VOYAGER AU PRINTEMPS : QUATRE DESTINATIONS POUR ENTRER DANS LA SAISON EN DOUCEUR

VOYAGER AU PRINTEMPS : QUATRE DESTINATIONS POUR ENTRER DANS LA SAISON EN DOUCEUR

Voyager au printemps ? Oui, mais où ? Voici trois villes et une région pour accueillir cette jolie saison avec élégance, douceur et gourmandise, entre l’Europe qui se réveille et le Maroc qui fleurit.

Quatre ambiances. Quatre façons d’entrer dans le printemps. Mi-mars est une saison discrète. L’été commence déjà à s’envisager, les terrasses réapparaissent, la lumière change sans prévenir. Tout semble plus doux. C’est le moment parfait pour voyager au printemps : sans bruit, sans saturation, sans attente.  


Valence, Espagne
La Méditerranée à la bonne température

Valence est une ville sérieuse que l’on prend trop souvent à la légère. On la traverse, on la rate, on lui préfère Barcelone ou Madrid. C’est une erreur. Valence mérite qu’on s’y arrête vraiment et y voyager au printemps est le moment parfait. Valence en mars sent la fleur d’oranger, la lumière y est d’une douceur parfaite. Ni trop forte, ni trop timide. Elle fait ressortir l’ocre des façades, allume les tuiles bleues de la cathédrale. Elle illumine le marché central, cette voûte de fonte et de verre où les étals débordent d’oranges, d’artichauts violets, de fèves fraîches et de légumes du huerto valenciano, le potager valencien.

Ce que j’aime y faire

Me perdre dans les ruelles de la Ciutat Vella. Marcher jusqu’au jardin du Turia, ancien fleuve détourné devenu parc monumental de 9 kilomètres, où les Valenciens courent, lisent, vivent.

 

Passer du centre historique aux lignes blanches et futuristes de la Ciudad de las Artes y las Ciencias, ce chef-d’œuvre de Santiago Calatrava qui ressemble à une ville dans la ville.

 

Et puis, filer à la Playa de la Malvarrosa, contempler une Méditerranée encore tranquille avant de flâner sur le paseo.

 

Et puis aussi, on ne peut pas venir à Valence sans goûter la paella, la vraie. La valencienne. Direction El Palmar, au Sud de Valence, dans LE village où est née la  paella dans le parc naturel de l’Albufera et ses rizières (d’où vient donc le riz de la paella !).

Arrocería La Valenciana est la meilleure table de la ville, faites-moi confiance ! Des nappes blanches, des familles valenciennes à la table d’à côté, des serveurs qui ne plaisantent pas avec la cuisson du riz. La paella arrive large, plate, dorée. On attend que le riz repose. On gratte le socarrat, la couche caramélisée du fond. C’est précis, équilibré, profondément ancré dans le territoire.

Adresse : Carrer de Francisco Monleón, 5, 46012, València

Après le déjeuner, vous pourrez également faire une petite promenade digestive sur le lac dans une embarcation typique.

Valence est une ville équilibrée. Ni trop intense, ni trop sage. Juste. Exactement ce qu’il faut après l’hiver et avant l’été. Une destination idéale quand on veut voyager au printemps sans subir la foule ni la chaleur écrasante. Et si de retour au pays vous avez encore envie d’une paella, j’ai ce qu’il vous faut ! La meilleure paella du Maroc est chez Tangerino, à Rabat. Vous pouvez me faire confiance :  après mon séjour à Valence, j’ai pris très très au sérieux ma quête de la meilleure paella et je suis devenue hyper snob en la matière.

Où dormir

La Novieta Boutique Hotel 

Une maison centenaire restaurée avec une âme rare. Hôte de charme, chambres pleines de caractère, petit-déjeuner fait maison. Une adresse comme on les aime.

Adresse : Carrer de Vicente Lleó, 25, València.
À partir de 150 € la nuit.

Caro Hotel

Un palais gothique réinventé, pierres anciennes et lignes contemporaines.

Adresse : Carrer de Vicente Lleó, 25, València.
À partir de 150 € la nuit.

Où dîner

Casa Montaña

Institution centenaire, repas impeccables, vins précis. Ouvert depuis 1836, carrelage ancien, murs tapissés de bouteilles, comptoir en bois patiné. Un bar à tapas qui prend les tapas au sérieux. Et ça on aime! Ici, elles ne sont pas décoratives. Elles sont sérieuses elles aussi !  Anchois impeccables. Tortilla tiède et baveuse comme il faut. Croquettes fondantes. Une carte des vins très bien fichue et une ambiance joyeuse. Un endroit où ça parle un peu plus fort et où on commande toujours un peu plus.

Adresse : C/ de Josep Benlliure, 69, Poblats Marítims, València. 

