CE QU’IL FAUT SAVOIR AVANT DE TENTER LA CRYOLIPOLYSE

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Pouvoir affiner sa silhouette sans passer par la case chirurgie, c’est le rêve de beaucoup de femmes (et d’hommes) ! Et c’est ce que promet la cryolipolyse, une technique d’amincissement non invasive qui fait de plus en plus d’émules. Mais de quoi s’agit-il exactement ? À qui se destine cette procédure ? Est-elle réellement efficace et n’y a-t-il pas d’effets indésirables ? Le vrai du faux sur la cryolipolyse, c’est par ici.

Un petit ventre, des poignées d’amour, une culotte de cheval, un double-menton… nous avons toutes (au moins) une partie de notre corps qui nous complexe. Malgré notre bonne volonté, un rééquilibrage alimentaire et une pratique sportive régulière, rien à faire, ces petits amas graisseux ne semblent pas vouloir nous lâcher. Sans grande conviction, on est alors partie à la recherche d’une technique miracle qui nous permettrait, en un claquement de doigts (on exagère un peu, on sait), de nous en débarrasser. Surprise ! Il semblerait que celle-ci existe. Son nom ? La cryolipolyse. Véritable révolution dans le milieu de l’esthétique, cette technique non invasive (comprenez qui ne nécessite ni anesthésie ni bistouri) est sur toutes les lèvres et en viendrait même à faire de l’ombre à la traditionnelle liposuccion. Le principe ? Utiliser le froid pour tuer les cellules graisseuses (ou adipocytes) qui sont par la suite éliminées par l’organisme. Mais est-ce que cette technique marche vraiment ? Et surtout, est-elle sans danger ? On fait le point.


Une technique qui n’a pas froid aux yeux

Lorsqu’on parle de cryo, certains ont en tête la cryothérapie. Cette dernière est la technique la plus ancienne : elle consiste à immerger le corps entier dans une cabine réfrigérée afin de soigner différentes blessures. À l’origine, ce traitement était plébiscité par les sportifs de haut niveau afin de soigner tendinites, claquages, entorses et autres douleurs musculaires. Puis petit à petit, la pratique a été utilisée pour ses effets esthétiques. Comme l’explique Imane Slaoui, médecin esthétique et micronutritionniste installée à Casablanca, “les cabines de cryothérapie, qui refroidissent le corps pendant quelques secondes, offrent un effet anti-âge et anti-oxydant prouvé”. Après plusieurs années de recherche, le froid s’est également révélé efficace sur la graisse. C’est ainsi que la cryolipolyse, technique d’amincissement dérivée de la cryothérapie, est née. Elle est censée redessiner la silhouette en venant à bout des amas graisseux récalcitrants.


Comment ça marche ?

On applique une pièce à main qui fonctionne comme une ventouse et qui refroidit la zone entre -11 et -13 degrés pendant un certain temps (entre 35 minutes et 1h15), en fonction de la partie du corps que l’on souhaite traiter. Le froid provoque ce que l’on appelle l’apoptose cellulaire, c’est-à-dire la mort cellulaire. Ensuite, le corps éliminera ces cellules mortes au bout de 2 à 3 mois”, détaille Imane Slaoui.

L’avantage de la cryolipolyse est que l’on peut traiter différentes zones, à savoir le double-menton, la culotte de cheval, le ventre, les poignées d’amour, l’intérieur des cuisses, les bras, les genoux… de façon durable. En effet, une fois éliminée, la graisse brûlée par le froid ne revient pas. La technique est rapide -il faut compter 1 à 2 séances maximum pour obtenir des résultats- et semble avoir tout pour plaire en répondant parfaitement aux besoins de ceux qui ne souhaitent pas s’infliger une liposuccion. Cependant, Imane Slaoui nous met en garde : “La solution miracle n’existe pas. Selon la zone traitée, il va falloir faire un petit effort. Il y a des zones qui demandent moins d’efforts, comme le double-menton ou encore l’intérieur des cuisses. Mais pour les bourrelets situés au niveau du ventre, il faudra surveiller son alimentation, faire un peu de sport et des massages drainants.

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Des contre-indications

Comme toute technique non invasive, il existe des contre-indications. “La cryolipolyse  permet d’enlever un dépôt de gras localisé dont on n’arrive pas à se débarrasser mais ne permet pas de perdre du poids. Les personnes en surpoids ne sont donc pas des candidats potentiels pour cette technique. De manière générale, le panicule adipeux (couche de tissu cellulaire placée sous la peau et où s’accumule la graisse) ne doit pas dépasser 10 cm, sinon la pièce à main ne pourra pas le prendre” relate le docteur. “Toutes les hernies sont également une contre-indication à cette technique et dans le cas où l’on souhaite brûler la graisse du ventre, il ne faut pas avoir subi une chirurgie abdominale dans les 6 mois précédant le traitement”. 


