CIGARETTE ÉLECTRONIQUE, GUMMIES, CBD… EFFICACES ET SANS DANGERS?

cigarette électronique

Dans un quotidien mené tambour battant, on est de plus en plus nombreux à s’accorder des pauses bien-être, à prendre soin de nous. Pour nous aider, une pléthore de moyens naturels, mais aussi de nouvelles tendances, à l’instar de la cigarette électronique Wpuff, des compléments alimentaires gummies, ou encore des produits au CBD, qui font de plus en plus parler d’eux. Mais pas forcément pour les bonnes raisons. Le bien-être, oui, mais à quel prix ?

Le secteur du bien-être ne connaît pas la crise. Véritable mine d’or, ce marché, qui pesait près de 4 200 milliards de dollars en 2019, ne cesse de croître. Une tendance qui s’est accentuée depuis l’irruption de la pandémie et des confinements. En 2021, le cabinet américain McKinsey mène une étude auprès de 7500 consommateurs dans 6 pays différents (Allemagne, Chine, Brésil, États-Unis, Japon et Royaume-Uni) : 79% des personnes interrogées considèrent le bien-être comme un critère important. 42% d’entre eux le qualifient même de priorité absolue. Sans surprise, c’est le bien-être lié à la santé qui arrive en tête des préoccupations. Et pour répondre à cette demande, les entreprises rivalisent d’ingéniosité. Parmi les nouvelles tendances, la cigarette électronique, notamment la toute récente WPuff”, qui permettrait aux fumeurs de se sevrer graduellement. Ou encore les bonbons-compléments alimentaires destinés à stimuler la croissance des cheveux, améliorer le sommeil ou renforcer les défenses immunitaires. Enfin, le CBD, aux propriétés antistress ou antidouleurs. Mais ces 3 exemples (parmi tant d’autres) ne sont pas sans risques. On fait le point.


De la cigarette électronique…

La cigarette électronique, vous connaissez. Cela fait déjà plusieurs années que ce gadget a envahi notre quotidien. Apparue en 2005 en France (elle ne sera disponible au Maroc qu’à partir de 2013), la cigarette électronique connaît un véritable boom dans les années 2010, faisant de plus en plus d’adeptes au fil des ans. L’objet s’impose en effet comme le moyen idéal pour mettre un terme à la dépendance à la cigarette classique en offrant la possibilité de doser soi-même sa teneur en nicotine. Le succès est tel qu’on en trouve aujourd’hui en vente à tous les coins de rue. Pourtant, de nombreux experts ne cessent d’alerter sur les dangers de la cigarette électronique. Ainsi, il semblerait que des substances cancérigènes, comme le formaldéhyde, y seraient parfois plus présentes que dans des cigarettes classiques. Une étude menée par l’Université de Boston en janvier 2015 démontre même que, surchauffée, une vapoteuse serait 5 à 15 fois plus toxique qu’une cigarette normale. En 2020, c’est au tour de l’OMS de pointer le succès de la vapoteuse auprès des adolescents. Des alertes qui n’ont pas l’air d’inquiéter les consommateurs qui se rassurent en se tournant parfois vers des cigarettes électroniques à 0% de nicotine ou faiblement dosées. Le danger? Commencer à vapoter pour suivre un effet de mode, jusqu’à tomber dans le tabagisme.

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…À la Puff!

C’est le problème que pose notamment la Wpuff, cette mini-cigarette électronique jetable nouvelle génération, qui fait un carton en France. La raison de son succès ? Un goût qui rappelle les bonbons (fraise, pastèque, pêche…), un design coloré et attrayant, un prix attractif (entre 8 et 12 euros) mais surtout un faible dosage en nicotine (de 0% à 1,7%). Et c’est auprès des collégiens et des lycéens que cette cigarette électronique fait le plus de ravages. Tendance dans les cours d’école, la Puff est pourtant interdite aux mineurs. Malheureusement, n’importe quel jeune peut aujourd’hui se la procurer, dans un bureau de tabac ou sur Internet. Si sa consommation est problématique, ce n’est pas tant à cause de sa teneur en nicotine mais de la façon dont on va l’absorber. “On est sur un produit sur lequel on va pouvoir tirer très fort, très vite. Et en l’espace d’une seconde, la nicotine passe de la cigarette électronique au cerveau, créant alors rapidement une dépendance”, explique ainsi Loïc Josseran, Président de l’Alliance contre le tabac, dans un reportage-vidéo du média français Le Parisien. Il rappelle aussi que l’on ne connaît pas encore les effets sur le long terme des e-liquides.


