PODCAST ÉROTIQUE : LA SENSUALITÉ PASSE PAR LES OREILLES

Les podcasts érotiques, ça vous dit quelque chose ? Non ? Eh bien on vous dit tout sur ces créations audio téléchargeables gratuitement (et légalement) et on vous en présente même quelques-unes, des plus littéraires aux plus explicites, histoire de titiller votre imagination, votre désir, et plus si affinités… Attention, c’est chaud.
Par Nina Kozlowski

 

Non, cela n’a rien à voir avec la rubrique “described video”, lancée par le site pornographique Pornhub à destination des mal ou non-voyants en 2016. Le podcast érotique ou le porno audio (au choix), est d’ailleurs l’antithèse des vidéos produites par une industrie masculine, sexiste et très peu éthique.

Fiction, narration, et “dirty talks”

Surtout, le podcast érotique ne titille pas notre sens visuel, mais nos oreilles (qui sont des zones érogènes certifiées). Ici, c’est le son qui est suggestif : la voix des actrices et des acteurs, leurs halètements, les bruitages et les “dirty talks” créent un sentiment d’intimité avec l’auditrice et l’auditeur. Un peu comme si le téléphone rose avait rencontré l’ASMR.

Surtout, à la différence des vidéos qui se concentrent uniquement sur l’acte sexuel, le porno audio, lui, réintroduit de la fiction et de la narration. Ainsi, le chemin qui mène à l’acte sexuel est tout aussi, sinon plus, important que l’acte. C’est donc un contenu plus sophistiqué.

A la rescousse de l’imaginaire maltraité par le porno

Comment et pourquoi le podcast érotique a vu le jour ? Avant de constituer une catégorie podcast, l’audioporn est né sur la plateforme Reddit, créée en 2005, comme pratique amateur. Cette naissance intervient d’ailleurs dans un contexte particulier : les générations Y et Z sont victimes de “récession sexuelle”. C’est à dire qu’elles ont moins de rapports sexuels que la génération X et celle du baby-boom (selon le constat d’une étude publiée en 2016 par le journal Archives of Sexual Behavior.

Parmi les raisons invoquées pour expliquer cet émoussement du désir et cette néo-abstinence: la pornographie, disponible à l’infini sur Internet. Le culte de la performance et la misogynie prônés par cette industrie font beaucoup de dégâts (notamment dans la tête des hommes). Pire encore, elle tue notre imaginaire, nous rend totalement passif, alors que l’imagination et l’action sont nécessaires à une vie sexuelle épanouie.

Surtout, les femmes ne sont pas toutes émoustillées par le porno 2.0 produit par les hommes, pour les hommes. Au contraire. En 2018, elles ne représentaient que 29% de l’audience du site Pornhub, par exemple. Il leur fallait autre chose, et c’est pourquoi la majorité des productions de podcasts érotiques sont réalisées par des femmes. D’autant plus que c’est assez facile à produire ; et accessible gratuitement.

Si vous vous laissez tenter, Shoelifer a enquêté et a trouvé

Pour s’initier : VOXXX

https://www.voxxx.org/home

Créé par Olympe de G, réalisatrice et pornographe féministe. Les noms des épisodes sont parlants. On vous laisse découvrir.

Pour les plus créatives : Super Sexouïe !

Mieux vaut avoir de l’imagination, et une bonne dose de subversion.
https://soundcloud.com/user-104368234

Pour les littéraires : Le Verrou.

Les chefs-d’œuvre d’Anaïs Nin, Yoka Ogaa et Henry Miller ou encore Wendy Delorme, soit les plus grands textes de la littérature érotique lus par des voix sensuelles.
http://www.le-verrou.fr/

Pour les plus violentes : La bande SM

Selon les mots de la réalisatrice, Jeanne Robert « l’insoutenable côtoie le burlesque et les actes de torture s’accompagnent d’une réelle tendresse ».
http://www.jeannerobet.com/la-bande-sm/

 

 

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