LES DESSOUS DE L’AFFAIRE PUFF DADDY, PARTIE 2.

LES DESSOUS DE L’AFFAIRE PUFF DADDY, PARTIE 2.

Le mois dernier, la rédac’ est revenue sur les circonstances ayant permis l’incarcération de Puff Daddy. Dans ce deuxième chapitre, Shoelifer revient sur l’itinéraire sombre et sulfureux qui a fait de ce producteur à succès un homme accusé d’être un prédateur hors norme.  

Après un premier article sur les dessous de l’affaire Puff Daddy, Shoelifer a eu envie de revenir sur les nombreuses zones d’ombre de ce personnage (très) sulfureux (et c’est un euphémisme). Incarcéré à Brooklyn depuis le 16 septembre dernier, le rappeur connaît désormais la date de son procès pénal. Celui-ci aura lieu à partir du 5 mai 2025 et promet d’être particulièrement intense. En effet, le procureur général de l’État de New-York accuse le rappeur d’avoir mis son “empire musical” au service  d’un système violent de trafic à des fins d’exploitation sexuelle et d’extorsion. Et ce pendant plusieurs décennies, du début des années 1990 à aujourd’hui. Sean Combs, aka Puff Daddy, a plaidé non coupable et se dit innocent. 

Du côté des parties civiles, 26 plaintes ont été enregistrées et 130 personnes demandent à être entendues. Parmi les plaignantes, une jeune femme a résumé son calvaire au magazine Paris Match  : “Alors que je n’avais que 13 ans, Pudd Daddy me faisait voyager des États-Unis à Dubaï, et m’obligeait à me prostituer”. 

 

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De l’eau au moulin conspirationniste 

La question que nombre d’entre nous se pose, c’est d’abord comment le “système” Puff Diddy a t-il pu perdurer dans l’omerta et l’impunité ? Une interrogation qui (contre toute attente) apporte de l’eau au moulin de Donald Trump, candidat pour un second mandat à la Maison-Blanche, et à ses partisans : les Magas (Make America Great Again). Depuis 2016, les forums d’extrême droite accusent les cadres du Parti démocrate de se livrer à des orgies pédo-satanistes dans les sous-sols d’une pizzeria de Washington. Cette théorie s’est ensuite agrégée à une mythologie conspirationniste du mouvement QAnon, persuadé de contribuer avec Trump à la chute d’un réseau pédocriminel et sataniste mêlant démocrates, Hollywood et élites mondiales. 

Évidemment, l’affaire Jeffrey Epstein a grandement contribué à nourrir ces théories. Résultat ? De Kamala Harris à la CIA, en passant par Beyoncé, tout ce petit monde serait complice du système Puff Daddy selon les “Trumpistes” qui n’ont pas hésité à diffuser des photos trafiquées ou générées par l’IA. 

 

Pour autant, il est vrai que le parcours Puff Daddy est auréolé de zones d’ombre. D’abord, sa percée fulgurante dans l’industrie musicale. En 1990, après deux années d’étude supérieure à la Howard University, Sean Combs décroche un stage au sein du label Uptown Records, où il repère notamment Mary J. Blige. Déjà, à l’époque, le jeune homme a la réputation d’organiser des soirées incroyables, réunissant des centaines de personnes. 

En 1993, Sean Combs est licencié. Il prend alors le surnom de Puff Daddy et fonde son propre label : l’iconique Bad Boys Records, en co-entreprise avec Arista Records, détenu par Clive Davis. Ce dernier est l’un des producteurs les plus influents des États-Unis, il a (entre autres) lancé la carrière de Whitney Houston. 


L’ombre de Clive Davis 

Or à ce jour, personne ne comprend comment un mastodonte de l’industrie musicale a pu investir des millions de dollars dans le label d’un stagiaire. Toujours est-il que Clive Davis est devenu le mentor de Puff Daddy, et qu’il lui a appris toutes les “ficelles” du métier. Seulement voilà, Clive Davis (92 ans désormais) est un personnage à la réputation ultra-sulfureuse. De nombreux artistes ont dénoncé ses comportements, allant de l’humiliation à l’exploitation en passant par l’escroquerie, le chantage, la manipulation et la destruction de carrières. 

Certains vont même jusqu’à dire qu’il n’aurait pas hésité à éliminer certains de ses artistes ayant osé se confronter à lui. Parmi eux : la rappeuse Left Eye du groupe TLC, décédée dans un accident de voiture en 2001. Ou encore Janis Joplin, morte des suites d’une overdose en 1970. Inutile de préciser que sa poule aux œufs d’or, Whitney Houston, a elle aussi connu une vie et un destin funestes. 

 

Mais de très nombreux commentateurs ou acteurs de l’industrie musicale estiment que Clive Davis a initié Puff Daddy a certaines pratiques borderline dès le début de sa vingtaine. Ainsi, ce dernier ne ferait que répéter ce que Davis lui a appris et, plus globalement, ce que l’industrie du divertissement semble générer de façon systémique. 

À titre d’exemple, le chanteur Usher a déjà confié à la presse que Puff Daddy l’avait hébergé plusieurs semaines à son domicile lorsqu’il n’avait que 13 ans et qu’il s’y passait des “choses très curieuses”. Interrogé à propos de Puff Daddy le 23 septembre dernier, Clive Davis a fait mine de ne pas comprendre les questions du journaliste. Bizarre, bizarre… 

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Une série de décès suspects 

Non seulement Puff Daddy est très probablement un méga-prédateur ainsi qu’un criminel sexuel. Mais il semble, lui aussi, semer la mort autour de lui. C’est simple, toutes les figures ayant fondé ou contribué au succès de Bad Boy Records sont mortes dans des circonstances mystérieuses. 

 

Craig Mack, à l’origine du tout premier tube du label (Flava in ya ear) est mort des conséquences d’une insuffisance cardiaque en 2018. La même année, l’ex-femme de Puff Daddy, Kim Porter (toujours à ses côtés au moment de l’explosion du label), est quant à elle décédée d’une insuffisance respiratoire. Ensuite, Robert Ross, autre one hit wonder du label et  grand ami de Puff Daddy, est mort d’une insuffisance rénale, en 2021. Et bien sûr, on n’oublie pas non plus les assassinats (non élucidés) de sa star, Notorious BIG, et de son plus grand rival, Tupac Shakur. Quel serait le mobile de Puff Daddy ? Tous étaient au courant de ses agissements, et tous comptaient parler. Théorie du complot ? Allez savoir.

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