TPO & CO : CES INGRÉDIENTS COSMÉTIQUES DANGEREUX

TPO & CO : CES INGRÉDIENTS COSMÉTIQUES DANGEREUX

Si le TPO (ou oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine), présent dans les vernis semi-permanents, est désormais qualifié d’ingrédient cosmétique dangereux, il n’est pas un cas isolé. Nos produits de beauté regorgent en effet de substances controversées, pourtant autorisées à la vente. On vous dit lesquelles il vaut mieux éviter et vers quelles alternatives vous tourner.

Depuis quelques semaines, un nouvel ingrédient cosmétique dangereux fait parler de lui. Son nom ? L’oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine, plus communément appelé TPO. Utilisé depuis de nombreuses années dans les vernis semi-permanents, il permet à la matière de durcir et de sécher rapidement, une fois placée sous une lampe UV ou LED. Mais de récentes études scientifiques ont démontré sa dangerosité. Désormais classé “substance CMR” (cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction), le TPO est accusé d’affecter la reproduction ou le développement embryonnaire. L’Union européenne a donc décidé d’interdire son utilisation à partir du 1er septembre. 

Ainsi, tous les professionnels du secteur cosmétique ne sont plus autorisés à utiliser ces types de produits dans le cadre de leurs prestations en instituts ou à domicile (pose de vernis, manucure, etc.). De plus, aucun délai d’écoulement des stocks n’est accordé, ce qui signifie que les professionnels ne peuvent pas continuer à se servir de produits contenant du TPO déjà en leur possession. 


Que dit la loi marocaine?

Au Maroc aussi, cette loi est entrée en vigueur. Fin août, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a émis une interdiction totale concernant la fabrication, l’importation, la distribution, la mise sur le marché et l’utilisation de vernis et gels à ongles contenant du TPO. Une information confirmée par les professionnels du secteur. “Dans leurs formules de 2025, de nombreuses grandes marques avaient déjà enlevé cet ingrédient de leurs compositions. Notamment Semilac, The Gel Bottle et d’autres marques vegan. Donc si c’est un salon qui tourne bien, il n’était déjà plus en possession de ces produits”, explique Anna Perez, fondatrice de l’institut Efferv O Sens Spa.
Une nouvelle que l’on salue, bien évidemment, mais qui nous inquiète également. On pense en effet au nombre de femmes et d’adolescentes avides de cette technique qui ont appliqué du vernis semi-permanent depuis de nombreuses années pour afficher de jolis ongles plus longtemps. D’autant plus que le TPO n’est pas le seul ingrédient dont il faut se méfier. Conservateurs, parfums synthétiques, texturisants… certains composants, pourtant autorisés, peuvent être irritants, allergisants, perturbateurs endocriniens voire cancérigènes.

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Des ingrédients qui agissent sur les hormones

De nombreux composants cosmétiques sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qui altèrent le fonctionnement du système hormonal. Même à faibles doses, ces substances peuvent provoquer des effets néfastes sur la santé. Notamment en imitant, bloquant ou modifiant l’action des hormones. Les perturbateurs endocriniens peuvent alors entraîner des troubles de la reproduction, du développement, du métabolisme, des cancers et des problèmes neurologiques. À noter que ces substances sont particulièrement toxiques pour les organismes en croissance. On les supprime donc complètement chez les femmes enceintes, les enfants et les adolescents. 

Parmi les ingrédients controversés les plus connus, on retrouve les parabènes. Ces conservateurs anti-microbiens empêchent le développement de bactéries. Ils se cachent majoritairement dans les crèmes et sérums, les gels douches, les déodorants, les lingettes ou encore les fonds de teint. Rapidement absorbés par la peau, ils sont suspectés d’interférer avec le système hormonal. Plusieurs études ont en effet établi un lien entre certains parabènes et des troubles de la fertilité ou un risque accru de cancer du sein. On les retrouve généralement sous les noms methylparaben, sodium methylparaben, ethylparaben, propylparaben, isopropylparaben, butylparaben, phenylparaben et autres suffixes en –paraben. 

 

En 2012, ils étaient présents dans 99% des cosmétiques. De nombreuses marques font aujourd’hui attention à ne plus intégrer cet ingrédient dangereux à leurs formules. Vérifiez cependant par quels composants ils ont été remplacés. On se tourne sans problème vers des conservateurs naturels comme le sodium benzoate ou les extraits de plantes (romarin, pépin de pamplemousse). En revanche, on évite autant que possible le phenoxyethanol (notamment chez les bébés), le methilthiazolinone ou encore le toluène. Vous l’aurez compris, les parabens sont présents dans de nombreux cosmétiques, pensez donc à bien lire les étiquettes. 


