je conseille de porter un petit foulard l’été pour protéger le cou du photovieillissement. L’écran est intéressant mais pas suffisant’, conclut la professionnelle.
Qu’on se le dise, la meilleure protection solaire 2025 reste encore la prudence !
