RENTRÉE LITTÉRAIRE : 5 LIVRES COUPS DE COEUR (ET DE POING) POUR STIMULER SON GOÛT DE LA LECTURE

La rentrée littéraire de l’année 2020 bat son plein, ce qui suscite en nous l’envie de se poser, d’abandonner les écrans et d’ouvrir un (bon) livre. Un roman passionnant, parmi les bouquins sortis ces dernières semaines, qui font parler les néo intellos. Récits féminins engagés, auteurs marocains et futurs succès : voici 5 coups de cœur, 5 livres déjà dévorés ou qui attendent sagement leur tour, sur notre table de chevet.

Pour faire retomber la pression, parfois rien ne vaut un bon bouquin, à lire lové dans son fauteuil préféré. Surtout quand nos journées riment de plus en plus avec écrans et devoirs connectés. Ça tombe bien, la rentrée littéraire 2020 offre (malgré tout) de quoi combler les lecteurs insatiables ou occasionnels. Succès annoncé, coup de cœur féminin, auteur marocain ou écrivain incontournable : voici 5 romans à dévorer lors des soirées d’automne. 5 livres déjà lus ou qui sont tout en haut de notre liste des must read de la rentrée.


Le plus incontournable : Les Aérostats d’Amélie Nothomb

Pour ouvrir le bal, impossible de ne pas mentionner le nouvel opus de l’écrivaine à l’écriture aussi décalée que son chapeau, Amélie Nothomb. Dans ce 29e roman, celle qui a frôlé le prix Goncourt en 2019 (et qui ne l’a jamais eu), se raconte à travers un alter égo. Ange est une étudiante bruxelloise en philologie qui donne des cours de littérature à un jeune garçon dyslexique. Un duo hors norme et parfois étrange se forme dans la pure tradition nothombienne qui plonge le lecteur dans les méandres d’une jeunesse parfois trop sage et trop timide, dont l’échappatoire se trouve dans… la lecture. La phrase qui nous donne envie d’aller plus loin ? “La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir.”

Albin Michel – PRIX : 230 DH.

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Le plus féministe : Dans les yeux du ciel de Rachid Benzine

L’auteur marocain qui nous a le plus donné envie d’ouvrir un roman en cette rentrée littéraire. Et pour cause, plus connu pour ses essais sur l’islam, Rachid Benzine confirme son statut de romancier avec ce livre qui donne la parole à une femme au destin hors du commun. Cette femme c’est Nour, prostituée de mère en fille, prise dans les tumultes des révolutions arabes et qui se bat pour ne plus subir son destin. Dans un contexte social au bord de l’implosion, c’est toutes les espérances et la rage de la jeune femme devenue mère à son tour qui entraînent le lecteur dans un imbroglio de sentiments, le faisant souvent passer du rire aux larmes. Après Nour, pourquoi n’ai-je rien vu venir ?, Rachid Benzine livre un deuxième portait féminin au caractère bien trempé et revisite avec brio la petite histoire dans la grande.

Le Seuil – PRIX : 220 DH.


Le plus américain : Betty

Dans notre quête du bon bouquin, on est tombé sur un futur classique de la littérature américaine, récompensé notamment par le Prix Fnac 2020. Il raconte l’histoire d’une jeune femme métisse, cherokee par son père, blanche par sa mère, qui grandit aux confins de l’Ohio et du Kentucky. Un livre coup de poing sur l’Amérique profonde, celle qui naît dans les baignoires, grandit dans des fratries de 6 ou 7 et où les mères poussent parfois leur progéniture dans le lit de leur père. Une saga familiale qui révèle les secrets et les fêlures d’une famille pas comme les autres, en mettant à nu, grâce une écriture percutante, les travers raciaux de la société américaine. Au fil des pages, c’est aussi l’occasion de découvrir, en filigrane, un questionnement sur la place des femmes et la perte de l’innocence. Un coup de cœur à dévorer sans modération.

Gallmeister – PRIX : 340 DH.

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Le plus décrié : L’historiographe du Royaume de Maël Renouard

Je fus en grâce autant qu’en disgrâce. De l’un ou l’autre état, les causes me furent souvent inconnues. À l’âge de 15 ans, j’avais été placé au Collège royal, dans la classe de l’aîné des princes…”. C’est ainsi que débute ce roman retraçant 30 ans d’histoire marocaine, entre le début du protectorat et les années de plomb. Notre guide ? Un personnage fictif, Abderrahmane Eljarib, élève au célèbre Collège royal qui se lie d’amitié avec le prince héritier Hassan II. On se délecte des revirements de situations qui poussent dans ses retranchements ce conseiller et historiographe à la loyauté à toute épreuve. C’est une histoire romancée certes, mais sans concession, et qui fait planer le spectre du souverain dans toutes ses lignes. D’ailleurs, bien qu’on ne sache toujours pas si le livre, sujet à polémique, va finir par être distribué au Maroc, Tahar Ben Jelloun himself estime qu’il va faire “du bruit au Maroc à la rentrée”. Et il figure notamment dans la première sélection du prix Goncourt de cette année… On croise les doigts ?

Grasset – 240 DH env.

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Le plus bouleversant : Chavirer de Lola Lafon

Un ouvrage qui a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis le début de cette rentrée littéraire. Pourquoi ?  Parce qu’il traite d’un sujet terrible, celui de la pédocriminalité, mais aussi parce qu’il imprègne son lecteur du poison de la culpabilité. L’histoire débute au début des années 80 avec Cléo, 13 ans, une jeune fille modeste de banlieue parisienne qui rêve de strass et de paillettes. Grâce à une mystérieuse fondation, la jeune fille va enfin pouvoir réaliser son objectif : devenir danseuse professionnelle. Enfin, c’est ce qu’elle croit. On découvre un piège dérangeant qui se referme sur l’héroïne, puisqu’elle-même va finir par devenir recruteuse de jeunes filles, avant que, 30 ans plus tard, l’affaire ne ressurgisse. Entre destins brisés, culpabilité et pardon, l’auteur revisite la notion du consentement mais aussi celle du silence. Qu’est-ce qu’il aurait fallu faire ? Qu’est-ce qu’il aurait fallu ne pas taire ? Un livre qualifié de magistral par de nombreux critiques, et qui bouscule les esprits à l’heure de #Metoo.

Actes Sud – 270 DH.

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Photo © MiuMiu

Charlotte Cortes

Une fois son master de l’ESJ Paris en poche, c’est entre la capitale française et sa ville de cœur, Casablanca, que Charlotte fait ses premières armes. Quotidiens d’informations, radio, post-production télévisuelle… touche-à-tout, cette journaliste mue par le désir d’en apprendre toujours davantage rejoint diverses rédactions (Metro, Atlantic Radio…) avec le désir de se frotter à différents médias. C’est à son retour au Maroc en 2015, que le lifestyle s’impose à elle, tout naturellement. Une évidence qui la pousse à intégrer le lifeguide Madame Maroc, dont elle deviendra rédactrice en chef trois ans plus tard. Depuis, elle écume les belles adresses du royaume à la recherche constante de nouveaux labels et autres hot spots. Aujourd’hui, c’est à Shoelifer qu’elle prête sa plume et son enthousiasme pour gérer la programmation du webzine. Ne vous y trompez pas, sous ses airs affairés cette pétillante brunette ne rêve que de danses endiablées, de plages désertes et… de bons plans mode, évidemment.

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