SOIN ESTHÉTIQUE : ON FAIT QUOI ET À QUEL ÂGE ?

SOIN ESTHÉTIQUE : ON FAIT QUOI ET À QUEL ÂGE ?

Y a-t-il un soin esthétique à privilégier en fonction de chaque tranche d’âge ? Quand commencer pour prévenir au mieux le vieillissement cutané ? Et à quel moment envisager le lifting ? On fait le point avec Fatima Zahra Oumiddoch, dermatologue à Casablanca.

Choisir un soin esthétique adapté à son âge, oui, mais lequel ? Il est difficile de donner une réponse précise car il n’existe pas de norme. En effet, ce n’est pas tant le nombre des années qui importe, mais plutôt l’état de la peau et les problématiques qu’elle présente. Toutefois, la patientèle semble rajeunir. En effet, les 18-34 ans sont de plus en plus demandeurs de soins esthétiques pour améliorer l’apparence de leur peau et prévenir les rides et ridules

Ils sont d’ailleurs plus nombreux que les 50-60 ans à fréquenter les cabinets spécialisés pour bénéficier de séances de laser, de lumière pulsée, d’injections d’acide hyaluronique et même de Botox. En cause ? Les réseaux sociaux et les nombreux filtres utilisés quotidiennement par la Gen Z qui ont tendance à engendrer des complexes. Pour autant, prendre soin de sa peau dès la vingtaine n’est pas une mauvaise chose en soi. Encore faut-il opter pour le bon soin esthétique.


À partir de 20 ans

Quel que soit l’âge, la base de toute routine de soin c’est nettoyer, hydrater et protéger”, annonce d’emblée Fatima Zahra Oumiddoch. Entre 20 ans et 30 ans, la peau est encore élastique, ferme et tonique. On peut alors se contenter d’un nettoyage du visage matin et soir à l’aide de produits adaptés. Si notre peau est normale à sèche, on privilégie des traitements doux. À l’inverse, si l’on a une peau grasse ou acnéique, on peut se tourner vers des gels plus exfoliants qui agissent en profondeur. 

La phase d’hydratation est très importante. À 20 ans, on va choisir des soins et des sérums légers, enrichis en acide hyaluronique. Il ne faut pas mettre trop de crèmes riches car la peau est généralement bien nourrie. Enfin, on n’oublie pas la photoprotection, qui est primordiale, explique la dermatologue. C’est généralement l’âge des excès mais les conséquences d’une exposition sans crème solaire apparaîtront dès la trentaine.” Bien évidemment, une bonne hygiène de vie est également nécessaire pour retarder au maximum le vieillissement cutané. On évite la consommation d’alcool et de cigarette, on dort suffisamment, on mange sainement et on pratique régulièrement une activité sportive

Quid des injections dont les jeunes sont de plus en plus friands ? “Personnellement, je ne fais pas d’injections d’acide hyaluronique ou de Botox à des filles de 20 ans. Je trouve que c’est trop jeune. En revanche, on peut faire un peu de mésothérapie si elles souhaitent s’offrir un coup d’éclat avant un événement important par exemple. Il s’agit de micro-injections de complexes comprenant des vitamines, de l’acide hyaluronique et d’acides qui ont un effet hydratant. Les personnes dont la peau sécrète beaucoup de sébum peuvent, elles, opter pour un peeling superficiel afin de réduire les brillances”

La luminothérapie est également un soin esthétique non nocif qui peut être utilisé dès la vingtaine. “Les LED sont intéressants s’ils sont utilisés en complément d’une autre technique. Seuls, ils n’ont pas beaucoup d’intérêt. On peut par exemple utiliser la luminothérapie après un peeling pour éviter que la peau ne rougisse trop et qu’il y ait un effet rebond, pouvant provoquer des taches”, suggère décrit la médecin. Enfin, l’hydrafacial, qui permet un nettoyage de peau en profondeur, ne présente lui non plus aucune contre-indication. À condition de le faire chez un médecin et non une esthéticienne.

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À partir de 30 ans

À la trentaine, les étapes de notre routine quotidienne restent les mêmes. Cependant, il est conseillé d’utiliser des produits plus ciblés. Notamment des crèmes contenant de l’acide hyaluronique d’un poids moléculaire plus important qui pénètre plus en profondeur dans la peau. On ajoute également un sérum à la vitamine C que l’on applique tous les matins pour unifier et illuminer le teint. “La trentaine selon moi, c’est le moment où il faut commencer les injections. C’est en effet à ce moment-là que les premières ridules apparaissent et cela permet d’éviter que les rides se creusent et marquent trop”, préconise Fatima Zahra Oumiddoch

“Bien sûr, il est normal d’avoir des rides d’expression, poursuit la dermatologue. Mais si elles sont toujours là au repos, lorsqu’on se regarde dans le miroir le matin au réveil, cela signifie qu’il est temps de commencer”. Vous l’aurez compris, injecter avant d’avoir des rides pour éviter qu’elles n’apparaissent ne présente aucune utilité. “On ne va pas injecter sur un visage où il n’y a rien”, confirme la spécialiste. 

