La foire 1-54 Marrakech, le rendez-vous de l’art contemporain africain au Maroc, revient du 30 janvier au 2 février. Avec notre city guide, vous saurez tout de ses événements en on et en off à ne pas manquer, en mode VIP ou en flânant le nez au vent.
Cette année encore, Marrakech vibre des énergies créatives de l’Afrique grâce à la 1-54 art fair. Créée à Londres il y a plus de 10 ans par l’entrepreneuse marocaine Touria El Glaoui, cette foire dédiée à l’art contemporain africain s’est également implantée dans la ville ocre en 2018. L’occasion parfaite pour envisager un week-end prolongé dans la capitale du sud. Sa formule VIP donne accès à tous les lieux d’expositions de la foire, mais surtout aux événements privés dès le 30 janvier.
Sinon, venez en mode chill et prenez votre ticket pour les expositions phares les samedi et dimanche. 1-54 Marrakech, c’est aussi une myriade d’espaces partenaires qui composent le “off”. Avec notre city guide, repérez les meilleurs plans et les artistes incontournables de cette édition.
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La Mamounia : la crème de l’art africain et marocain
En 2025, la 1-54 Marrakech reprend ses quartiers à La Mamounia où elle accueille 22 galeries spécialisées en art africain, venues du Maroc mais aussi de Dakar, Tunis, Paris, Londres, Bruxelles… Ce format “boutique” permet d’en prendre plein les yeux sans saturer, contrairement aux foires des grandes capitales.
Dès le patio à l’entrée, l’installation de Youness Khourassani, l’un des six “special projects” de la foire, nous plonge dans une méditation sur les mouvances infinies de la création. Cette œuvre très technique crée la rencontre entre des formes aux couleurs chaudes et d’autres aux couleurs froides, mises en mouvement perpétuel. L’artiste marocain, représenté par la Galerie 38, a voulu symboliser les multiples aller-retour entre le tangible et l’intangible dans toute œuvre d’art.
Dans les premiers stands à l’intérieur, on est attiré par les senteurs dévoilées par la maison Infiniment Coty, partenaire de la 1-54 Marrakech à La Mamounia. La marque a proposé une collaboration amusante au photographe ghanéen Nana Yaw Oduro, qui a planché sur la création d’une œuvre parfumée, invitant la perception visuelle à dialoguer avec d’autres sens.
Dans les allées de la foire, on retrouve les meilleures galeries marocaines qui montrent à cette occasion des œuvres inédites de leurs artistes phares. Sur le stand de la Loft Art Gallery, on peut ainsi admirer les dernières créations d’Amina Agueznay, que la galerie casablancaise présente aussi en solo show dans son espace marrakchi.
Depuis une dizaine d’années, l’art textile et l’artisanat font partie des grandes mouvances de l’art contemporain et l’art africain est l’un de ses dignes représentants. Le stand de la Kalhat Foundation, basée en Inde, en donne un bon exemple grâce à sa collaboration avec Amina Benbouchta. L’artiste marocaine, qu’on connaît pour ses installations et ses mises en scène photographiques, a ici créé des broderies à l’aide de vingt artisans locaux. Elle livre des compositions engagées, où chaque point brodé est comme un poing dressé pour valoriser les laissés-pour-compte.
La galerie Atelier 21, basée à Casablanca, explore quant à elle les grands enjeux du continent. M’barek Bouhchichi interroge les rapports de la société marocaine à son africanité, en revalorisant la présence du corps noir dans ses toiles. La française Margaux Derhy stimule la tradition en collaborant avec des brodeuses amazigh sur leurs histoires familiales. Tandis que le Sénégalais Malick Welli tente de guérir le trauma de la traite transatlantique dans sa série photographique “Forgotten Paradise : Passage”.
En parallèle de son lieu très remarqué à Sidi Ghanem où elle montre un solo show de Mo Balaa, la MCC Gallery fait ses premiers pas à La Mamounia. Elle présente les variations d’Amine El Gotaibi avec son matériau de prédilection, la laine, utilisée cette fois dans des œuvres sur papier. En parallèle, on retrouve les clichés argentiques délicats de Houda Kabbaj et les paysages fantaisistes et multimédia de Malika Skali.
Parmi les petites nouvelles, on a aussi repéré la new-yorkaise Ross-Sutton Gallery, dont la jeune fondatrice prône une manière responsable de collectionner les artistes africains. Son credo ? Acheter en galerie plutôt que directement dans l’atelier de l’artiste, et s’engager à ne pas remettre l’œuvre sur le marché avant au moins trois ans, pour éviter la spéculation anarchique.
En médina : la jeune création à l’honneur
Pour la 2e année consécutive, 1-54 Marrakech réinvestit l’espace DADA comme extension de sa foire, près de la place Jamaâ el Fna, un espace gigantesque qui mixe galerie d’art, café et restaurant. Pour s’y rendre depuis La Mamounia, on emprunte le tuk-tuk “Zoubida On Tour” customisé par la créatrice Sophia Kacimi, une habituée du détournement des traditions marocaines. Dans ce lieu hybride à la déco contemporaine, le rez-de-chaussée se transforme en mini-foire avec ses huit stands accueillant de jeunes galeries et des projets spéciaux.
Le collectif Think Tanger en profite pour téléporter son Tanger Print Club à 1-54 Marrakech. Le principe : collaborer avec des artistes confirmés et émergents pour créer des œuvres vendues en série. On peut donc y dénicher une lithographie originale de Yto Barrada ou de Younès Rahmoun à des prix accessibles.
