MODE : CONNAISSEZ-VOUS CES 3 JEUNES CRÉATEURS MAROCAINS ?

créateurs marocains

Que se passe-t-il sur la planète mode au Maroc ? Shoelifer a fait un peu d’introspection pour dénicher les jeunes créateurs marocains les plus prometteurs du moment. En voici 3 qui nous ont tapé dans l’œil.

Une marque qui s’inspire du style de la famille royale britannique dans les années 90, une autre qui réinterprète trois caftans traditionnels en tenues du quotidien et une dernière qui réinvente –et détourne– le vestiaire formel des cadres… décidément, les jeunes stylistes ont plus d’un tour dans leur sac. Présentation de trois créateurs marocains – et de leurs univers – à suivre de très près. 


1/ Late for work – Youssef El Idrissi 

Lauréat de Casa Moda Academy en 2018, Youssef El Idrissi participe au Festival international de la mode en Afrique (FIMA) qui se tient en 2019 à Dakhla et remporte le premier prix dans la catégorie «jeunes créateurs». Cette récompense qui lui donne soudainement beaucoup de visibilité le décide à créer sa propre marque : Late for work. L’idée ? Faire se rencontrer deux univers : le vestiaire formel des cols blancs avec la garde-robe des jeunes des années 90. “C’est comme si je prenais des jeunes de la rue pour les emmener au travail”, explique Youssef, “d’où le nom de la marque”. Résultat : des pièces féminines et unisexes, décalées et déstructurées. Pour ses silhouettes, il s’inspire de son environnement et détourne des matières kitsch du quotidien – couvertures chinoises, serviettes-éponges du Raja, nappes de cuisine – pour créer des jeux de matières inattendus en les mixant avec du denim ou de la popeline. Il n’hésite pas à faire de l’upcycling, comme lorsqu’il détourne des manches qui deviennent tantôt des fermetures ou des cols aux nœuds imposants, pour un côté très ludique. Le créateur, qui a déjà lancé deux collections, va présenter la troisième au mois de septembre 2022. On a hâte ! 

Late for work wear
Prix : à partir de 1500 DH, compter jusqu’à 15 000 DH pour les pièces uniques
Essayages sur rendez-vous, contact via DM

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2/ Lagertha – Ansar El Yacoubi 

Après son bac, Ansar El Yacoubi entreprend des études de design et création de mode au sein de Casa Moda Academy et sa première collection – inspirée des nonnes – reçoit le Coup de cœur du jury à l’issue de sa troisième année. La jeune styliste travaille ensuite pour le magazine marocain TLBB puis rejoint l’équipe d’Ali Drissi durant une année, avant de se lancer dans le mannequinat (campagnes Off-White, Burberry, mais aussi pour Vogue Arabia ou encore L’Officiel Indonesia). Avec l’arrivée du Covid, elle est contrainte de rentrer au Maroc et rejoint l’équipe de Petit Bateau en tant que styliste avant de sauter le pas et de lancer sa propre marque en mars 2021 : Lagertha. Son nom fait référence à une viking – la compagne du fameux Ragnar – une femme de caractère “qui était d’ailleurs la seule autorisée à aller se battre auprès des hommes” comme le souligne Ansar. Avec Lagertha, la jeune créatrice s’inspire du style de la famille royale britannique dans les années 90, le réinvente et dessine des robes et des ensembles jupes ou pantalons pour femme qu’elle réalise dans des tissus nobles. Sa spécificité ? Elle applique la couture et les finitions du tailleur à toutes ses pièces afin de créer “un ajustement parfait pour la silhouette de femmes de toutes formes et de tout âge”. Ainsi, ses pièces sont ajustées, sur mesure, à la morphologie des clientes. On aime ses pièces boutonnées qui nous font penser que le chic intemporel est bel et bien de retour. 

Lagertha 
Prix : pantalons à partir de 1800 DH, vestes à 3000 DH, manteaux entre 4000 et 5 500 DH.
Essayages sur rendez-vous, contact via DM 

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3/ Ladraa – Mouad Ladraa

Mouad Ladraa, qui dessine des robes depuis sa tendre enfance, a toujours voulu créer des vêtements. Pour ses parents, il n’en est pas question et le jeune homme se dirige, sous la pression familiale, vers des études d’architecture d’intérieur. Il ne perd cependant pas de vue sa première passion et économise sur ses premiers salaires pour pouvoir lancer sa première collection, qu’il présente à l’occasion d’un défilé à l’Institut français en 2019. Aujourd’hui, il a ouvert son propre atelier de création, où il présente à la fois ses collections de prêt-à-porter féminin et masculin, et reçoit les clients désireux de modifier certaines de leurs pièces. Dans sa dernière collection-capsule, Rebirth, présentée à la Galerie A2 le 21 juin dernier, il explore l’évolution du vestiaire marocain en réinterprétant trois caftans phares (khrib, dfina, lkbira). Son objectif ? Les rendre plus fonctionnels et les adapter au quotidien des femmes d’aujourd’hui. Le caftan quitte alors sa fonction traditionnelle d’apparat pour se transformer en robe, en veste ou en chemise, qu’on peut porter facilement dans la rue. Imprimés floraux, esprit punk, réappropriation du brocart… L’expression “entre tradition et modernité” prend ici tout son sens. 

Ladraa 
Prix : pièces de la collection Rebirth entre 2000 et 2500 DH
www.ladraa.com

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