Ricard Camarena Restaurant

Exceptionnel ! Deux étoiles Michelin. Mais surtout, une cuisine méditerranéenne intelligente. Ricard Camarena travaille le végétal avec une précision hallucinante. Artichauts, agrumes, herbes fraîches, tout parle du terroir valencien. La plupart des légumes proviennent de son propre potager situé à ! kilomètres du restaurant. Circuit ultra-court, saisonnalité réelle. Une haute gastronomie qui ne trahit pas la terre qui la nourrit et une expérience gastronomique solaire. So chic. So conscious ! What else? Se faire plaisir et le faire bien. 

Adresse : Av. de Burjassot, 54, La Saïdia, 46009 València, València.

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Porto, Portugal

La lumière atlantique et la lenteur

Porto se découvre en descendant. Vers la Ribeira. Vers le Douro. Vers le soleil du soir. En mars, la ville est encore respirable. Porto est une ville qui n’a pas besoin de séduire. Elle charme par sa lenteur. Voyager au printemps à Porto est presque une évidence que l’on redécouvre avec un petit  étonnement. La lumière de mars y est particulière, dorée. Elle fait flamboyer les azulejos – le zellige local canon – et sublime les fissures. La ville est belle, même abîmée.

Ce que j’aime y faire

Traverser le pont Dom-Luís à pied et regarder le fleuve changer de couleur, bleu acier, puis doré, puis presque cuivre. Me perdre dans les ruelles de la Ribeira. Monter jusqu’à l’Igreja de São Francisco, dont l’intérieur doré est l’une des grandes extravagances baroques d’Europe. De l’or partout. Du sol au plafond. Ça laisse sans voix.

Et après ? On traîne. On boit un porto blanc, frais, presque salin. On regarde les bateaux rabelos amarrés sur le fleuve. On prend le temps. De toute façon, à Porto, on ne fait pas autrement. Et ça fait un bien fou. Même aux plus pressés. Surtout aux plus pressés. Porto est aussi une capitale gastronomique qui ne le dit pas assez fort. Les restaurants de quartier, les tascas sans prétention, les pastelarias où s’attarder le matin avec un café et un pastel de nata encore chaud. C’est simple. C’est parfait.

Où dormir 

The Yeatman

Sur les hauteurs de Vila Nova de Gaia, face à Porto. Vue à couper le souffle sur le Douro et les toits ocres de la ville. Ici, tout parle de vin : cave exceptionnelle, restaurant doublement étoilé, sommellerie remarquable. La piscine à débordement semble suspendue au-dessus du fleuve. C’est spectaculaire, mais jamais vulgaire. Le vignoble à portée de main, la piscine à débordement, l’un des meilleurs restaurants du Portugal. 

Adresse : Rua do Choupelo, Vila Nova de Gaia.
À partir de 3500 DH  la nuit.

Torel Palace Porto

Romantique, feutré, perché sur les hauteurs. Vue sublime sur les toits rouges et le fleuve. Chaque chambre raconte une histoire. J’adore, c’est Porto comme un tableau…

Adresse :  Rua de Entreparedes 42, Porto.
À partir de 1679 DH la nuit.

Où manger

Porto est aussi une capitale gastronomique qui ne le dit pas assez fort. Avec ses restaurants de quartier, ses tascas sans prétention et ses pastelarias où s’attarder le matin un pastel de nata à la main, encore tiède, feuilleté, légèrement caramélisé. C’est simple et tellement bien.

Cantinho do Avillez Porto

La cuisine portugaise contemporaine de José Avillez. Sophistiquée sans folklore. Généreuse sans esbroufe. Riz de la mer crémeux, poulpe parfaitement grillé, desserts bien gourmands. Une interprétation moderne du Portugal, élégante, maîtrisée. C’est exactement ce qu’on cherche quand on veut découvrir la cuisine d’un endroit.

Adresse : R. de Mouzinho da Silveira 166, Porto.

Brasão Cervejaria Aliados

Pour une francesinha revisitée dans un cadre chic mais vivant. La francesinha, c’est le sandwich emblématique de Porto : pain toasté, viandes superposées, fromage fondu. On peut y ajouter une sauce tomate légèrement épicée (perso je fais sans). Déraisonnable et réconfortant, la définition même de l’indispensable.

Adresse : R. de Ramalho Ortigão, Porto.

Porto n’a pas besoin d’en faire plus. Elle ne cherche pas à impressionner. Elle vit. Lentement. Profondément. Et en mars, elle est exactement à sa place.


Chefchaouen, Maroc

La parenthèse bleue

Chefchaouen en mars est parfaite. La chaleur n’a pas encore écrasé les ruelles. Le tourisme reste doux. Avant l’été qui la noie sous les selfies, il faut aller à Chefchaouen au printemps… L’air sent la menthe et le bois de cèdre. Les murs bleus brillent d’une lumière douce qui donne envie de ne plus bouger.

Ce que j’aime y faire

Marcher tôt le matin dans la médina et laisser le bleu envahir le regard, le silence faire son travail. Le Rif entoure la ville, comme une muraille naturelle. On dirait qu’il la protège du monde.