C’est aussi l’occasion de découvrir Hunna Art, fondée par Océane Sailly sur le principe d’une galerie nomade et qui a maintenant un espace permanent au Koweït. Pour 1-54 Marrakech, elle met en valeur Amina Yahia, dont les toiles racontent sa quête de liberté en tant que femme artiste vivant en Egypte.
On retient aussi le stand de The African Art Hub venu de Londres et qui présente le Nigérian Ayogu Kinglsey. Celui-ci compose des tentures à multiples strates et aux couleurs flashy qui dissimulent des scènes inspirées de son intimité personnelle.
En médina, on peut aussi profiter des multiples évènements partenaires, comme l’exposition de la photographe marocaine Lalla Essaydi au Musée des Confluences Dar El Bacha.
Sur notre checklist, on note aussi l’exposition collective curatée par Achraf Remok à Dar Izza, cet hôtel pensé par un collectionneur d’art contemporain et qui intègre des œuvres d’art dans ses moindres recoins. Dernière nouveauté, la galerie parisienne Maison Sœur investit le Foundounk Gargaa pour montrer le travail de trois artistes femmes, marrakchies d’origine ou d’adoption : Soumiya Jalal, Anastasia Komakova et le duo franco-marocain “Brodeuse Voyageuse”.
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Gueliz : les galeries sont reines
Le centre-ville moderne de Marrakech voit fleurir de plus en plus de galeries d’art contemporain, souvent venues de Casablanca. Le 30 janvier a lieu “la nuit des galeries”, un évènement gratuit et ouvert à tous pour explorer les plus beaux lieux d’art de Gueliz. Incontournable, la galerie Comptoir des Mines fait presque figure de musée avec ses multiples étages au style Art déco. Sa programmation met en valeur de grandes figures de l’histoire de l’art marocain avec Mohammed Kacimi, un peintre qui explore ses racines africaines. On y retrouve aussi les dernières créations de Mohamed Arejdal et Simohammed Fettaka, valeurs sûres de la scène marocaine actuelle.
À deux pas se trouve la Galerie Siniya 28 qui présente un solo show de Rita Alaoui, peintre et artiste plasticienne marocaine. Amoureuse de la nature, elle déploie sur ses toiles des paysages imaginaires inspirés par ses propres jardins secrets.
Autre secret bien gardé, ne manquez pas la fresque peinte par Yassine Balbzioui au sein du restaurant Pétanque Social Club.
Si vous aimez les grandes fresques historiques cette fois, l’exposition « From Morocco with love » au Palace Es Saadi est faite pour vous. Cet événement, preview exclusive d’autres lancements à venir au printemps, retrace comment la propriétaire du lieu Élisabeth Bauchet-Bouhlal a constitué son éminente collection composée des plus grands artistes marocains.
Dans la même veine, le Musée Yves Saint Laurent fait date en montrant pour la première fois le regard d’un collectionneur sur l’œuvre du grand couturier. C’est celui de Hamish Bowles, historien de la mode reconnu, ex-bras droit d’Anna Wintour, rédacteur en chef mondial du magazine Vogue. On pourra découvrir ses plus belles pièces de mode, issues de sa collection personnelle, au sein de la galerie permanente du musée.
Enfin, pour une fenêtre plus ouverte sur le reste de l’Afrique, on file à l’Institut français explorer une exposition entièrement composée de NFT. Extraite de la Biennale de Dakar, elle a été concoctée par SOMETHING Art Space, un lieu dédié à l’art digital et vidéo à Abidjan. Cette proposition nous transporte dans le futur de l’art.
En dehors de Marrakech, grands espaces pour artistes de taille
La foire 1-54 Marrakech permet aussi de visiter des lieux d’art en dehors de la ville, focalisés sur la création africaine depuis plusieurs années. L’édition 2025 est marquée par la réouverture du MACAAL, le musée d’art contemporain africain situé à Al Maaden et qui propose de redécouvrir sa collection sous un autre angle. Ou plutôt sept angles pour être précis : décoloniser, cohabiter, transcrire, initier, promettre, converger, tisser… Tout un programme, donc.
À deux pas, on ne peut manquer l’exposition monumentale de 1000 m2 organisée au Mandarin Oriental par la Galerie 208. Elle met à l’honneur l’artiste marocain Mahi Binebine qui présente ses œuvres dans plusieurs espaces du resort de luxe.
Du côté de la route de Fès, pousser vos pérégrinations jusqu’à la Fondation Montresso vaut vraiment le coup. Installée dans une paisible oliveraie, elle accueille des artistes africains en résidence toute l’année. À l’occasion de 1-54 Marrakech, elle met à l’honneur la scène togolaise, d’habitude peu représentée, avec notamment le peintre Sokey Edorh, pionnier de l’art contemporain dans son pays, ou encore l’étonnante photographe Hélène Amouzou.
Foire 1-54 Marrakech
pass VIP – 500 DH
pass weekend – 150 DH
tarif étudiant et + de 65 ans – 100 DH
Avant-première VIP
Jeudi 30 janvier, 11h – 19h
Vendredi 31 janvier, 11h – 19h
Heures d’ouverture au public
Samedi 01 février, 11h – 19h
Dimanche 02 février, 11h – 18h
Photo (c) : Amina Agueznai