Des effets secondaires… 

Du côté des effets secondaires, ces derniers sont généralement assez light. “La cryolipolyse n’est pas du tout douloureuse. Après le soin, la peau est légèrement rosée pendant une dizaine de minutes. On va également ressentir une petite sensation d’anesthésie qui va durer plus au moins 15 jours. Puis, petit à petit, on va retrouver des sensations normales. Et dans le cas du ventre, on va également avoir des courbatures, comme si on avait fait une grosse séance d’abdominaux. Mais c’est tout ! L’avantage de ce traitement, c’est qu’on peut le faire en papotant avec une copine puis aller boire un café par la suite”, rassure Imane Slaoui. 


…Et des complications

Pourtant, certains effets secondaires plus graves peuvent survenir. C’est ce qui est arrivé notamment au mannequin Linda Evangelista qui a récemment pris la parole pour alerter sur les dangers de la cryolipolyse. “Aujourd’hui, j’ai fait un grand pas en avant en réparant une faute dont j’ai souffert et que j’ai gardée pour moi durant plus de cinq ans”, écrit-elle sur son compte Instagram. “À mes abonnés qui se demandaient pourquoi je ne travaillais pas alors que les carrières de mes pairs prospéraient, la raison de cette absence est que j’ai été brutalement défigurée par la procédure CoolSculpting (la machine n°1 de cryolipolyse dans le monde) de Zeltiq qui a produit l’effet inverse de ce que j’attendais”. Au lieu de venir à bout des cellules graisseuses, l’intervention les a augmentées. Linda Evangelista a souffert de ce que l’on appelle l’hyperplasie adipeuse paradoxale. “Il s’agit d’un effet secondaire extrêmement rare qui enclenche une réaction contradictoire. Se sentant agressé, le corps va tenter de se défendre en augmentant la masse graisseuse et non en la tuant”, explique Imane Slaoui. 

Cette dernière nous rassure : “C’est un effet secondaire rarissime qui va arriver dans 1 cas sur 1000. Mais malheureusement, il est impossible de le savoir avant, ça dépend vraiment de la façon dont le corps réagit à cette exposition au froid”. Un risque dont lequel Linda Evangelista n’aurait pas été informée. Elle déclare être “déformée à vie” malgré deux chirurgies correctives “douloureuses et infructueuses”.

Autre effet secondaire grave, bien que rare, la nécrose. “Comme le gras peut mourir par le froid, la peau peut aussi mourir par le froid. Le risque, si l’on pratique une cryolipolyse chez quelqu’un qui n’a pas une machine homologuée, c’est de souffrir de brûlures voire de nécroses tissulaires dues au froid (mort de la peau). En plus d’être inesthétique, cela peut être très grave”, commente Imane Slaoui. C’est  ce qui est arrivé à Ilham Khallad, Miss Maroc 2017 et Miss Afrique Midi-Pyrénées 2019, brûlée au premier degré, au niveau du ventre, sur plus de 10 cm. La jeune femme raconte que son kinésithérapeute, après une consultation pour un mal de dos, lui propose de tester cette machine pour se débarrasser de ses petits bourrelets au niveau du ventre. Alors que la première séance se déroule sans encombres, la seconde en revanche, lui coûtera sa carrière. “Il m’a laissée seule quarante-cinq minutes pour s’occuper d’un autre patient. Quand il est revenu m’enlever la machine, il m’a arraché la peau avec”. Si le praticien affirme avoir traité de nombreuses personnes sans jamais avoir de problèmes et que ses machines sont aux normes, l’intéressée ne peut aujourd’hui plus concourir ni participer à des shootings et encore moins s’exposer au soleil à cause de la large cicatrice qui traverse son ventre.

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Plus de mal que de bien ?

Si ces effets secondaires ne concernent qu’une part minime des patients, d’autres petits désagréments peuvent survenir, notamment l’apparition de cellulite sur la zone traitée ou encore de “petites boules”. Evy Cifaï, facialiste et masseuse spécialisée dans la méthode Renata França nous éclaire. “Après une séance de cryolipolyse, les médecins et thérapeutes conseillent à leurs patients d’aller se faire masser afin de favoriser la circulation. Je reçois ainsi de nombreuses personnes qui ont opté pour cette technique afin de se débarrasser de leur ventre ou de leur culotte de cheval. Globalement, les retours sont extrêmement positifs, mais il arrive que des effets secondaires un peu moins connus surviennent”. 

Elle explique: “La peau est composée de plusieurs couches de tissus. Le tissu conjonctif se situe sous l’épiderme. Il faut l’imaginer comme un maillage, comme un filet vivant qui est toujours en mouvement. Il permet la bonne cohérence de la peau, ce qui fait qu’elle est belle et souple. Mais des causes multiples, le stress, la malbouffe, la fatigue ou encore la génétique, perturbent la bonne circulation de ce tissu conjonctif et créent ce que l’on appelle des amalgames (le tissu conjonctif emprisonnant de l’eau et de la graisse, ndlr)”, résume Evy. “Là-dessus, vous faites de la cryolipolyse”, ajoute-t-elle, cette procédure est assez traumatisante pour le corps. En effet, le froid extrême perturbe ce tissu conjonctif et donc ce maillage. En réponse à cette ”attaque”, à cette brûlure par le froid, le tissu conjonctif se contracte très fortement, se rétracte sur lui-même. Du coup, peuvent survenir des sortes de boules, surtout au niveau du ventre, qui ne sont pas visibles à l’œil nu, mais que l’on sent lorsqu’on plonge nos doigts dedans. On appelle cela du tissu fibrosé. D’après ce que me disent certaines clientes, c’est très inconfortable, leur ventre est dur et elles n’ont plus toutes leurs sensations”. Mais Evy se veut rassurante, de nombreux massages réalisés par des professionnels peuvent venir à bout de ces petits désagréments. 

