« SUR LES ROUTES DE SAMARCANDE » À L’IMA : L’EXPO 2023 QUI NOUS ÉMERVEILLE

expo 2023

Côté expo 2023, « Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d’or » est de celles dont on se souviendra. Cette manifestation exceptionnelle présentée à l’Institut du Monde Arabe à Paris est à découvrir jusqu’au 4 juin 2023. Invitation au voyage.

Faire escale sur les routes de la soie, vous en avez toujours rêvé ? C’est là que nous entraîne l’expo 2023 de l’Institut du Monde Arabe (IMA), « Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d’or. » Direction l’Ouzbékistan, à la découverte de ses pratiques textiles et d’orfèvrerie ancestrales, promues par l’émir Shah Murad au XIXe siècle. L’exposition-événement offre une plongée inédite au cœur du patrimoine ouzbek et de ses joyaux. Et nous offre un éclairage sur les coutumes de cette région méconnue, pourtant située au confluent de nombreuses civilisations. Un passage obligé lors de votre prochaine escapade à Paris. 


Boukhara et la broderie de cour

Au XVIe siècle, en lieu et place de l’actuel Ouzbékistan, trois khanats (royaumes dirigés par des khans) se constituent et se disputent le pouvoir : Boukhara, Khiva et Kokand. Parmi eux, celui de Boukhara englobe la ville du même nom et celle de Samarcande. Ces deux cités sont particulièrement prospères du fait de leur production de coton et de soie. Étapes incontournables des routes de la soie, elles développent au fil des siècles un artisanat florissant en matière d’art textile. Ces savoir-faire ancestraux vont connaître un véritable essor au XIXe siècle, sous l’impulsion de l’émir Shah Murad. Ne pouvant prétendre au titre de khan et souhaitant centraliser son pouvoir, il fonde l’émirat de Boukhara en 1785. Pour asseoir son autorité, lui vient l’idée de créer des ateliers de broderie dans la ville de Boukhara, faisant de cette technique un art officiel de la cour. Ce sont ces chefs d’œuvres que l’on peut découvrir au sein de cette expo 2023 dont le commissariat général a été assuré par Yaffa Assouline ( Editrice et directrice artistique des éditions Assouline). Elle a notamment été assistée par Philippe Castro, chef de cabinet de Jack Lang (président de l’IMA).

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Immersion au pays des merveilles

En partenariat avec l’Uzbekistan Art and Culture Foundation, l’IMA dévoile pour la première fois au public international plusieurs centaines de pièces uniques. Issues de l’artisanat ouzbek du XIXe siècle, certaines ont nécessité des mois, voire des années de fabrication. Chapan (long manteau ouvert), calottes brodées d’or et d’argent et robes talismaniques pour ce qui est de l’habillement. Mais aussi accessoires d’apparat équestre pour les hommes et bijoux précieux pour les femmes. Ou encore suzanis ouvragés (vastes tentures brodées) et tapis luxuriants qui composaient les somptueux intérieurs. L’exposition nous fait évoluer, grâce à une scénographie minimaliste et un parcours fluide, à travers les chefs d’œuvres méconnus de la cour de Boukhara. Elle nous fait également découvrir les mœurs et coutumes de l’époque. Par exemple, les bijoux sont des indicateurs de l’âge mais aussi du statut social et matrimonial de la femme. Les suzanis, offerts lors des mariages puis légués des parents aux enfants, sont quant à eux un gage d’union heureuse. Ces derniers sont conçus selon les codes esthétiques de deux différentes écoles. Celle de Samarcande se caractérise par des motifs astraux et hypnotiques. Tandis que celle de Boukhara fait la part belle aux compositions florales et végétales dignes des plus beaux jardins. Un voyage qui mène le visiteur de surprise en surprise, dans un état d’émerveillement continu face à ces trésors de minutie. 

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L’art du chapan : un artisanat de luxe

La pièce maîtresse de cette expo 2023 n’est autre que le chapan, ici présenté sous toutes ses formes. Cette tenue, que l’on revêt à la manière d’un manteau en la superposant à souhait (jusqu’à 7 couches), fait partie de la garde-robe masculine jusqu’au début du XXe. Les chapans d’exception présentés à l’IMA sont conçus à la main, le plus souvent en velours de soie cousu de fils d’or et d’argent. S’y dévoilent des compositions aux motifs colorés, caractéristiques des différents styles de broderie (darkham, buttador, daukhor). Comble du raffinement, ces derniers étaient autrefois offerts aux invités de marque comme cadeaux diplomatiques. Ces tenues traditionnelles ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les caftans marocains. On ne vous en dit pas plus, on préfère vous laisser découvrir ces trésors de tapis, bijoux, accessoires et autres peintures orientalistes inédites par vous-mêmes.

« Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d’or »
Jusqu’au 4 juin 2023
À l’Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés Saint-Bernard, Paris
https://www.imarabe.org/fr

 

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