La folie des gummies

Après la cigarette électronique, voilà un autre produit qui fait débat chez les spécialistes de santé : les gummies. Venus des États-Unis, ces bonbons gélatineux sont en réalité des compléments alimentaires. Incorporant des extraits de plantes, des vitamines et des minéraux, mais sans gluten, arômes artificiels et colorants, les marques de gummies revendiquent leurs nombreux bienfaits. Ils amélioreraient les troubles digestifs, lutteraient contre les troubles du sommeil, renforceraient le système immunitaire, soigneraient les problèmes de peau ou pallieraient certaines carences en vitamines. Le tout sous une forme agréable. Car c’est leur allure de bonbons, bien éloignée des traditionnelles gélules ou comprimés effervescents, qui attire. Le succès est tel que le secteur des gummies devrait atteindre un taux de croissance annuel de 8,40% et générer un chiffre d’affaires de 7,15 milliards de dollars en 2025


Une composition pas si saine

Pourtant, le monde des gummies n’est pas tout rose. Si l’on regarde attentivement les étiquettes, on se rend compte que leur teneur en vitamines est parfois bien inférieure aux médicaments classiques. Notamment dans le cas des vitamines B5 et B8, nécessaires à la beauté des cheveux, des ongles et de la peau. En revanche, leur teneur en sucre est, elle, non négligeable puisqu’ils contiennent du sirop de blé, sirop de glucose ou encore du sucre de canne. Si vous êtes diabétique, ou que vous suivez un régime alimentaire où le sucre est proscrit, les gummies ne sont pas faites pour vous. Certes, ces compléments alimentaires nouvelle génération permettent d’arriver facilement au bout d’une cure, mais ils présentent également un risque de surdosage: on peut être tenté d’en consommer plus que nécessaire. Or un excès de vitamines n’est jamais bon pour la santé. Enfin, certains spécialistes s’accordent sur le fait que les vitamines A et C ont besoin d’être protégées par un enrobage (comme dans les compléments alimentaires traditionnels) pour être réellement efficaces, ce qui n’est pas le cas des gummies.

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Le CBD : nouvelle source naturelle de bien-être ?

Autre tendance bien-être qui suscite la controverse : le CBD. Souvenez-vous, on vous en parlait il y a quelques mois. Extrait des fleurs de cannabis, le CBD ou cannabidiol est un cannabinoïde qui, contrairement au THC (présent dans le haschich ou la marijuana), n’a pas d’effet psychoactif. En clair, le CBD ne fait pas “planer”. En revanche, cette molécule possède des propriétés relaxantes, anxiolytiques et n’entraîne pas de dépendance. Du coup, le CBD permettrait, entre autres, de lutter contre le stress, de soulager migraines et autres maux, notamment les règles douloureuses, mais aussi de faciliter l’endormissement. Cependant, aujourd’hui, « la seule indication validée scientifiquement du CBD concerne les épilepsies résistantes aux médicaments” précise le psychiatre Nicolas Authier dans les colonnes du Figaro Madame. Et, même s’il est vendu librement en Europe, la législation entourant le CBD reste floue, notamment en France. Les marques en jouent et proposent une multitude de produits contenant cette molécule: huiles, boissons, chocolats et surtout, cosmétiques. Riche en nutriments, en vitamines et en antioxydants, l’extrait de chanvre stimule la production de collagène, raffermit la peau, hydrate et apaise l’épiderme, purifie les peaux à tendance acnéique… 

Autant dire que le marché du CBD se porte très bien. En France, il pèse près de 150 à 200 millions d’euros et pourrait atteindre le milliard en 2023. Mais là encore, la consommation de CBD n’est pas sans dangers. Tout d’abord, ce dernier pourrait perturber l’action des antidépresseurs, des contraceptifs oraux ou encore des médicaments agissant sur la thyroïde. De plus, en cas de consommation excessive, l’extrait de chanvre peut causer des troubles digestifs, provoquer un état de somnolence ou encore, dans de rares cas, affecter le foie. Comme les gummies, le CBD ne doit donc pas être utilisé à tort et à travers.

On l’aura compris, en termes d’innovations, le bien-être a fait du chemin. Pour autant, tout n’est pas bon à prendre. Il faut toujours se renseigner sur la composition des différents produits, leurs effets et ne pas hésiter à s’adresser à un professionnel afin de s’assurer que ces derniers sont adaptés à nos besoins.

Photo (c) Marzook.

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