 

Pour rappel, le Botox a pour effet de figer, il permet donc de traiter les rides d’expression. Les résultats sont visibles 4 à 6 mois, avant que le produit ne disparaisse totalement. À l’inverse, l’acide hyaluronique est un produit de comblement. On l’utilise pour remplir les creux qui se sont formés sur le visage, par exemple au niveau des sillons nasogéniens, des joues ou des paupières. Ici, l’effet dure généralement 10 à 12 mois. 

Il y a des personnes qui enchaînent les injections, dès que l’effet n’est plus visible. Moi j’aime bien que mes patientes laissent un peu leurs muscles retravailler un ou deux mois avant de refaire une injection. Le Botox agit en effet sur les nerfs qui vont faire que le muscle ne va plus se contracter. Mais à force, le cerveau oublie la fonction de ce muscle. Il ne faut donc pas en abuser et attendre que les rides traitées commencent de nouveau à apparaître légèrement avant de réinjecter”, met en garde Fatima Zahra Oumiddoch. 

Pour stimuler la régénération cellulaire et la production de collagène, il est aussi possible de faire des peelings aux acides de fruits, du laser ou encore de la radiofréquence.


À partir de 40 ans 

Généralement, le relâchement cutané apparaît à la quarantaine. Le taux d’œstrogènes diminue, ce qui impacte l’élasticité de la peau et le collagène. Pour y remédier, il faut ajouter à sa routine de soins des céramides ainsi que du rétinol le soir,  si on ne fait pas d’allergie. Par contre, le rétinol avant 40 ans n’a pas vraiment d’intérêt. Si l’on a des taches, on intègre également une crème éclaircissante”, détaille Fatima Zahra Oumiddoch. Bien entendu, on peut continuer à faire des injections d’acide hyaluronique et de Botox en fonction de nos besoins. Le peeling chimique ou encore le laser CO2 sont également des options efficaces pour améliorer le grain de peau et atténuer les signes de l’âge. 

 

En revanche, 40 ans est encore jeune pour penser à faire un lifting. “Il vaut mieux attendre la cinquantaine avant d’opter pour une chirurgie, à part si l’on a une peau très tombante. Par exemple, les personnes qui étaient en surpoids, qui ont beaucoup maigri et qui sont sûres qu’elles ne vont pas regrossir peuvent commencer avec des mini-liftings. Mais ce sont vraiment des indications spécifiques”, explique la dermatologue.

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À partir de 50 ans et plus

Vous l’aurez compris, c’est à partir de la cinquantaine que l’on peut réellement se poser la question de la chirurgie esthétique. D’autant que les techniques actuelles ont grandement évolué et offrent aujourd’hui des résultats plus naturels, non tirés. “Il faut savoir qu’au-delà de 65 ans, parfois même avant chez certaines personnes, aucune technique de médecine esthétique n’offre de bon résultat. Les rides sont trop marquées, les creux sont trop profonds, il y a beaucoup de cassures au niveau du visage. Chaque soin esthétique ne sera alors efficace qu’à 50 voire 60%. À ce moment-là, la chirurgie s’avère être la meilleure solution”, affirme Fatima Zahra Oumiddoch. 

Mais avant d’en arriver là, vous pouvez poursuivre les injections, les peelings ou le laser. Il est également possible d’agir sur le relâchement cutané avec de la radiofréquence bipolaire couplée à de la luminothérapie.

Enfin, concernant les fils tenseurs, Fatima Zahra Oumiddoch n’est pas très friande de ce soin esthétique. “Les fils tenseurs créent une inflammation et donc une fibrose qui a pour effet de tendre la peau. Sauf que le jour où la patiente souhaite passer à la chirurgie, ces fibroses sont difficilement rattrapables par le chirurgien et sont compliquées à travailler. De plus, il faut souvent mettre beaucoup de fils sur chaque zone du visage et ça chiffre rapidement.” 

 

De manière générale, il faut garder en tête que chaque cas est différent et que selon l’état de sa peau, il est possible de commencer un traitement spécifique plus ou moins jeune. Faites-vous toujours accompagner par un(e) dermatologue ou un chirurgien(ne) esthétique. Il ou elle pourra vous conseiller le meilleur soin esthétique à adopter en fonction de vos besoins.

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Photo (c) : FMD

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