HUMEUR : LE TRAQUENARD DES VACANCES, LA RENTRÉE 2022, ET MOI

rentrée 2022

C’est enfin arrivé. Après plusieurs semaines d’inactivité estivale, la rentrée 2022 a fini par pointer le bout de son nez. Et je dois avouer que je l’attendais de pied ferme. Croyez-le ou non, mais dans la (longue) liste de galères qui m’arrivent au quotidien, les vacances d’été frisent souvent le chef-d’œuvre dramatique. Car entre mes rêves et la réalité, il y a un gap que je n’arrive jamais à dépasser. Surcotés, les congés d’été ? Je vous laisse décider. L’humeur (déphasée) du mois, c’est par ici. 

“La vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber” disait un certain Forrest Gump. Je ne sais pas vous, mais mes vacances d’été ressemblent souvent à des chocolats Mon Chéri. Pas très digestes, donc. Sur le papier, partir à l’étranger pendant ses congés d’été semble pourtant être la récompense ultime pour le commun des mortels. Mais je n’arrive jamais à en profiter comme je voudrais. Les imprévus s’immiscent toujours dans mon programme bien huilé. Entre stress de l’organisation et destinations surpeuplées, j’en suis même arrivée à attendre avec impatience cette rentrée 2022. Les vacances ? J’ai donné. Maintenant j’aimerais bien retrouver ma vie, et merci. 

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Sésame ouvre-toi 

Commençons par le commencement. Avant chaque début de vacances arrive d’abord la première épreuve du voyage. L’obtention du sacro-saint Graal, le top de la prise de tête, l’ultime casse-tête bureaucratique : j’ai nommé la fameuse bataille pour l’obtention du visa. De nos jours, ce précieux sésame censé nous ouvrir les portes de contrées étrangères est devenu encore plus rare que de dénicher une paire de Amina Muaddi soldées. Chaque fois que je me lance, je me sens un peu comme Gandalf avançant dans une grotte obscure à la recherche de l’anneau sacré. Partira, partira pas avant la rentrée 2022 ? Le mystère reste entier et l’attente qui va avec me donne l’impression de participer à un tirage de loto géant avec des dés pipés.


21 kg plus tard

Après ces montagnes russes arrive un autre de mes pires cauchemars : la préparation des valises. Car réussir à faire tenir dans un espace réduit l’essentiel de ma garde-robe d’été est un exercice que je ne  maîtrise toujours pas. C’est long, fastidieux et terriblement frustrant. Du pliage à la sélection des vêtements… sans oublier l’impression tenace de passer à côté de LA tenue qui fera liker mon feed Insta. Je finis toujours entourée d’une montagne de vêtements, à remettre en question tout mon placard… et le sens de ma vie par la même occasion. Combien de temps je passe face à ma valise, le regard hagard en n’arrivant pas à décider quels pantalon ou chemisier prendre ? 3 heures en moyenne, avec crise d’hystérie en prime. 


Zen, restons zen

Une fois sur le lieu de ces vacances tant attendues, les moments les plus mémorables sont … les prises de tête avec chéri. Comme cette année où j’ai laissé Bae gérer notre programme en amoureux. Erreur monumentale. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il m’offre une journée catastrophique sur un plateau. Direction, donc, “un petit chiringuito authentique” situé à une heure de route. Vous le sentez venir ? Il nous a fallu pas moins de 4 heures de trajet grâce aux embouteillages estivaux monstres. Résultat, moi en sueur dans notre voiture de location en train de fulminer. Et parce que sinon, ce n’est pas drôle, c’est à ce moment-là que notre voiture a décidé de tomber en panne. Ce qui nous a obligés à trouver en catastrophe un garage, lequel nous a arnaqués en beauté. Je vous passe les détails, mais nous voilà deux heures plus tard, trempés de la tête aux pieds à cause de la chaleur, essayant de ne pas nous égorger pour trouver une place de parking. Finalement, affamés, nous avons atterri sur une chaise en plastique dans le restaurant évidemment bondé, où nous avons mangé des croquettes de poissons grasses et mal panées. Bref, pour une destination au charme authentique, on repassera. La situation a dégénéré quand il m’a reproché de ne pas sourire et ne pas savoir profiter de mes vacances. Pardon ? Mon sens de l’humour et du second degré était alors en fuite depuis un certain temps, je dois dire.  Et manger assise entre de (gros) vacanciers mal éduqués, passablement éméchés et luisants d’huile à bronzer, ce n’était pas vraiment au top de mes expectations.


Faites des gosses

Autre ombre au tableau : les enfants. Car si nous arrivons mon cher et tendre et moi à nous débrouiller pour avoir quelques jours de liberté (merci les applis de nounous), ils font généralement partie de l’équation. Certes, ils sont les amours de ma vie. Mais devoir m’occuper de ma progéniture en vacances me fait repousser chaque année les limites de ma patience : partir en voyage avec ses enfants, c’est un peu comme travailler comme G.O au Club Med. Sans être payée, évidemment. L’option grasses matinées n’est pas dispo, par contre celle des chamailleries est incluse d’office dans le package. Il faut aussi s’assurer qu’ils ne mettent pas le feu à la location et bien sûr, essayer de les décoller des écrans. Au risque de les voir se transformer en zombies téléguidés prêts à mordre. Bref, malgré tout l’amour que je leur porte, la rentrée 2022 sonne un peu pour moi comme le jour de la libération après un mois d’incarcération.


Despacito

Ne me croyez pas si aigrie que cela. Je sais bien que partir en vacances, c’est aussi la joie de découvrir de nouveaux endroits (souvent assiégés de monde). De tester de nouvelles saveurs (et finir avec une petite tourista) ou de se balader le soir pour manger des glaces en famille (et prendre 10 kg au passage). Les joies de l’été, quoi. C’est aussi retrouver les petites complications du touriste : comme se mettre en quête du wifi toutes les 5 minutes, avoir du mal à se faire comprendre dans une langue qui n’est pas la sienne et devoir réserver le moindre restaurant une semaine à l’avance au risque de se faire refouler de tous les  (bons) établissements. Adieu la spontanéité ! C’est ce qui explique que nous avons souvent fini par nous retrouver assis dans d’obscurs restaurants touristiques à devoir admirer nos voisins de table, fumeurs de chicha, en train de manger des pâtes trop cuites avec une musique criarde “caliente” à fond dans les oreilles. S’il vous plait, est-ce qu’on peut rentrer maintenant ?


Libérée, délivrée

Vous comprenez donc ma joie de rentrer au bercail. Car cette rentrée 2022 représente pour moi la possibilité de reprendre mes habitudes, ma vie et mon corps en main. C’est aussi avoir du temps pour moi et retrouver mes amies chéries pour le grand débriefing estival. Et il faut bien avouer que ces retrouvailles sont les meilleures. L’occasion pour chacune d’entre nous de raconter ses vacances et toute la panoplie de petites galères qui vont avec. Et cette fois, on peut dire que c’est moi qui ai gagné. Résultat, un fou rire général et une soirée qui a dépassé toutes mes attentes. Que voulez-vous, les situations absurdes, ça marche à tous les coups, un peu à l’image du compte Instagram “Usual Images”… C’est là que j’ai compris que finalement, si les vacances ne sont pas toujours à la hauteur, elles nous permettent d’engranger quelques souvenirs. Plus ou moins drôles, cela va de soi. Je n’ai rien de plus à ajouter. Ah, si : les vacances 2022 sont mortes, vive la rentrée 2022 !

Par Sarah Kroche.

 

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