HUMEUR : LES POLÉMIQUES INUTILES, WILL SMITH, LA CENSURE ET MOI

will smith

L’année 2022 ? On peut dire qu’elle me fait déjà monter la moutarde au nez. Autour de moi, les polémiques et autres débats inutiles fleurissent comme les épiceries fines. Et la désormais célèbre gifle de Will Smith lors la dernière cérémonie des Oscars n’a pas arrangé les choses… Résultat, en l’espace de quelques mois, j’ai accumulé plus de sujets de fâcheries avec mon entourage que lorsque j’étais confinée avec Bae. Mais qui a tort et qui a raison ? Entre apologie de la controverse et devoir de censure, j’avoue ne plus savoir à quel discours – humour – me fier. L’humeur (partagée) du mois, c’est par ici. 

Pour ou contre ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. Celle qui implique de commenter à coup de punchlines et d’arguments bien sentis tous les événements qui agitent notre société sclérosée. Tout y passe, rien n’est épargné. De la dernière story de Britney, en passant par la géopolitique pharmaceutique, jusqu’à la santé mentale de Will Smith… Depuis quelques mois, mon fil d’actualité ressemble à un ring de boxe thaï où s’affrontent en continu, via écrans interposés, des polémiques poisseuses. Et dans ce monde où les étiquettes nous collent vite à la peau, j’ose me demander : “Et si, finalement, dans la vie tout n’était pas forcément noir ou blanc” ? 


La réalité ne se résume pas en un tweet

Tout a commencé avec les vaccins. Quand, soulagée de pouvoir à nouveau reprendre ma vie en main, j’ai dû faire face à une nouvelle espèce de détracteurs : les antivax. Ne vous méprenez pas, pour moi l’arrivée du vaccin n’a été qu’une opportunité de faire enfin ce qui me plaisait. Mais n’est pas Will Smith qui veut. Que nenni, j’ai déchaîné les foudres des antivax qui n‘ont pas tardé à me traiter “de mouton” suivant allègrement “le troupeau avec des œillères”. Jusqu’à ma propre sœur qui a jugé bon de m’envoyer tous les matins une vidéo conspirationniste dans le but de “réveiller ma conscience”. Soit. Si je ne suis pas contre les arguments avancés par des docteurs en blouse (presque) blanche, j’ai fini par lui dire mon exaspération d’être submergée par tant de sollicitude –hum, fake news alambiquées. Résultat, une engueulade mémorable. Nous ne sommes pas parlé pendant deux mois. Après une pandémie entière à rêver de retrouvailles et d’embrassades familiales, j’ai réalisé que ce petit jeu allait décidemment trop loin. Mais pourquoi voulons-nous toujours avoir raison à tout prix? Ne peut-on décemment pas garder nos idées pour nous afin de tenter de créer un monde meilleur? Et puis, si on devait expliquer à toutes les personnes de notre entourage à quel point elles sont bornées, on n’en aurait jamais fini, vous ne croyez pas ? C’est promis, on ne m’y reprendra pas.


Vous prendrez bien un peu de politique au dessert ?

Quelques mois après être sortie de cette polémique de l’enfer, l’actualité m’a finalement rattrapée. Fini le débat sur les vaccins, place aux présidentielles de 2022. Macron, Hidalgo et l’affreux Zemmour se sont ainsi copieusement invités dans les conversations de mes dîners entre amis. Et malgré mes tentatives d’éviter le sujet, la situation a évidemment dégénéré. Comme des animaux avides de sang alimentés par les chaînes d’information à scandale, deux messieurs bien sous tous rapports ont commencé à se jeter des verres à la figure et à vouloir s’étrangler. La baffe de Will Smith le week-end dernier ? C’était très peace and love, en comparaison. Le sujet ? Un soi-disant tweet de Zemmour. Bref, un samedi soir lambda à AnfaSup qui a fini aux urgences pour une histoire de politique. Française qui plus est. Mais comment en sommes-nous arrivés là ? 


Quand il n’y en a plus, il y en a encore

On en serait encore là si la guerre en Ukraine n’avait pas éclaté. Malheureusement, cette terrible actualité a engendré un nouveau terrain –miné. Car elle a poussé par la même occasion quelques politologues autoproclamés à annoncer sur tous les réseaux qu’ils “comprenaient les motivations de Poutine”. Je ne rentrerai même pas dans les arguments énoncés, les relations internationales restent un jeu de pouvoirs auquel personne n’est invité à participer, sauf les grandes puissances économiques. N’empêche que certains auraient bien mérité un petit Will Smith dans la figure… Parce que oui, face à l’horreur, on ne peut pas se permettre de dire “oui mais” à tout bout de champ. Surtout quand, cerise sur le gâteau, ils n’hésitent pas à ponctuer leur discours de : “je ne suis pas pour la guerre”. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait un peu penser à l’hypocrite du bureau qui me glisse dès qu’il en a l’occasion ne pas comprendre la raison de mon travail, avant d’ajouter “attend, il ne faut surtout pas le prendre pour toi”. Pour la clairvoyance et la sincérité, on repassera. 


Le ying et le yang 

Tout ça nous emmène naturellement à la dernière polémique en date : Will Smith qui, dans un accès de furie (folie ?), a “slapé” en pleine face l’humoriste Chris Rock pour avoir comparé le crâne (magnifiquement) nu de sa femme à la prestation de l’actrice Demi Moore dans G.I Jane. Craquage complet ? Honneur bafoué ? Buzz manigancé ? J’avoue que là, je suis restée sans voix et que le débat continue toujours de faire rage en moi. Premièrement, en passant, pour avoir vu le film en question, l’ex de Bruce Willis y incarne une soldate bad ass des plus sexy. Je dis ça, je ne dis rien. Secundo, le “Prince de Bel-Air” aurait dans un premier temps ri, avant de décider que ce petit discours méritait une bonne claque en public devant des milliers de téléspectateurs. Tertio, Jada Pinkett Smith n’est pas victime d’un cancer mortel mais bien d’une maladie auto-immune lui faisant perdre sa pilosité… Pas cool pour autant, me direz-vous. Le revirement final ? L’acteur a fini par fondre en larmes avant d’annoncer quelques jours plus tard sa démission de l’Académie. Statu quo donc ?


Que la force soit avec nous

Non, les camps s’affrontent encore et toujours. D’un côté les “on ne peut plus plaisanter de rien” ou « “voilà comment agit un gentleman quand on le pousse trop”. De l’autre ceux qui dénoncent une “masculinité toxique”. Pas vraiment de quoi nous faire dédramatiser, donc. Mais la vraie question serait peut-être : à qui devrait s’appliquer la censure dans ce drame hollywoodien ? À Will Smith qui aurait dû savoir se contenir ? À Chris Rock et sa langue bien pendue qui ne devrait pas jouer avec les femmes des autres ? Ou à nous qui polémiquons à nouveau ? La seule finalité de cette histoire tirée par les cheveux (ou pas, d’ailleurs), c’est que nous avons désormais un sujet tout frais pour animer les prochaines, longues, très longues, soirées de ramadan sans passer par la case Netflix. Et si vous avez toujours peur de vous ennuyer, ne vous inquiétez pas, rappelez-vous qu’un bon drama en cache toujours un autre. Sur ce, ramadan moubarak à tous. 

Par Sarah Kroche.

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