Autre souci cependant, le tissu fibrosé peut également se traduire par l’apparition de cellulite. “À partir du moment où il y a traumatisme, le corps peut réagir de différentes manières, cela dépend vraiment de la personne. Je ne pense pas que cela vienne d’un médecin qui l’a mal fait, mais il faut garder en tête qu’il y a toujours un effet rebond”. Ainsi, Evy nous explique que le corps a une mémoire. Et si la graisse ne revient pas à l’endroit où elle a été brûlée, elle peut se stocker ailleurs, avec un petit supplément. Sans parler de l’hyperplasie adipeuse paradoxale. “Là encore, il s’agit d’une réaction rare à ce fameux nœud, à ce tissu fibrosé. En fait, il ne s’agit pas de graisse supplémentaire, c’est comme si le corps avait récupéré la graisse qui était éparpillée partout et que la contraction du tissu conjonctif venait l’agglutiner à un certain endroit”. Pour la masseuse, il n’existe donc pas de solution miracle. Seul un mode de vie sain (manger équilibré sans se priver, faire du sport, boire beaucoup d’eau, se chouchouter) allié à des massages drainants qui permettent d’affiner la silhouette, nous permettra de nous sentir bien dans notre corps. 

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À quoi faut-il faire attention ? Quelle machine privilégier ?

Si l’on décide tout de même d’avoir recours à la cryolipolyse, il ne faut pas négliger plusieurs détails. Cette technique étant encore peu encadrée, au Maroc comme ailleurs, il est donc important de faire attention et ne pas aller chez n’importe qui. 

Tout d’abord, lorsque l’on va consulter, il est conseillé de demander le nom de la machine et de faire une petite recherche sur internet pour savoir s’il s’agit d’une machine médicale. En effet, Imane Slaoui nous explique qu’il existe deux types de machines sur le marché, les cryolipolyses médicales et les cryolipolyses esthétiques. “Les premières sont des machines qui bénéficient d’un suivi médical et qui sont approuvées par des labels tels que la FDA aux États-Unis ou par la communauté européenne. Ces dernières ont été soumises à des tests et ont passé de nombreux examens pour prouver leur efficacité mais surtout leur innocuité. Les cryolipolyses esthétiques ne sont pas contrôlées de la même manière et peuvent donc avoir des effets secondaires graves, notamment des brûlures ou, plus grave, des nécroses”. Il faut aussi garder en tête que pour toute procédure de cryoliopolyse, le médecin traitant doit utiliser un film isolant, un gel isolant et des capteurs afin de s’assurer de la sécurité de la peau. Si l’un de ces éléments manque, stoppez immédiatement la séance. À noter également que l’on ne fait jamais plus de deux séances, quelle que soit la zone. “Quand on vous vend un package de 10 séances, c’est du grand n’importe quoi”, alerte Imane Slaoui. 

Quant aux machines de cryolipolyse, s’il en existe de nombreuses, le CoolSculpting reste la référence. Il s’agit en effet de la première machine mise sur le marché qui détient le brevet de la technique d’amincissement par le froid. “On parle de 15 ans de recherche et développement et de plus de 8 millions de tests effectués à travers le monde, c’est donc une machine sur laquelle on a beaucoup de recul. Elle est d’ailleurs FDA Approuved et porte le marquage CE médical, c’est-à-dire qu’elle respecte la réglementation européenne”, ajoute le médecin esthétique.

De son côté, Evy est un peu plus réticente. “Je vois tellement de traumatismes à long terme que je ne vais pas encourager quelqu’un à faire de la cryolipolyse. Je vais lui demander de bien réfléchir, notamment à tout ce que cela peut engendrer. Il faut savoir que l’effet gondolé à moyen terme est très présent (sur près de 8 femmes sur 10). Aussi, après avoir enlevé la graisse, au fil des ans, la peau va se détendre et commencer à pendre, ce qui n’est pas très esthétique.” 

Une chose sur laquelle Evy et Imane Slaoui s’accordent: tout acte de chirurgie, même non invasif, doit être pris au sérieux. Il est important de bien se renseigner avant de sauter le pas. Sur le type de machine utilisée, les effets secondaires possibles et surtout, sur la compatibilité de la procédure avec notre corps. “Si on a la peau fine et donc moins résistante, je déconseille fortement la cryolipolyse: la chance d’avoir des effets secondaires augmente et on peut même souffrir de brûlures”, conclut la facialiste. 

Le coût d’une séance de cryolipolyse ? À partir de 3500 DH. 

 

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