PRIVATE BEAUTY : AVEZ-VOUS ENTENDU PARLER DU PEELING DU VAGIN ?

shoelifer-vagin-peeling

Le peeling, vous connaissez. Celui du visage sans aucun doute. Mais celui du vagin ? Car ce traitement dermatologique bien connu des cabinets d’esthétique ne traite pas seulement nos minois, il est aussi de plus en plus pratiqué en dessous de la ceinture. Sans tabou, deux expertes, le Dr Mouna Benabdallah, diplômée en médecine anti-âge et esthétique et le Dr Naima Sedrati, gynécologue et chirurgienne à Casablanca – décryptent le phénomène en 5 questions.


Le vagin, nouvel eldorado de la médecine esthétique ? Peut-être une suite logique : les interventions de chirurgie esthétique vaginale connaissent un engouement certain depuis plusieurs années. Ainsi, en 2015, elles étaient déjà plus de 95.000 à travers le monde à subir une labioplastie (chirurgie ou injections au niveau des lèvres) et plus de 50.000 à demander une vaginoplastie (intervention qui consiste à resserrer les muscles vaginaux) selon un rapport de l’ISAPS, la Société internationale de chirurgie esthétique. Mais aujourd’hui, de plus de plus de femmes se tournent vers une nouvelle sorte de soins : la médecine esthétique du vagin. Laser, injections d’acide hyaluronique ou encore fils tenseurs… Les techniques sont de plus en plus nombreuses. La plus en vogue ? Le peeling du vagin. Ce peeling (du verbe anglais “to peel”, qui signifie “peler”), est un traitement dermatologique qui, comme sur le visage, consiste à retirer une couche plus ou moins superficielle de la peau afin d’en raviver l’éclat, lisser, repulper, éclaircir… Car oui, nos parties intimes subissent aussi les affres du temps et leur aspect peut provoquer des gênes plus ou moins importantes, des complexes, voire des désagréments fonctionnels. Pour nous en parler comme il faut (et sans langue de bois), on a demandé l’avis de deux professionnelles bien rodées à ces pratiques. Interview croisée.

Vallée Village 970×250
View this post on Instagram

A post shared by @bimberkeck_

Voir aussi : Révolution féminine, la culotte menstruelle débarque au Maroc

1. Pourquoi faire un peeling du vagin ?

Mouna Benadbdallah, médecin spécialiste en anti-âge et esthétique : “Parce qu’on veut rendre à la peau des grandes lèvres sa texture, cet aspect lisse, doux et tonique, qu’elle a pu perdre en vieillissant. Mais aussi pour faire disparaître la coloration brune sur les parties intimes, notamment les grandes lèvres, d’autant que cette coloration s’étend parfois sur le haut des cuisses et gêne beaucoup de femmes. La zone anale aussi peut être impactée, mais bon, là, c’est quand même moins gênant…”

“Les raisons pour lesquelles les femmes choisissent de subir un peeling vaginal ne relèvent pas toujours du simple souci esthétique…” Dr Naima Sedrati

Naima Sedrati, gynécologue et chirurgienne: “Le peeling, comme tous les autres gestes thérapeutiques esthétiques de la zone intime, est de plus en plus demandé. Cette partie vulvaginale qu’on cachait avant est de plus en plus montrée : elle doit être parfaite, rose, bien épilée… Mais surtout harmonieuse dans son aspect global. Les femmes souhaitent se conformer à cette image. C’est pourquoi la demande de peeling vaginal est de plus en plus courante. Il permet aux femmes de prendre confiance en elles. Mais les raisons pour lesquelles les femmes choisissent cet acte ne relèvent pas toujours du simple souci esthétique…”


2. En quoi consiste l’acte?

Mouna Benadbdallah : “D’abord, un examen clinique est réalisé lors de la consultation préalable à l’acte : lors de cet entretien nous dépistons d’éventuelles lésions génitales, fistules, hémorroïdes, qu’il nous faudrait traiter avant le peeling, et nous expliquons à la cliente la technique et les résultats possibles. Nous prescrivons une crème éclaircissante à appliquer 3 semaines avant, matin et soir. La veille de la séance, nous demandons à la patiente de se raser. Le jour J, la zone à traiter est bien nettoyée et bien dégraissée.

