CULTURE : 5 EXPOS AU MAROC À NE PAS MANQUER

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La vie n’a pas encore (tout à fait) repris comme avant, mais la vie culturelle, si. Alors, on profite de l’arrivée des beaux jours pour aller flâner dans les musées et les galeries. Nouvel espace, rétrospective, solo show déjanté ou engagé…Tour d’horizon des expos au Maroc à ne louper (sous aucun prétexte) en ce mois de mars 2021.


Le Louvre ? Fermé. La Tate Modern ? Closed. La Gallerie dell’Academia ? Chiusa. La Sagrada Familia ? Cerrada. Dans le monde, les plus grands musées et monuments historiques sont fermés. Heureusement pour nous, les espaces d’expo au Maroc sont ouverts et rivalisent d’ingéniosité pour nous offrir une programmation riche et éclectique. Alors on en profite !


L’empreinte de mes rêves @ Espace culturel de la Fondation Alliances

Les amateurs d’art ne vont pas être déçus. Un tout nouvel espace d’art a ouvert récemment ses portes à Casablanca. Lequel ? Celui de la Fondation Alliances, à qui on doit déjà la paternité du très réussi MACAAL (Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden) à Marrakech. De quoi s’agit-il ? D’un espace d’exposition modulable de 700m2, situé au rez-de-chaussée du siège du groupe immobilier, au cœur de la capitale économique. Son ambition ? Promouvoir le travail d’artistes africains – et notamment marocains – qui ne sont pas encore forcément reconnus, mais à fort potentiel. En d’autres termes, une vitrine dédiée à la scène émergente du continent. En ce moment, on y découvre l’exposition “L’empreinte de mes rêves” du peintre marocain Ahmed Chiha. Ce jardinier de profession s’exprime aussi bien sur toile, que sur cuir, céramique ou bambou, et donne à voir dans ses compositions différents mondes où des êtres anthropomorphes cohabitent. Le plus : les bénéfices des ventes seront intégralement reversés à l’artiste.

“L’empreinte de mes rêves” à l’Espace culturel – Fondation Alliances
16, rue Ali Abderrazak, Casablanca 

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Archive(s) sensible(s) @ Le Cube – independant art room

L’archive est un objet social qui façonne le passé, le présent et le futur.” C’est de cette définition du philosophe Jacques Derrida qu’est partie Laura Scemama, commissaire de l’exposition “Archive(s) Sensible(s)”. Qu’est-ce qui fait une archive et qu’est-ce qui ne la fait pas ? Quels sont les mécanismes à l’œuvre dans la constitution de la mémoire ? Comment penser une histoire sans archives ? Cinq artistes – Héla Ammar, Haythem Zakaria, M’Barek Bouhchichi, Abdessamad El Montassir, Mustapha Azeroual – viennent questionner les différentes modalités de l’archive et sa dimension “sensible”. Sensible, car issue de mémoires intimes, familiales, domestiques, qu’elles soient individuelles ou collectives. Au gré du parcours, l’archive se fait tantôt reconstitution imaginaire, outil de résistance, indice sensoriel, réactivation de l’invisible ou représentation du sensible. Une exposition à voir et (aussi) à écouter.

“Archive(s) sensible(s)”, du 18 février au 26 mars 2021
Le Cube – independant art room
2, rue Benzerte, Rabat


The Silent Mirror @ L’Atelier 21

Pour la deuxième fois, M’barek Bouhchichi investit l’espace de la galerie casablancaise L’Atelier 21. A l’occasion de ce nouveau solo show, le plasticien présente une série à forte dimension autobiographique, constituée exclusivement de portraits. Les œuvres réalisées à partir de feuilles de caoutchouc donnent à voir des figures d’hommes ou de femmes, à la peau noire, sur des fonds chromatiques aux couleurs saturées. Poursuivant sa réflexion sur l’invisibilisation des personnes noires (notamment d’origine marocaine), l’artiste présente ici des figures sans ombres, parfois dénuées de corps. Une occultation qui vient questionner leur inscription dans le champ plastique mais aussi dans l’espace social, estime la critique d’art Fatima Zahra Lakrissa. De façon très personnelle, Bouhchichi nous présente ici ses miroirs silencieux, reflets d’un rapport social qui s’inscrit avant tout dans un jeu de perception et de regards.

The Silent Mirror à L’Atelier 21
Du 23 mars au 26 avril 2021
21, rue Abou Mahassine Arrouyani, Casablanca

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Rétrospective Abbes Saladi @ Musée Bank Al Maghrib

 Il est des artistes qui nous fascinent, mais dont on sait au final, peu de choses. C’est le cas d’Abbes Saladi. Heureusement (pour nous), une vaste rétrospective (la première au Maroc) vient mettre en lumière la vie et l’œuvre du dessinateur marocain le plus anticonformiste de son temps. A travers une soixantaine d’œuvres mais aussi des archives inédites, l’exposition retrace la carrière de l’artiste : de sa découverte en 1978 par le directeur du centre américain de Marrakech, alors qu’il vendait ses dessins sur la place Jemaa El Fna, jusqu’à sa mort en 1992. C’est quand il a découvert Aristote, après avoir repris des études de philo, que Saladi a décrété : “puisque l’homme est un animal, je me mets à méditer sur son animalité”.

Dès lors, il munit les figures humaines qui peuplent ses dessins de museaux. Ses personnages se transforment en corps hybrides, figures mi angéliques mi démoniaques, qui vont parfois jusqu’à se confondre avec le végétal. Dans ses compositions graphiques d’une extrême finesse, on retrouve l’influence de l’Égypte pharaonique comme celle des miniatures persanes. Dans l’œuvre fourmillante de Saladi, tout est symbole, et celui qui la scrute attentivement découvre des histoires infinies. Une exposition-évènement, utile pour comprendre la personnalité de cet artiste discret et le symbolisme qui irrigue son œuvre. Un must see !

Saladi au Musée Bank Al Maghrib du 18 février au 30 juin 2021
Angle Avenue Allal Ben Abdellah et Rue Al-Qahira, Rabat


Meeting Point @ Kulte Gallery

Il nous avait manqué. Après s’être fait discret pendant plusieurs mois, pour cause de travail acharné, Yassine Balbzioui revient avec une exposition personnelle chez Kulte Gallery. L’occasion pour le public rbati de découvrir le travail fantastique – et un brin déjanté – du plasticien aux multiples facettes (et facéties). Un golden wall, des armes en résine acidulée, des aquarelles et quelques nuits blanches… On ne vous en dit pas plus. L’exposition est prolongée (au moins) jusqu’au 12 mars : si vous voulez un shot de bonne humeur, courez-y.

Meeting Point chez Kulte Gallery
7, rue Benzerte, Rabat
Prolongation au moins jusqu’au 12 mars 2021

 

 

Par Anaïs FA

 

Photo © Vivienne and Tamas

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