LA MODE SOUS INFLUENCE, OU LE RÈGNE DES DIGITAL INFLUENCERS

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On les appelle désormais « influenceuses » ou même « digital fashion entrepreneur ». Hier encore, elles étaient « blogueuses », mais entre Instagram, Snapchat, YouTube, Flickr, Pinterest, Twitter, et leurs sites web bien plus évolués qu’un simple journal en ligne, les canaux de communication et de promotion de leur image personnelle se multiplient. Pour les marques, ce sont des ambassadrices sans frontières aux millions de followers sous influence. Une influence que les blogueuses utilisent différemment : certaines proposent un contenu personnel illustré pour promouvoir ensuite leur propre marque, certaines ont pris le parti de devenir site média et enfin d’autres cultivent leur image pour la rendre plus attractive et donc plus lucrative. Portraits-robots.

La plus girly : Chiara Ferragni

shoelifer-digitalinfluencers-chiaraferragniGenèse : L’étudiante italienne en droit commence à poster ses clichés de looks sur le site lookbook.nu puis Tumblr à l’époque de l’émergence des blogs de streetstyle, au milieu des années 2000. En 2009, elle crée son blog, The Blonde Salad. Epaulée par son ex-compagnon, qui la prend en photo, la manage et la conseille –il est aujourd’hui le General Manager de sa marque–, la jeune femme ultra-photogénique tisse peu à peu sa toile. Lancé comme une plateforme d’expression personnelle, le jeunisme affiché, la candeur, le mix cheap & chic et le côté rose bonbon de l’approche de The Blonde Salad séduisent. En 2012, elle crée sa ligne de chaussures, entre strass et surréalisme, et se voit consacrée en 2014 en couverture du Grazia Italie après avoir été classée parmi les 500 personnalités mode les plus influentes par le très pointu Business of Fashion, avant de rejoindre la liste très prisée de Forbes « 30 under 30 » et de s’offrir la couv’ de Vogue Espagne. Chiara Ferragni, désormais synonyme de marque globale, cumule 6,6 millions de followers sur Instagram pour son compte perso, tandis que The Blonde Salad, son alter-ego digital, affiche 230 000 followers.
Avec huit millions de dollars de chiffre d’affaires en 2015, dont 70% seraient issus de sa marque, on la qualifie de « blogueuse mode la plus puissante du monde ».

ADN ? Une néo-barbie qui décrypte tendances mode et beauté, lieux hype et looks de people. Son blog est devenu un site très complet aux allures de magazine et son équipe compte 16 personnes.

Le plus ? Un shop lié au site qui renvoie directement vers les coups de cœur de l’équipe éditoriale, portés et validés par Chiara herself. Et évidemment le site web marchand de Chiara Ferragni collection où l’on peut s’offrir les accessoires, pièces de prêt-à-porter et souliers kitsch designés par la blogueuse. Son positionnement prix est assez abordable : 270 euros pour le best-seller de la blogueuse, les fameuses Flirting slippers qui font de l’œil. Multipliant les canaux de vente, sa griffe est distribuée par de nombreux e-shops de luxe et boutiques multimarques, ou encore via des pop-up stores comme au Bon Marché, à Paris, en mars 2015.

La plus people : Kendall Jenner

shoelifer-digitalinfluencers-kendalljennerGenèse : Faire partie du clan Jenner-Kardashian a du bon. Nul doute que la célébrité familiale a donné un coup de pouce à la brunette devenue mannequin. Avec ses 65 millions de followers, les marques se l’arrachent. A 21 ans, cette pro de Snapchat est sur tous les podiums depuis 2014 (Marc Jacobs, Givenchy, Chanel…), et s’affiche en couverture du Vogue US en septembre 2016. C’est l’ultime reconnaissance du pouvoir de Kendall Jenner, qui, avec 10 millions de dollars engrangés en 2016, est la troisième mannequin la mieux payée selon Forbes. Son site, www.kendallj.com, est présenté comme un blog, et s’apparente à un moodboard, très sponsorisé toutefois. Ses looks y sont détaillés et on peut avoir un aperçu de ses périples autour du monde. Symbole de la nouvelle génération de digital models, Kendall Jenner est l’exemple même de la primauté du nombre de followers sur la « beauté ». Si les marques cherchaient auparavant des visages, aujourd’hui elles cherchent des chiffres, et sélectionnent leurs ambassadrices en fonction de leur e-popularité. Et de Mango à Balmain en passant par Magnum et Calvin Klein, elle les a toutes prises dans sa Toile.

ADN ? Bling ! C’est la demi-sœur de Kim, et l’amie de Gigi Hadid… Selfies loufoques, vidéos « drôles », elle met en avant la proximité d’une égérie accessible. Côté mode, Kendall maitrise les tendances, en particulier le cropped top.

Le plus ? Véritable Vis ma vie, son site–ainsi que ses diverses extensions sur les réseaux sociaux– est un véritable magazine people à lui tout seul. Kim&Kanye, Gigi, Cara et autres copines célèbres y font de régulières apparitions. A part ça…

La plus chic : Kristina Bazan

shoelifer-digitalinfluencers-kristinabazanGenèse : La « digital it girl » suisse au visage poupin s’est positionnée en quatre ans comme experte du luxe. Kristina Bazan est repérée et mise en avant par le Vogue nippon en 2012, quelques mois après le lancement de son blog Kayture, qu’elle a su monétiser, notamment grâce à diverses collaborations avec des marques (Louis Vuitton, Piaget, Cartier). La vaudoise d’origine biélorusse sait à qui parler –elle a 25% d’Helvétiques dans son lectorat–, et comment en parler. « L’objectif de Kayture.com est de faire rêver […]. Etre coquette et matérialiste, c’est propre à mon univers. Mes lecteurs sont libres de juger, de s’en inspirer ou non. Leurs achats ne relèvent pas de ma responsabilité » expliquait-elle en 2013. Elle totalise aujourd’hui 2,4 millions de fans sur Instagram, un chiffre impressionnant pour la jeune femme de 22 ans à peine, désormais égérie L’Oréal.