Ensuite, le peeling est un acte qui consiste à appliquer sur la peau une substance chimique (le plus souvent un acide), afin de provoquer une destruction limitée et contrôlée de l’épiderme, voire des couches superficielles du derme. Le but de cette destruction est d’obtenir une régénération des couches détruites et de stimuler la production de fibres élastiques et de collagène dans les couches sous-jacentes, afin de densifier la peau. Il s’agit d’unifier la pigmentation et d’améliorer l’hydratation et l’aspect global de la peau des lèvres. Le peeling est ensuite appliqué de façon très méthodique, avec 2 cotons-tiges, sur les zones à traiter. On ressent des picotements et une sensation de chaleur. On stoppe alors l’action chimique du peeling à l’aide d’une crème hydratante et réparatrice.

Après, la peau est rosée, voire très rouge. Il apparaît une desquamation plus ou moins importante. Il ne faut donc pas s’exposer au soleil et il est demandé d’appliquer une crème éclaircissante et réparatrice pendant trois semaines à son domicile. Les activités quotidiennes elles, peuvent être reprises le jour même. Les résultats sont progressifs : le temps pour la peau de se régénérer en profondeur. Le peeling nécessite parfois d’être renouvelé 3 ou 4 fois, à raison de 21 jours à 1 mois d’intervalle.


3. Effet de mode ou véritable solution esthétique ?

En effet, avec le temps, la peau du pubis perd son aspect lisse, doux et tonique, exactement comme sur le visage ! Et sous l’effet des hormones, des frottements et des épilations à la cire, elle peut se colorer” Dr Mouna Benabdallah.

Mouna Benadbdallah : “Les femmes ont toujours été soucieuses de leur féminité. De nos jours, avec les réseaux sociaux, l’information est plus accessible : les femmes connaissent toutes les techniques de médecine esthétique. Elles viennent facilement consulter pour demander une solution médicale ou réclamer une technique qu’elles ont vu sur Instagram ou Facebook. Ceci pour améliorer aussi bien leur visage, que leur corps ou que le vagin. En effet, avec le temps, la peau du pubis perd son aspect lisse, doux et tonique, exactement comme sur le visage ! Et sous l’effet des hormones, des frottements et des épilations à la cire, elle peut se colorer et devient inesthétique ce qui engendre parfois une vraie gêne. Donc, comme pour le visage, les femmes n’hésitent plus à venir consulter.”

Naima Sedrati : “Plutôt qu’une nouvelle tendance, je dirais que c’est une pratique ancienne dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. Car il s’agit encore d’un sujet tabou et les gens qui le font ne le crient pas sur les toits. Actuellement, c’est une méthode qui se popularise. Cette partie vulvovaginale que l’on cachait avant est de plus en plus montrée comme une zone parfaite : rose, bien épilée, etc. Ainsi, la demande devient plus courante : il s’agit de se sentir conforme, prendre confiance en soi et être moins complexée. En revanche, la médecine esthétique génitale ou plutôt “la restauration génitale”, comme je préfère l’appeler, ne fait pas qu’embellir la région intime. Elle est également pratiquée afin de restaurer la fonction perturbée de cette dernière. En effet, le temps qui passe, les grossesses, les accouchements, les traitements anticancéreux, certaines maladies (comme le lichen scléro-atrophique de la vulve), les troubles hormonaux et surtout la ménopause vont altérer la qualité de vie des femmes, leur vie sexuelle comme leur vie de couple.”