Marcher jusqu’à Ras el Maa et laisser son esprit vagabonder pendant toute la ballade. Se poser sur une terrasse, commander un thé et se laisser hypnotiser par les chats qui font la sieste sur les escaliers avec une nonchalance qui donne envie. Au coucher du soleil, monter doucement vers la mosquée pour voir la ville s’embraser d’orange au milieu du bleu. À Chefchaouen, on ne fait rien. Et c’est précisément ça qu’on est venu chercher.

Où dormir 

Dar Jasmine

Perchée sur la colline, vue spectaculaire sur la médina, esthétique épurée. Mais Dar Jasmine, c’est bien plus qu’une adresse où dormir, c’est la meilleure table de la ville. Le genre d’endroit incarné et généreux, où chaque détail a été pensé, voulu, soigné. Pas pour impressionner. Pour que vous vous sentiez bien. Les adresses comme ça, on en cherche partout et on en trouve rarement.

Adresse : Route Ras El Maa, Chefchauen.
À partir de 2000 DH
  

Casa Hassan

C’est l’une des premières maisons d’hôtes de la médina. Une adresse historique qui a gardé intact son esprit. Un patio central, une fontaine qui coule doucement. Une dizaine de chambres. Une salle à manger avec une cheminée au milieu. Un salon marocain aux meubles patinés. Une terrasse sur le toit qui domine la ville et ses bleus. Une cuisine généreuse, sincère et chaleureuse. Une adresse qui a de l’âme.

Adresse : 22 Rue Targui, Chefchaouen.
À partir de 1100 DH

Hors saison, Chefchaouen est une ville intérieure. On y vient pour voir du bleu. On y reste pour se retrouver.


La Loire, France

Châteaux, brume légère et premiers bourgeons.

Dans la Loire, en mars, les jardins commencent à se réveiller. On visite un château le matin, avant l’affluence. On déjeune dans une auberge face à la rivière. On traverse les paysages à vélo. La lumière est douce. Le printemps dans la Loire est élégant, un printemps à la française.

Les châteaux surgissent au détour des routes comme des promesses de grandeur.  Château de Chambord, l’immense. Chenonceau, l’élégant qui enjambe l’eau. Château d’Azay-le-Rideau, posé sur l’Indre comme un rêve. Et tout autour, les vignes, déjà couvertes de bourgeons tendres à la mi-mars. Voyager au printemps, c’est prendre le temps. Le temps de s’arrêter dans les villages qui bordent le fleuve.

Ce que j’aime y faire

Louer une voiture. Partir tôt, sans programme trop précis. Laisser la brume se lever sur le fleuve. Rouler sans musique, fenêtre entrouverte. S’arrêter. Entrer dans un château presque vide et entendre le bruit de ses propres pas sur les parquets anciens. Marcher dans les jardins encore humides de rosée. Louer des vélos et longer la Loire par les petites routes bordées de peupliers. S’arrêter dans une cave troglodyte pour une dégustation improvisée. Commander un verre de Vouvray légèrement frais, regarder la lumière décliner, et comprendre que le luxe, parfois, c’est simplement le silence.

Où dormir 

Château de Pray

Un château du XIIIe siècle transformé en hôtel avec une grâce rare. Pierres blondes, jardins romantiques, vues sur la Loire. On y dort comme dans un roman historique, mais je vous rassure, avec le confort d’aujourd’hui.

Adresse : Rue du Cèdre, Chargé.
À partir de 2000 DH

Où dîner 

Auberge du Bon Laboureur

Cuisine française élégante et chaleureuse. Le genre de table qui fait comprendre pourquoi la gastronomie française est inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Adresse :  6, rue Bretonneau, Chenonceaux.

Les Hauts de Loire

Table gastronomique au milieu d’un domaine Relais & Châteaux. Cadre feutré, parc immense, cuisine technique pour dîner qui reste longtemps en mémoire. Et qui donne envie de revenir avant même d’être reparti.

Adresse :  79, rue Gilbert Navard, Veuzain-sur-Loire.

La Loire est une évidence discrète. Un luxe sans bruit. Comme un printemps qui  cherche à durer.


Comment choisir ?

Valence pour la douceur méditerranéenne lumineuse.

Porto pour la lenteur atlantique.

Chefchaouen pour le silence bleu.

La Loire pour un printemps végétal et romantique.

Quatre destinations.

Quatre couleurs.

Un saison  Un même désir : voyager avant que le monde ne s’accélère.

Mi-mars n’est pas une saison spectaculaire. C’est une saison subtile.

Une saison pour celles et ceux qui préfèrent la nuance à l’excès, le silence à la foule, la lumière naissante à la chaleur écrasante. Voyager au printemps, c’est choisir l’avant. Avant que tout ne s’emballe. 

Je crois que j’aime mars parce qu’il ressemble à un entre-deux. Ni l’hiver, ni l’été. Ni le retrait, ni l’exubérance. Il oblige à regarder autrement. À voir les villes sans leur maquillage de haute saison. À s’asseoir plus longtemps en terrasse. À prendre le temps de goûter, de marcher, de respirer.

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