Silicones, sulfates, phtalates…

Autre ingrédient cosmétique dangereux : les silicones. Ces derniers ont pour fonction de former un film à la surface de la peau ou du cheveu, permettant d’apporter un effet lisse et soyeux. Utilisés comme conditionneurs, lubrifiants, émulsifiants et parfois aussi anti-moussants, ils sont également susceptibles d’altérer la fertilité et de contenir des résidus toxiques. Mais ce n’est pas tout. Non biodégradables, ils étouffent la peau et les cheveux, empêchant l’hydratation naturelle. On les reconnaît par leur terminaison en -one ou -ane comme dimethicone, cyclopentasiloxane, etc. Traquez-les dans vos shampooings et autres soins pour cheveux, dans vos crèmes solaires et hydratantes, dans vos BB crèmes, rouges à lèvres et mascaras. Comme alternative, on préfère des huiles végétales (jojoba, argan…), plus saines et respectueuses de la planète.

Les phtalates sont eux aussi considérés comme des perturbateurs endocriniens. D’ailleurs, la plupart sont classés comme substances toxiques pour la reproduction et certains d’entre eux sont interdits en Europe. Mais attention, ils peuvent encore se cacher derrière la mention “parfum” ou “fragrance” car les phtalates permettent de fixer les parfums dans les cosmétiques. On recherche alors des parfums d’origine naturelle où la mention “sans phtalates” est bien indiquée. Les phtalates sont utilisés dans les parfums, les produits capillaires (laques, gels…), les vernis à ongles comme le TPO,  les lotions et crèmes parfumées ainsi que dans le maquillage (fonds de teint, rouges à lèvres…).

 

À noter que tous les ingrédients nocifs pour la santé n’agissent pas forcément sur le système hormonal. Les silicones, par exemple, sont de puissants agents moussants, irritants pour la peau et le cuir chevelu, qui peuvent provoquer sécheresse, rougeurs et démangeaisons. Certains sont également suspectés de toxicité sur le long terme. On les remplace alors par des tensioactifs doux comme le coco-glucoside ou la bétaïne.

Et la liste est longue. Sels d’aluminium, huiles minérales, triclosan, BHA et BHT…

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Une réglementation encore trop light

Vous l’aurez compris, malgré les études et alertes scientifiques concernant les effets nocifs de certains ingrédients, la réglementation reste encore trop laxiste. Prenons le cas du dioxyde de titane. Ce colorant blanc, présenté sous forme de poudre à l’état brut, a été interdit dans les denrées alimentaires en France en 2020, puis dans l’ensemble de l’Union européenne en 2022. Jugé génotoxique, il pourrait endommager l’ADN, surtout sous forme de nanoparticules. Malgré sa dangerosité, le dioxyde de titane reste autorisé à l’échelle non nano dans les cosmétiques, à des concentrations jugées “acceptables”. On le retrouve notamment dans les dentifrices, les rouges à lèvres, les crèmes solaires… 

Cependant, il reste difficile d’établir la taille exacte des particules présentes dans ces produits. En 2019, un laboratoire saisi par l’association Agir pour l’environnement avait mis en évidence la présence de dioxyde de titane à l’échelle nanométrique dans un dentifrice pour enfants de la marque Signal. Or, les nanoparticules de dioxyde de titane peuvent passer directement par les muqueuses de la bouche et se retrouver dans le sang, comme l’explique une étude de l’Inrae datant de 2023.

 

En attendant, c’est donc aux consommateurs de faire attention et de regarder de près la composition de leurs produits. Mais trouver une référence sans aucun ingrédient cosmétique dangereux comme le TPO & Co n’est pas chose aisée, même si de plus en plus de marques naturelles et clean tentent d’y remédier. Pour vous aider à décrypter les formules, prenez l’habitude d’utiliser des applications comme Yuka, INCI Beauty ou Clean Beauty. 

Rappelez-vous que moins il y a d’ingrédients, mieux c’est, et privilégiez les labels bio ou naturels. Enfin, gardez en tête qu’il faut parfois faire peser la balance entre bénéfices et risques. On préfèrera donc porter une crème solaire qui peut contenir une petite quantité d’ingrédient cosmétique dangereux plutôt que de s’exposer sans protection. 

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