4. Vous dites que cette pratique est ancienne ?

Naima Sedrati : “Oui, c’est une pratique ancienne qui remonte au XVIe siècle dans les pays asiatiques, Inde, Chine et Japon. Appelée aussi éclaircissement de la peau des zones intimes, elle est également très développée aux USA, surtout dans la communauté gay, et très pratiquée aussi dans les pays du Moyen-Orient.”

Au Maroc, les peelings spécifiques aux parties intimes existent depuis 6 où 7 ans et sont devenus une pratique assez courante” Dr Mouna Benabdallah.

Mouna Benabdallah : “Si l’éclaircissement des parties intimes existe depuis plusieurs années aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, il est moins répandu en Europe. Au Maroc, les peelings spécifiques aux parties intimes existent depuis 6 où 7 ans et sont devenus une pratique assez courante. En effet du fait de leur peau mate, les femmes marocaines ont souvent des parties génitales très foncées. Elles sont donc très demandeuses de solution efficaces pour éclaircir leur parties intimes.”


5. Un sujet (encore) tabou ?

Mouna Benabdallah : “La médecine esthétique de l’intime de la femme n’est plus vraiment taboue. Chez les femmes jeunes, soucieuses de leur esthétisme, comme chez les femmes d’âge mûr, voulant remédier aux stigmates du temps. De plus en plus de femmes viennent me voir pour me demander des conseils pour améliorer leur intimité aussi bien du point de vue esthétique que fonctionnel (sècheresse, vaginisme …).”

Naima Sedrati : “La restauration génitale ou médecine esthétique de l’intime, si elle est encore taboue, est pourtant l’une des principales demandes lors des consultations. Surtout chez nous au Maroc, juste avant le mariage, car toutes les jeunes femmes sont soucieuses de l’embellissement de cette partie de leur corps. Nous, les médecins, avons aussi notre rôle à jouer. Nous avons de plus en plus de traitements à proposer à nos patientes mais aussi nous pouvons en parler plus facilement avec elles grâce aux médias, Internet, etc. C’est une jeune spécialité en pleine croissance.”


…Enfin, n’est-ce pas dangeureux ?

Naima Sedrati : “Comme tout acte médical, le peeling présente des risques. Chaque patiente va réagir selon son type de peau et selon l’intensité et la profondeur du peeling. Cela peut aller de la simple rougeur à une réaction type brûlure, mais cela n’arrive que très peu souvent. Par ailleurs, il peut y avoir aussi des phénomènes “rebonds” : une hyper pigmentation réactionnelle. Il y a aussi des risques infectieux et viraux, comme un herpès de la région traitée. C’est pourquoi le peeling de la zone intime doit rester un acte médical, réalisé par un opérateur entraîné.” À bon entendeur…

 

Photo(c) The Goop Lab.

Charlotte Cortes

Une fois son master de l’ESJ Paris en poche, c’est entre la capitale française et sa ville de cœur, Casablanca, que Charlotte fait ses premières armes. Quotidiens d’informations, radio, post-production télévisuelle… touche-à-tout, cette journaliste mue par le désir d’en apprendre toujours davantage rejoint diverses rédactions (Metro, Atlantic Radio…) avec le désir de se frotter à différents médias. C’est à son retour au Maroc en 2015, que le lifestyle s’impose à elle, tout naturellement. Une évidence qui la pousse à intégrer le lifeguide Madame Maroc, dont elle deviendra rédactrice en chef trois ans plus tard. Depuis, elle écume les belles adresses du royaume à la recherche constante de nouveaux labels et autres hot spots. Aujourd’hui, c’est à Shoelifer qu’elle prête sa plume et son enthousiasme pour gérer la programmation du webzine. Ne vous y trompez pas, sous ses airs affairés cette pétillante brunette ne rêve que de danses endiablées, de plages désertes et… de bons plans mode, évidemment.

Pas Encore De Commentaires

Les commentaires sont fermés