QUI EST GHITA MARRAKCHI, LA CHANTEUSE MAROCAINE QUI FAIT FUREUR AUX STATES ?

chanteuse marocaine

Des centaines de milliers de vues sur ses vidéos YouTube, 135k followers sur Instagram… Ghita Marrakchi, qui s’est fait connaître aux États-Unis ces dernières années, rêve aujourd’hui de conquérir le public de son pays natal. Mais qui est donc cette jeune chanteuse marocaine ? Interview -découverte.

C’est lors de son passage à Casablanca, la semaine dernière, que la pétillante Ghita nous a reçus chez elle. Après la sortie de son EP, Lost in L.A., la jeune chanteuse marocaine s’est accordée une pause dans la préparation de son nouvel album. “Cette année j’ai décidé de “slow down” un peu, de vivre pleinement et de ne pas me perdre dans le travail” nous explique-t-elle. Mais elle profite néanmoins de son escale marocaine pour découvrir des artistes et rencontrer des producteurs de la scène locale avec lesquels elle aimerait travailler. Et surtout, après avoir longuement chanté en anglais, elle s’est mise à composer en darija “pour venir à la rencontre du public marocain et montrer qu’elle est fière de ses origines”. Justement, Hali, son dernier single, a déjà atteint les 140.000 vues sur YouTube. Parcours, style, processus créatif, etc. : Ghita Marrakchi, la chanteuse marocaine qui n’aime pas les interviews, s’est prêtée à l’exercice pour Shoelifer…


Quel est ton parcours ? Qu’est-ce qui t’a amenée aux États-Unis ? 

Après avoir passé mon bac au Maroc, je suis partie étudier à Boston, puis j’ai passé 4 ans à Los Angeles où j’ai travaillé sur mon EP. Je suis aujourd’hui basée à Miami. J’ai toujours rêvé de m’installer aux États-Unis, c’est pourquoi j’ai cherché à faire une école là-bas. Berklee College of Music était la formation idéale pour moi : elle m’a permis à la fois d’étudier ma passion tout en suivant une formation académique. C’est une école de musique et de management, j’y ai donc appris beaucoup sur le business de la musique.


Depuis quand chantes-tu ? Était-ce un rêve d’enfant ? 

Je chante depuis que je suis toute petite, j’ai même des vidéos de moi à un an en train de chanter. Cependant, j’étais très timide à l’époque et je n’imaginais pas vivre de ma musique un jour. A 14 ans, ma mère m’a acheté un micro et des baffles, mais je ne chantais toujours pas devant les autres. Donc oui, je suis passionnée depuis toute petite, mais c’est lorsque j’ai commencé à étudier à Berklee que j’ai réalisé que ça pouvait vraiment devenir mon métier. 


Quelle est ta formation musicale ? 

Je n’ai pas de formation musicale à proprement parler : je chante et j’ai appris à jouer du piano à Berklee. Les professeurs nous ont montré comment faire les accords, puis je suis allée m’entrainer toute seule pendant des heures et des heures. Pour le chant, c’est pareil : je chante parce que j’aime chanter mais personne ne m’a jamais appris, je n’ai pas pris de cours. 


Comment définirais-tu ton style musical ? 

Jusqu’ici je faisais de la pop, mais aujourd’hui je me dirige davantage vers le R’n’B et l’afropop. 


Et qu’en est-il de ton esthétique ? 

Je ne pense pas avoir de style spécifique. Dans mes clips, j’aime bien jouer plusieurs rôles, un personnage différent à chaque fois. Des gens me reprochent même de ne pas avoir un style précis mais je leur réponds : “tant mieux”, car j’aime bien les mix, à l’image de ma musique.


Quels artistes t’inspirent en tant que chanteuse marocaine ? 

Les artistes américains que j’aime ? Drake, Justin Bieber, Taylor Swift et Rihanna. Du côté des Marocains, j’écoute surtout des rappeurs comme El Grande Toto, Snor ou Issam. 


Tu chantes en anglais dans ton EP Lost in L.A., mais plusieurs de tes nouvelles chansons comme Walo ou Hali sont en darija : pourquoi ce choix ?  

C’est venu comme ça. Depuis que je suis petite, je chante en anglais car c’est la langue que je maitrise le mieux. Mais je chante aussi en français, et puis j’ai eu envie que mon pays me découvre, donc j’ai commencé à chanter en darija, car les Marocains aiment entendre leur propre langue. Et puis, j’adore écrire en darija, c’est la langue la plus drôle du monde. 


Depuis quand composes-tu ? Et comment cela se passe ? 

Cela doit faire deux ou trois ans que je compose. J’ai eu un déclic pendant le confinement : avant, lorsque je vivais à L.A., on écrivait mes chansons pour moi… Maintenant c’est moi qui les écris, entièrement ou avec un co-auteur. Bon, ça vient quand ça vient. C’est un peu énervant parfois, et pas évident, mais c’est comme ça (rires). Par exemple, j’ai commencé à écrire une chanson dans l’avion il y a deux ans et je l’ai terminée seulement hier, alors qu’il y en a d’autres qui me viennent en cinq minutes. Hali, par exemple, m’a pris beaucoup de temps: au moins 3 séances de studio de 12h chacune et 4 enregistrements différents. Je suis hyper perfectionniste (rires). Au studio, on peut réfléchir à une simple phrase pendant des heures…


Parle-nous de ton EP, Lost in L.A. 

C’est mon tout premier EP, qui représente mes 4 années de vie à Los Angeles, avec différentes histoires, différents producteurs, différents paroliers… Il a été enregistré en 3 semaines car j’ai rencontré une bonne équipe là-bas, avec qui on a très bien travaillé. C’est de la bonne pop, sans style particulier. J’en suis très fière. J’y parle beaucoup de l’amour et du pouvoir de la femme.  


Quand as-tu décidé de te lancer dans la chanson de façon professionnelle, tu n’as pas eu peur de devoir te montrer ? 

Si, j’ai toujours peur et je pense que cette peur ne disparaîtra jamais. J’ai encore plus peur aujourd’hui qu’avant. Tant que je n’aurai pas “percé” comme je le souhaite, je serai toujours stressée. En fait, au fil des ans, en grandissant, tu réalises à quel point c’est super compliqué d’être artiste. Ce que je recherche, c’est la scène, la communication, l’échange avec les gens, mais tout ce qui est shooting ou interview, par exemple, je déteste (rires).


Comptes-tu te produire sur scène au Maroc ? 

Oui j’en ai très envie et j’ai hâte. Je compte le faire cette année à Casablanca. 

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