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JEU COQUIN : LE DÉGUISEMENT OU COMMENT DÉVELOPPER SON IMAGINAIRE ÉROTIQUE

jeu coquin

Le jeu coquin, remède miracle pour un couple qui ronronne et dont la vie sexuelle rime avec monotonie ? En développant l’imaginaire érotique, le déguisement (et le jeu de rôle qui en découle) peut booster la libido. Soumaya Naamane Guessous, sociologue et vice-présidente de l’Association marocaine de sexologie, nous aide à mieux comprendre cette pratique… et peut-être à passer le cap.

Selon une étude du British Medical Journal réalisée en 2017, avec l’âge, la libido masculine a tendance à décliner. Quant à celle des femmes, elle est également affectée par la maternité et l’ancienneté du couple. Pour retrouver l’ivresse amoureuse qui faisait le charme des premières fois, l’une des solutions pourrait être d’augmenter son excitation en développant ses rêveries érotiques. Comment? En cherchant –et trouvant– des stimulus qui vont attiser le désir. Où ? Dans la littérature, le photographie, le cinéma érotique ou encore les podcasts érotiques par exemple. Mais aussi en faisant preuve d’inventivité. Porter des tenues sexy ou carrément un déguisement, mettre en place un scénario “différent” avec son partenaire, le séduire en jouant un rôle… Vous y avez déjà pensé ? Que ce soit la soubrette sexy, l’institutrice coquine, le pilote de ligne ou encore le pompier baraqué, les possibilités du jeu coquin sont illimitées. La clé pour réussir : l’imagination et la communication avec son partenaire. Au pire, l’expérience se terminera en fou rire. On se lance ?


Le déguisement : un jeu coquin libérateur

À travers leur matière, leur coupe, les zones qu’ils mettent en valeur ou ce qu’ils représentent, les vêtements réveillent et cultivent l’imaginaire érotique (de celui qui les porte comme de celui qui les regarde). “Mais plus que le simple plaisir des yeux, le déguisement va induire un jeu de rôle, de la séduction et des attitudes qu’on n’adopterait pas spontanément” explique Soumaya Naamane Guessous, sociologue et vice-présidente de l’Association marocaine de sexologie. En se déguisant, les partenaires incarnent une autre personne et se découvrent différemment, au travers de mises en pratique de situations ou positions jusqu’alors timidement envisagées. Chaque déguisement peut apporter son lot de scénarios et de mises en scène. La limite du jeu coquin? Il n’y en a pas, si ce n’est l’imagination et le consentement de chacun. 

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Dis-moi ton déguisement, je te dirai qui tu es ?

Souvent, dans l’imaginaire collectif, déguisement coquin rime avec uniforme. Les tenues liées à certaines professions peuvent ainsi évoquer une forme d’autorité et donc devenir objets de désir. Dans l’imaginaire, l’uniforme est aussi l’incarnation de certaines caractéristiques telles que la féminité, la virilité, la douceur, l’héroïsme ou encore la domination. Ainsi, fantasmer sur l’hôtesse de l’air sexy, le pompier baraqué, le policier autoritaire ou encore la maîtresse dominatrice, c’est finalement plutôt classique. Un peu plus créatif, le cosplay érotique ou le fait de se déguiser et d’incarner un personnage de film, série, jeux vidéo ou de manga. Encore un cran au-dessus dans l’imaginaire ? Le yiff ou le fantasme de faire l’amour déguisé en peluche… Oui, il y en a pour tous les goûts. Car, souligne Soumaya Naamane Guessous, “l’imaginaire érotique et les fantasmes sont là pour se libérer des normes et conventions de la vie de tous les jours.” Notre jugement, on le laisse donc au placard.


Pas de déguisement sans communication

Mais à certains, le déguisement fait peur. Cache-t-il un désir pour quelqu’un d’autre ? Signifie-t-il que le partenaire n’a plus envie de son/sa conjoint(e) ? Pas du tout, estime Kamal*, adepte des jeux de rôle : “Il y a un côté excitant à se dire qu’on fait l’amour avec quelqu’un d’autre. Mais je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs pour autant. Ça n’est qu’un jeu coquin entre nous.” Pour éviter malentendus et non-dits, mieux vaut démystifier cette pratique avec sa moitié. “La sexualité n’est pas un devoir conjugal mais un plaisir qu’on construit à deux” rappelle la sociologue. Elle ajoute que “la préparation ou le fait de se mettre d’accord sur un déguisement et un scénario permet non seulement d’éviter les mauvaises surprises, mais surtout, d’allonger l’instant érotique”. Sorte de préliminaires, ces échanges vont faire tomber les tabous et la gêne, créer une attente et souvent un déclic le moment venu. “Enfin, il faut aussi débriefer. Donner son avis, échanger, évaluer même, c’est capital. Cela va permettre de préparer les séances suivantes sans jamais rien imposer à l’autre.


Et en pratique ?

Le jour J, pour se mettre dans le bon “mood”, on mise sur un éclairage tamisé, des bougies parfumées ou encore une playlist sensuelle. Bref, on crée une atmosphère. Enfin, on lâche prise et on accepte que tout ne se passera peut-être pas comme on l’avait prévu. “Un soir, j’ai trouvé mon mari sur notre lit, simplement vêtu de ses nouveaux équipements de sécurité : casque, chaussures et gilet jaune. En fond sonore : YMCA. J’ai explosé de rire. Mais mine de rien, ça a mis du piment dans notre soirée. On en rigole encore” nous confie May*. Au pire, au lieu de trouver l’excitation on aura l’amusement. C’est déjà pas mal, non?

*Les prénoms ont été modifiés

Soumaya Naamane Guessous est sociologue. Elle a créé en 2000 la première association de sexologie au Maroc. Elle est également l’auteure de :

  • Au-delà de toute pudeur : la sexualité féminine au Maroc, Eddif, 1988
  • Printemps et automne sexuels : puberté, ménopause, andropause et vieillesse au Maroc, Eddif, 2001

 

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