L’estime de soi, ce n’est pas inné ! C’est une qualité qui se construit dès la petite enfance, à travers le regard que l’on porte sur soi… et que les autres portent sur nous. À commencer par nos parents. Voici quelques pistes pour bâtir la confiance en soi chez l’enfant et en faire un futur adulte épanoui.
“Tu es le plus fort !”, “C’est toi la plus belle”, “Il est magnifique ce dessin ! ”… Les compliments font toujours plaisir à entendre, mais sont-ils réellement éducatifs ? Pas vraiment. C’est même le contraire : ils contribuent à flatter l’ego, pas à se faire une juste idée de soi-même et de ses capacités. Développer la confiance en soi chez l’enfant, cela consiste à élever sans écraser, à guider sans brider, à créer un climat où l’enfant se sent capable, écouté et aimé de façon inconditionnelle. C’est-à-dire sans avoir besoin de ramener de bonnes notes, d’être sage, obéissant ou gentil pour mériter notre amour. Voici 7 pistes concrètes pour l’accompagner dans cette aventure intérieure.
Valoriser l’effort, pas le résultat
Applaudir les victoires, les 20/20, les bons comportements… avouons-le, on a tous tendance à le faire instinctivement. Mais un enfant ne se construit pas sur des performances. Pour l’aider à grandir, mieux vaut valoriser le chemin plutôt que le sommet. “Tu t’es vraiment appliqué, je vois que tu y as mis du cœur”, vaut mille fois plus qu’un “Tu es le meilleur !”. Cela l’aide à comprendre que ce qui compte, c’est d’essayer, de persévérer, de progresser. Et que l’échec n’est pas un drame, mais une étape vers l’autonomie.
L’autoriser à se tromper
Il a renversé son verre ? Raté son contrôle ? Oublié son sac de sport ? Parfait. C’est une occasion en or de lui montrer que l’erreur n’est ni grave, ni honteuse. Au contraire : c’est un passage obligé vers l’apprentissage. “Tu as oublié ton cahier, et maintenant tu sais à quel point il est important de bien préparer ton cartable.” L’idée, c’est de faire de l’échec une expérience neutre, voire positive. Et pourquoi pas, partager aussi les vôtres : “Tu sais, moi aussi je me suis planté plus d’une fois…” C’est en se plantant qu’on pousse !
Accueillir ses émotions
Pleurer, avoir peur, être en colère… toutes les émotions sont légitimes (et nécessaires !). L’enfant ne cherche pas à manipuler, ce sont des réactions physiologiques naturelles. Et à ce titre, elles méritent d’être accueillies avec bienveillance. Notre rôle n’est donc pas de chercher à éteindre l’incendie à tout prix, mais de l’aider à traverser la crise. Plutôt que de dire “Arrête de pleurer, ce n’est rien”, essayez “Je vois que tu es triste, tu veux m’en parler ?”. Un espace de parole sécurisant aide l’enfant à se sentir compris, et donc plus solide intérieurement. Car c’est lui apprendre qu’il a le droit d’être lui-même, même quand ça déborde.
C’est là que la reformulation empathique (sans jugement, juste en décrivant la situation de son point de vue) entre en jeu. “Tu es triste parce que tu voulais jouer encore, et je t’ai dit non. Je comprends, c’est frustrant.” En nommant ainsi son ressenti à sa place, vous lui offrez un miroir rassurant. Et surtout, vous lui apprenez qu’il a le droit de ressentir… sans être puni ou moqué.
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Ne jamais comparer
La comparaison, même subtile, est le meilleur moyen de saper la confiance en soi chez l’enfant. “Regarde ta sœur, elle au moins elle sait se tenir à table”, “Ton copain, lui, a de bonnes notes à l’école”, “À ton âge, je savais déjà faire du vélo depuis longtemps”… Ces phrases banales tuent l’estime et favorisent la compétition. À la place, concentrez-vous sur votre enfant : ses progrès, ses qualités, son parcours. Chacun son rythme, chacun ses forces.
