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HUMEUR : LA SEXUALITÉ, LES DÉBATS INACHEVÉS, MES FANTASMES ET MOI

sexualité

J’ai beau jouer la Wonder Woman, il y a un sujet qui me fait peur : parler de sexualité. Car si l’amour que je porte à Bae est aussi haut que le Kilimandjaro, évoquer ma vie sous la couette est un exercice de funambule qui ne m’apporte que des problèmes avec mon entourage. Mais comment faire pour débloquer le débat quand il s’agit de sexe ? L’humeur (émoustillée) du mois, c’est par ici. 

C’était un soir comme un autre. En mode “ne pas déranger” activé, moi et mon programme Netflix sur mon canapé. Je n’attendais pas grand-chose de cette soirée, quand je suis tombée sur le Top 10 des films les plus regardés. L’un d’entre eux attire mon attention. Son titre ? Plus on est de fous… Une comédie espagnole un poquito caliente relatant la vie d’un club échangiste et de 5 couples bien comme il faut confrontés au pire (?) des péchés capitaux : le désir. Je vous passe les détails, mais dans cet imbroglio de questions amoureuses et autres fantasmes inavoués autour de la sexualité, ce film a réussi à me faire dire “pourquoi pas ?”. Comment rechercher de nouveaux frissons, assumer ses envies ou simplement sortir de sa routine après 20 ans de mariage… Cela ne serait pas des questions que tout le monde devrait se poser ? Pas certain. Car en discutant de l’affaire autour de moi, il n’a pas fallu longtemps pour que l’on me jette des regards effarés. Hum. C’est bon, je laisse tomber, au risque de passer pour une tarée. 

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Règle n°1 : des questions tu ne poseras point

Ne vous méprenez pas, question cul (oui, parfois il faut bien appeler un chat, un chat), il me suffit d’avoir un petit coup dans le nez pour commencer à parler sexualité et faire la liste de mes fantasmes préférés. Comme Jude Law qui me plaque contre un mur, rendu fou (de désir) par mon charme irrésistible. Ne niez pas, je sais que vous savez. Il y a aussi le traditionnel beau gosse du lycée qui revient me chercher sur son grand cheval blanc (oui je vais parfois un peu loin) ou le bad boy qui me refait revivre mes plus belles années. Entre eux, mon cœur balance toujours. Mais le fait est que ce type de discussion n’arrive exclusivement qu’avec mes copines les plus proches, un brin déjantées mais surtout avec celles qui ont vécu quelques années à l’étranger. Bref, pas de quoi faire une enquête autour de la sexualité aboutie, le débat est bien malgré moi, souvent cloisonné… et plutôt arrosé. 


Règle n°2 : les garçons tu ne titilleras pas

Il faut dire que côté mecs, ce n’est pas mieux, on atteint souvent les sommets.  Il y a les gros pervers avec yeux malsains d’un côté et de l’autre, ceux qui se bloquent dès qu’on aborde le sujet. Parce que je ne sais pas vous, mais pour moi parler de sexualité avec la gente masculine relève souvent de l’acrobatie. Soit c’est le salto arrière quadruplé soit… le grand plongé psychorigide dans les abysses de leur pénis. Et finalement, au risque de voir Monsieur Y se fermer comme une huître, j’ai appris qu’il ne faut pas trop l’ouvrir sur ce sujet. Parce que oui, une des plus grandes peurs de nos tendres moitiés est d’abord de nous voir raconter leurs petits secrets, en dessous de la ceinture. Les mâles alpha considèrent cela comme une atteinte à leur dignité, un crime de haute trahison, une invasion de leur intimité, farouchement gardée. Et finissent toujours par dire : “Vous êtes pire que les mecs”. Pas sûr. Car au jeu des non-dits, les femmes jouent bien plus souvent qu’elles ne le souhaitent. Quand on sait que, selon un sondage réalisé en 2019, seules 18% d’entre elles parviennent à jouir lors de rapports sexuels avec pénétration,  ça donne à réfléchir, non?  


Règle n°3 : sage tu resteras  

Qu’on se le dise : peur de se lâcher, discussions avortées et routines stériles au lit arrivent souvent à prendre le pas sur notre spontanéité, et donc sur notre sexualité. Et à finalement créer des situations gênantes sous la couette, plus difficiles à dépasser qu’un 100 mètres haies à cloche-pied. Le sujet qui arrive aujourd’hui encore en tête de liste ? La masturbation féminine. Oui l’onanisme, ce plaisir solitaire (ou non d’ailleurs) encore trop souvent considéré comme étant l’apanage des hommes. Les chiffres sont pourtant révélateurs. En 2021 en France, elles étaient près de 78 % à avoir admis s’être laissé tenter, rapporte un sondage Ifop relayé par le Huffington Post français. Mieux encore, “près d’une Française sur deux (46%) admet avoir déjà utilisé un godemiché”, et “50% des Françaises visionnent ou ont visionné en 2021 des vidéos porno, contre 43% en 2016”, révèle l’article. Damn ! Et si l’épidémie de Covid-19 y est peut-être pour quelque chose, il n’y a pas de raison pour que cela n’arrive pas chez nous, non ? 


Règle n°4 : envoyer balader tu feras 

Si les jeux de rôle, les sextoys et autres soirées sexo-mondaines s’invitent petit à petit dans nos chambres à coucher, force est de constater que le plus dur est toujours d’en parler. Concernant la masturbation féminine par exemple, moins d’une femme sur dix en a déjà discuté avec ses fréquentations (6%) et à peine deux sur dix à des amies proches (20%). Bref, la question qui fâche sera toujours de savoir comment aborder les choses… Car oui, excusez-moi, c’est normal après dix années de vie à deux, des enfants et pas mal de stress au boulot, de devoir se réinventer sous la couette avec sa moitié. C’est finalement un art auquel il nous faudra tous s’essayer. Oui, même Carrie Bradshaw dans la dernière saison de Sex and the City. Du coup, voilà le secret. Comme tout dans la vie, pour que les chosent changent, il suffit parfois simplement de sauter le pas.  En faisant preuve de subtilité ou en mettant les pieds dans le plat, c’est au choix. Car c’est peut être ça après tout, partir à la découverte de sa sexualité. Donner une impulsion, lancer le sujet. Et éteindre Netflix tant qu’on y est. Parce que communiquer, c’est encore la meilleure recette pour faire évoluer son couple… et la libido qui va avec. Quitte à être dans le même bateau, autant ramer ensemble, vous ne croyez pas ? Il paraît qu’ainsi, ça file plus droit et ça va plus vite. Un peu comme la fin de mon film, qui conclut : “Mieux vaut vivre avec des remords qu’avec des regrets”. À méditer. Sur ce, je retourne à mes petites affaires. Et ne vous faites pas d’idées, je vous vois venir… Vous avez l’esprit mal tourné !

 

Sarah Kroche. 

Photo (c) Claire Rothsein.

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