CES 5 ARTISTES MAROCAINS QUI SÉDUISENT LE MONDE

CES 5 ARTISTES MAROCAINS QUI SÉDUISENT LE MONDE

Photographe, styliste, chorégraphe… On se les arrache à l’international. Les artistes marocains séduisent bien au-delà des frontières du royaume. Leur secret ? Une créativité qui marie souvent traditions marocaines et influences globales. 


Sidi Larbi Cherkaoui à la conquête de Paris

Il a fait sensation en novembre dernier à Genève, où il présentait en avant-première son nouveau ballet Ihsane. Le chorégraphe belgo-marocain Sidi Larbi Cherkaoui poursuit l’exploration de son histoire familiale, amorcée en 2022 avec Vlaemsch, dans lequel il partait à la recherche de ses racines flamandes en hommage à sa mère. Avec Ihsane, c’est au tour du père à travers les souvenirs du Maroc de son enfance. 

Pour ce retour aux sources, l’artiste marocain a fait appel au styliste Amine Bendriouich qui signe les costumes. Sur scène, Sidi Larbi Cherkaoui convoque des objets emblématiques de la culture marocaine : théières et lourds tapis en laine. Les décors ont été imaginés par un autre marocain, Amine Amharech, qui structure la scène de lustres ciselés à la main et de paravents aux motifs géométriques proches du zellige. 

Car Ihsane (“bienveillance” en arabe ) a une dimension universelle, celle de la tolérance :  “Un des problèmes de société, c’est comment on se traite les uns les autres, comment on choisit de traiter une personne de telle manière et une autre d’une autre manière, explique Sidi Larbi Cherkaoui. Aujourd’hui, à 48 ans, j’ai envie de créer des spectacles où ces êtres humains peuvent partager un moment ensemble et aussi parler des moments où ils se sentent exclus.» 

Avec cette nouvelle création, le chorégraphe confirme sa place parmi les artistes marocains les plus prometteurs de la scène internationale. Ihsane sera représenté au printemps prochain à Paris, au Théâtre du Châtelet. 

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Ghizlane Sahli dans les petits papiers de Guerlain

Les marques de luxe raffolent des collaborations avec les artistes contemporains et Ghizlane Sahli l’a bien compris. Depuis plusieurs années, cette artiste marocaine fait chavirer les géants de l’industrie, de Guerlain à Rolls-Royce. Sa recette? Transformer des bouteilles en plastique en sculptures élégantes qui séduisent le très exclusif monde du luxe.

Avec Rolls-Royce, elle remportait en 2022 le Spirit of Ecstasy Challenge en réinterprétant la figurine emblématique des capots de la marque britannique. Un an plus tard, en 2023, elle présentait une installation au célèbre 68 Champs-Elysées. La maison Guerlain rendait alors hommage au poète Charles Baudelaire dans une exposition autour du motif de la fleur, Les fleurs du mal obligent. 

Mais qu’on ne s’y trompe pas : Ghizlane Sahli est une artiste engagée qui marie savoir-faire artisanal marocain et démarche écoresponsable. Parce que oui :  “là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme… et durabilité” !


Hassan Hajjaj séduit Alicia Keys

On le présente souvent comme le plus londonien des photographes marocains, et pour cause : Hassan Hajjaj est une véritable star, aussi bien à Londres qu’à Marrakech, où il ouvre les portes de son riad Yima. Un lieu haut en couleurs, comme lui ! Saviez-vous que les célébrités américaines raffolent de son univers pop ? Madonna, par exemple, n’a pas résisté à l’envie de poser pour lui.

Avec son style unique, Hajjaj habille ses modèles de babouches gimmickées Dior ou de jellabas Yves Saint Laurent, un clin d’œil amusé à la culture de la contrefaçon au Maroc. Résultat : il s’est imposé comme un artiste incontournable, exposé dans le monde entier et collectionné par les amateurs d’art les plus branchés. Parmi eux, une certaine Alicia Keys et son mari Swizz Beatz. Leur collection – dans laquelle figure donc Hassan Hajjaj – était à l’honneur cet été au Brooklyn Museum avant de migrer au High Museum of Art d’Atlanta, où elle restera jusqu’au 25 janvier prochain.

Pour ceux qui n’ont pas prévu de traverser l’Atlantique, vous pouvez découvrir les œuvres de Hajjaj à Casablanca, à L’Atelier 21, jusqu’au 3 février 2025. L’occasion de plonger dans son univers kitsch, pop et décalé.


Mohamed Benchellal fait tourner les têtes au Qatar Museum

ll est l’une des étoiles montantes de la couture et les reines se l’arrachent. Mohamed Benchellal, styliste néerlando-marocain, peut se targuer d’avoir habillé la reine Letizia d’Espagne, Rania de Jordanie ou encore Sheikha Al Mayassa Bint Hamad Bin Khalifa Al Thani du Qatar. Leur point commun ? Toutes succombent au charme des volumes et des drapés impeccables des créations Mohamed Benchellal. S’il fallait résumer son style en deux mots : classique chic.

Mais Benchellal, c’est aussi un artiste marocain qui sait jouer sur plusieurs tableaux.Le couturier dévoile une sélection de tenues réalisées lors d’une résidence au studio de design Liwan et aujourd’hui exposées au Qatar Museum dans le cadre de la Saison culturelle Qatar-Maroc. Comme pour rappeler que la mode est un art à part entière. Jusqu’au 18 janvier 2025. 

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M’barek Bouhchichi et Mohamed Kilito à la Biennale de Sharjah

C’est l’un des grands rendez-vous de l’art contemporain. Depuis trois décennies, la Biennale de Sharjah au Émirats Arabes Unis, s’est taillé une place de choix dans le paysage culturel international. Précurseur dans le Golfe, elle ouvrait la voie bien avant que musées et événements arty ne fleurissent dans la région – ces fameux “nouveaux gisements d’art” comme le soulignait Le Figaro. On pense, bien sûr, au Louvre Abu Dhabi, signé Jean Nouvel, inauguré en grande pompe en 2017.

Cette année, Sharjah interroge avec un thème universel : To Carry. « Que portons-nous lorsqu’il est temps de partir, de fuir ou de tourner la page ? Quels chemins dessinons-nous à travers les territoires et le temps ? Que portons-nous pour survivre ? », expliquent les commissaires de l’événement. 

Les artistes marocains tirent cette année leur épingle du jeu. M’barek Bouhchichi et le photographe M’hammed Kilito se retrouveront à Sharjah en février prochain. M’barek Bouhchichi n’en est pas à sa première biennale. Habitué des grand-messes de l’art (Dakar, São Paulo), continue d’explorer la mémoire des Haratines, descendants d’esclaves noirs du sud du Maroc. De son côté, M’hammed Kilito, photographe primé à maintes reprises, documente avec sensibilité la lente disparition des oasis, emportées par la désertification. Une édition qui entrera sans aucun doute en résonance avec l’actualité. 

artistes marocains

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