ADN : Elle se veut créative, artiste dans l’âme, et se lance même dans la chanson … Son style ? Entre glamour et sensuel, mis en scène dans des clichés aux allures d’éditos mode. Un chic très européen, une sophistication revendiquée.

Le plus ? « Comment survivre à un long courrier », comment s’habiller pour telle ou telle occasion : pour celles qui ont la même vie de princesse que Kristina, son site est un véritable guide de survie.

La plus pointue : Miroslava Duma

shoelifer-digitalinfluencers-miroslavadumaGénèse : 1,4 millions de followers sur Instagram et un site média, buro247.me, ultra crédible, fondé en 2011 avec la vocation de prodiguer des informations mode, beauté, culture et lifestyle 24h/24 et 7j/7. Rédactrice mode côtoyant les grands noms du business, la Moscovite a un sens du style unique, avec une tendance à l’excentricité. Remarquée par Garance Doré et The Sartorialist via leurs sites de streetstyle, elle est sacrée par BoF comme faisant partie des 500 personnalités les plus influentes de la mode, et Vogue Paris la décrit comme l’entrepreneur digital la plus connectée de la planète fashion.

ADN ? Miroslava Duma est une business woman avant d’être une icône mode. Son approche est hyper rationnelle : se servir de son aura pour créer un média expert en termes de design, mode, lifestyle, culture et joaillerie.

Le plus ? L’œil averti de Miroslava Duma est garant d’un point de vue mode vraiment pointu.

La plus subversive : Leandra Medine

shoelifer-digitalinfluencers-leandramedineGenèse : En 2015, The Man Repeller comptabilise 15 millions de visites par mois. Derrière ce chiffre énorme, Leandra Medine, une américaine apprentie journaliste qui fonde ce blog en 2009 sur le principe que la mode est une affaire de femmes, les hommes étant hermétiques aux audaces fashion. Sa recette ? Un mix de dérision, de satire et un vrai sens de l’écriture et de la mode, qui lui valent la consécration : son blog est ainsi classé par le Time, en 2012, parmi les 25 meilleurs du monde. Et en 2015, elle tweete au nom de Louis Vuitton durant tout un défilé et collabore avec Zara.

ADN ? L’irrévérence ! Une marque de fabrique qui fonctionne en dédramatisant la mode.

Le plus ? Prescrire, conseiller, délivrer de vrais avis mode tranchés avec une véritable ironie, c’est le défi relevé par The Man Repeller, qui est de fait ultra-agréable à lire et foncièrement différent.

La plus rock : Rumi Neely

shoelifer-digitalinfluencers-rumineelyGenèse : Lancé en 2007, Fashion Toast est l’un des pionniers des blogs de mode. Mises en scène, poses de pro, Rumi Neely et sa silhouette de mannequin se démarquent vite. En parallèle, la jeune femme propose des tee-shirts vintage à la vente sur e-bay, ce qui présage de son ambition finale. Après de multiples collaborations, 5 millions de vues par mois, et 700 000 followers, elle crée sa propre marque Are You Am I en 2014, compilant les basiques de son style à la cool très apprécié par ses fans. Elle propose ainsi des robes nuisettes et des tee-shirts en coton fin et des bijoux, entre 80 et 900 dollars –avec une moyenne de 200$–, vendus sur son site mais aussi dans des boutiques à Los Angeles.

ADN ? Son blog est devenu la vitrine des modèles dont elle est la directrice de création. Ses posts sont majoritairement des odes à sa photogénie plus que des conseils de mode.

Le plus ? Un univers fort, un vrai espace d’inspiration pour les amateurs de néo-grunge et de la mode des 90’s tout en sensualité.

La plus solaire : Kenza Zouiten

shoelifer-digitalinfluencers-kenzazouitenGenèse : Avec 1,5 millions de followers sur Instagram, la Maroco-Suédoise Kenza Zouiten est la bloggeuse la plus influente de Scandinavie. Le site www.kenzas.se, lancé il y a sept ans, lorsque la jeune modèle / entrepreneur / créatrice / bloggeuse / présentatrice TV n’avait que 15 ans, met en avant ses choix mode. De multiples distinctions plus tard, elle est envoyée aux JO de Rio par Adidas. La jeune femme, au physique – il faut le souligner– très avantageux, imagine en 2013 Ivy Revel, marque de prêt-à-porter dont elle est la première égérie. Avec des prix très abordables (800 dirhams environ pour une robe), la marque est vendue via un e-shop consacré et disponible dans toute l’Europe, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, à Singapour et Hong Kong. Définie comme une maison de mode 100% digitale pensée pour une génération (la génération Z), prônant l’innovation technologique avec un Fashion Tech Lab, elle est soutenue par le géant suédois H&M qui y a investi ainsi que par Paypal, partenaire de la jeune griffe.

ADN ? Du pur blogging, à savoir conserver l’apparence d’un journal intime d’ado avec des clichés HD où la jeune femme joue de sa silhouette aux mensurations parfaites. Brushing soigné et cils interminables, Kenza Zouiten est un peu une poupée 2.0 qui fait rêver les filles.

Le plus ? Le combo marques de luxe + marques mainstream permettent de repérer quelques trouvailles. Le reste encourage à continuer –ou reprendre– son régime.

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