ON A INTERVIEWÉ CAMÉLIA BOUAZZAOUI, PAYSAGISTE À CASABLANCA

paysagiste à casablanca

Pour prolonger les vacances, rien de tel que de flâner dans un beau jardin et de bouquiner à l’ombre de ses majestueux palmiers. Encore faut-il avoir la main verte… ou se décider (enfin) à déléguer sa conception à un professionnel. Camélia Bouazzaoui, paysagiste à Casablanca, nous dit tout de ce métier-passion. 

Réaliser des jardins d’exception, c’est la passion de Camélia Bouazzaoui. À 44 ans, la jeune femme exerce en tant que paysagiste à Casablanca depuis près de 18 ans. Passionnée par les plantes depuis toujours, elle se consacre à la création d’espaces verts luxuriants, poétiques et élégants à travers le royaume. Parcours, évolution de la profession, tendances actuelles et conseils de pro… Rencontre avec une artiste au prénom prédestiné.


D’où vous vient cet amour des plantes ? 

La passion des jardins fait partie de l’ADN de ma famille. Nous avons grandi bercés par l’amour des plantes et de la nature. Lorsque j’étais au collège, ma mère s’est installée en tant que décoratrice florale, une des premières sur le marché au Maroc. Devenir paysagiste était donc pour moi une évidence.


Comment êtes-vous devenue paysagiste ?

Je suis arrivée en France à la fin du collège : après un secondaire spécialisé en agronomie, environnement et travaux paysager, j’ai intégré l’École supérieure d’architecture des jardins et du paysage de Paris (ESAJ), qui forme aussi bien au grand paysage qu’à l’aménagement des territoires urbains. J’en suis sortie, au bout de quatre années d’études, avec le statut d’ “architecte paysagiste”. À la fin de mon cursus, en 2004, je suis rentrée au Maroc où j’ai créé mon propre cabinet – l’Atelier de paysages LD. J’ai commencé à exercer tout de suite sur un projet immobilier à Marrakech en collaboration avec un cabinet d’architectes de renommée internationale. Petit à petit, mon activité s’est développée grâce au bouche-à-oreille. Cela va bientôt faire 18 ans que j’exerce en tant que paysagiste à Casablanca.


Sur quels types de projets avez-vous travaillé ? 

J’ai débuté par de grands projets de parcs et de complexes immobiliers, avant de me tourner vers les hôtels, les universités, les cliniques mais aussi la conception des jardins de particuliers. Aujourd’hui je fais de tout : aussi bien de l’urbain, pour de grandes noms de la place, que du jardin privatif.

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Et du côté des architectes ? 

Pour les projets de type hôtel, complexe immobilier, université et grands concours, je collabore tant avec des architectes nationaux qu’avec des cabinets internationaux ou avec des consortiums mixtes. Lorsqu’il s’agit de jardins de particuliers, j’ai beaucoup de plaisir à collaborer avec les grands architectes du Royaume mais aussi avec les jeunes architectes montants et extrêmement talentueux, que ce soit pour des propriétés et villas de grandes superficies ou pour des petites surfaces, loft ou duplex.


Qu’est-ce qui a évolué au fil des ans dans votre métier ?

La collaboration et le partage se sont multipliés avec le temps pour donner naissance à un style paysager dont les résultats proviennent d’expériences internationales, de traditions locales, d’art et d’artisanat… En effet, j’ai pu ces dernières années multiplier les partenariats avec les architectes d’intérieur, les décorateurs et les artisans tant pour l’inspiration que pour la création de mobilier, l’aménagement de piscine, ou les choix de revêtements.


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Et avec le Covid ? 

Nous avons connu un ralentissement sévère de nos activités dû au confinement, et certains de nos projets ont été mis en pause. Mais progressivement, notre clientèle de particuliers a compris l’importance vivre pleinement dans ses espaces extérieurs. Nous avons donc été sollicités par de nombreux clients pour de nouvelles conceptions ou pour des réhabilitations de jardins. Certains clients continuent à opter pour des prestations classiques (conception paysagère et suivi de travaux) tandis que d’autres nous ont poussés à développer les prestations clés-en-main. Le vert est devenu tendance car le Covid nous impose de nous recentrer sur nos intérieurs et extérieurs.


Qu’est-ce que vous aimez dans votre métier ? 

C’est un véritable métier-passion, si vous n’êtes pas mordus, ne le faites pas ! Ce que j’aime, c’est que je ne m’ennuie pas : je ne fais jamais deux fois la même chose. Même quand une cliente me demande de répliquer le jardin que j’ai fait pour son amie un an auparavant, j’en suis incapable. Certes, on peut garder la même palette végétale d’un jardin à l’autre, mais il ne sera jamais identique. Chaque projet est conçu sur-mesure pour correspondre au client et donc, aucun ne se ressemble. J’aime changer tout le temps de style. Et puis, bien sûr, j’aime la rencontre avec les clients, certains sont d’ailleurs devenus des amis. Créer un jardin pour quelqu’un, c’est aussi rentrer chez lui, dans son intimité, forcément, ça crée du lien.  


Combien coutent les services d’un paysagiste à Casablanca ? 

Cela dépend vraiment du projet, de son échelle et des désirs du client. Pour un jardin particulier de taille moyenne, cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers de dirhams. Et en termes de timing, pareil, cela peut prendre 3 semaines comme aller jusqu’à 6 mois. 

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Quelles tendances se dégagent actuellement au Maroc ? 

En ce moment, la tendance est vraiment à l’exotisme. On trouve de très belles espèces provenant de pays tropicaux  comme l’arbre du voyageur, les flamboyants ou les frangipaniers… On a aussi de très belles cactées avec un large choix d’agaves, d’echeveria et de sédums. J’aime la fusion et le contraste de styles provenant du subtil mélange de palettes végétales.


Pour finir, quel est votre conseil d’experte pour avoir un beau jardin ? 

Il n’y a pas de secret, un beau jardin est un jardin bien entretenu. Vous pouvez mettre n’importe quel budget dans la création de votre jardin, mais si vous ne prenez pas soin de vos plantes, ça revient à mettre de l’eau dans le sable. Bien sûr, la base du jardin est essentielle (une terre de bonne qualité, de bons engrais, le choix et la provenance des plantes…) pour permettre aux plantes de prendre racine, mais il faut aussi réaliser des traitements phytosanitaires. Il est impératif d’entretenir son jardin et ses plantes de manière régulière pour qu’ils évoluent et s’épanouissent. La nature est mouvante, vivante, et il faut donc l’accompagner au fur et à mesure. 

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Camélia Bouazzaoui
+212 6 61 15 01 01
[email protected]

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