Valorisez sa singularité, même si elle ne rentre pas dans les cases. Un enfant qui se sent accepté tel qu’il est devient un adulte qui n’a pas besoin de se travestir pour plaire. La phrase à répéter inlassablement ? “Je t’aime comme tu es” ou, encore mieux : “Je t’aime parce que tu es toi”.

Écouter ses besoins
Dans la frénésie du quotidien, on peut vite zapper ce que l’enfant exprime (ou crie) à travers ses attitudes : fatigue, faim, besoin de câlins, de calme ou de mouvement. En répondant à ses besoins de façon régulière, vous l’aidez à intégrer un message fondamental : “Ce que je ressens est légitime.” Un enfant qu’on écoute apprend à s’écouter, à poser ses limites, à respecter ses ressentis. Et cela, c’est la base de la sécurité intérieure.
Inutile donc d’y aller en marche forcée : il a peur de l’eau, ne veut pas quitter sa couche, rechigne à faire la bise à tatie, refuse de finir son assiette, a peur de caresser le chien ? C’est ok. Ne confondez pas vos besoins avec les siens, s’il n’est pas encore prêt, il le sera plus tard. Ne vous en faites pas, ils grandira bien assez vite !
Encourager l’autonomie, pas à pas
Laisser son enfant choisir ses vêtements, gérer sa petite liste de courses, nourrir le chat, mettre la table, choisir ses vêtements (même s’ils ne vont pas ensemble !) … Ces petites responsabilités sont de puissants moteurs d’assurance. Elles lui montrent que vous lui faites confiance, que vous le considérez comme un individu capable, utile, impliqué. Le plus important ? Ne pas viser la perfection, mais souligner l’intention et l’effort. Bref, troquer le “Je vais le faire à ta place” contre un “Tu veux essayer ?”. Souvenez-vous, on apprend à faire les bons choix en… faisant des choix.
Favoriser l’autonomie, ce n’est pas céder à tout. C’est proposer un cadre rassurant dans lequel l’enfant peut essayer, se débrouiller, se tromper… puis réessayer. L’idée n’est pas de le laisser tout faire seul du jour au lendemain, mais de lui offrir des zones de responsabilité où il se sent compétent. Au fur et à mesure qu’il grandit, on peut le laisser décider de l’ordre dans lequel il souhaite accomplir ses obligations quotidiennes : devoirs, douche, brossage de dents… Idem pour le temps d’écran hebdomadaire, qu’on peut le laisser libre de fractionner comme il veut, un peu tous les jours ou en une seule fois le week-end. À chaque nouvelle autonomie gagnée, c’est une dose de confiance en soi qui s’installe.
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Savoir se montrer imparfait
Pas besoin d’être un parent irréprochable pour créer la confiance en soi chez l’enfant. Bien au contraire. Ce qu’il retiendra de vous, ce n’est pas votre perfection, mais votre authenticité. Dire “J’ai eu une journée difficile”, “Je ne sais pas encore comment faire, mais je vais trouver une solution” ou “Je me suis trompé, et ce n’est pas grave”, c’est lui offrir un modèle d’adulte équilibré, humble, humain. Vous l’autorisez, par ricochet, à ne pas tout réussir, à ne pas tout savoir, à simplement être lui-même. L’éducation passe par l’exemple, on ne le répétera jamais assez !
On l’aura compris, bâtir la confiance en soi chez l’enfant, ce n’est pas le pousser vers le succès à tout prix. C’est lui offrir un socle solide, fait d’écoute, de respect et d’exemples vivants. C’est lui permettre de se regarder avec bienveillance, de tomber sans honte, de se relever sans peur. Sans jamais risquer de perdre notre amour : “Même quand je suis fâché contre toi, je continue de t’aimer, même quand tu ramènes une mauvaise note, je continue de t’aimer”. Pour s’aimer, il faut se sentir aimé et, par-dessus tout, aimé comme on est.
