DIHYAN, LA MARQUE QUI FAIT REVIVRE LES BIJOUX TRADITIONNELS MAROCAINS

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Dihyan, vous ne connaissez pas encore. Normal, c’est tout nouveau, tout chaud. Et c’est surtout la petite marque de bijoux qui commence à faire jaser la fashionsphère marocaine. Le concept ? Des parures traditionnelles modernisées, un savoir-faire revu avec branchitude à prix doux, à porter aussi bien le jour qu’en soirée. Parole de jewels addict, on est accros à ce label qui a tout d’un grand. Exclu Shoelifer : Youssra Nichane, sa cofondatrice nous révèle les dessous d’une future success story.


Nous faire retrouver le plaisir de porter des parures traditionnelles au quotidien, c’est l’objectif de la toute jeune marque de bijoux handmade Dihyan. Et ce, avec une bonne dose de sexyness. Un vrai challenge !

Certes, dans notre société, le bijou a toujours bénéficié d’une place prépondérante. Indicateur social, héritage familial et même investissement, plus la parure était lourde et sophistiquée, plus le prestige était grand. Comme la fameuse mdamma en or que les jeunes mariées recevaient en guise de dot. Oui mais voilà, depuis une trentaine d’années, on a tendance à délaisser les bijoux traditionnels, difficiles à arborer au quotidien. Trop imposants, trop lourds… Un peu comme les caftans mekhzanis. Sauf que… le retour aux sources est dans l’air du temps.

Dernier exemple en date ? Manal, chanteuse bien ancrée dans son époque, vient de sortir un clip qui met à l’honneur nos traditions (caftans vintage, ambiance néo orientale) mais sans les pasticher, en les réinterprétant. Bref, Dihyan ne propose pas de simples copies des bijoux de nos grands-mères. La créatrice Youssra Nichane fait ressurgir la beauté des trésors d’antan avec plus de légèreté, de finesse, pour les mettre au cou et aux oreilles des élégantes d’aujourd’hui.


La philosophie

Avant, dans les années 30 à 50, les femmes marocaines portaient le bijou traditionnel tous les jours. En cuisinant, en recevant pour le thé… Je voulais le ramener dans notre quotidien”

En allégeant les modèles traditionnels, Dihyan entend revoir notre façon d’agrémenter nos tenues. Dans son coffre, des pièces faites à la main et retwistées de A à Z dans les meilleurs ateliers du royaume. Chic sans être ostentatoires, précieux sans être too much et tradi sans être lourds, ces joyaux-là s’adaptent à nos tenues (caftans, robe de soirée, ou tenue “de ville”) et se mixent à l’envie, tout en gardant leur âme.

C’est d’ailleurs le leitmotiv de Youssra Nichane: “Avant, dans les années 30 à 50, les femmes marocaines portaient le bijou traditionnel tous les jours. En cuisinant, en recevant pour le thé… Je voulais le ramener dans notre quotidien. Mais, cette fois, de manière plus facile, plus cool, sans que l’on ait l’impression de porter un gros bijou hors de prix. Surtout surtout, qu’on ne le sorte pas seulement à l’occasion d’un grand évènement”. Résultat, une collection qui nous a vraiment tapé dans l’œil, pointue mais accessible puisque confectionnée en argent trempé dans de l’or et proposée à des prix plutôt doux.


L’histoire

Passionnée de bijoux depuis toute petite, c’est en portant les pièces traditionnelles de sa collection privée en mars dernier lors de la Fashion Week à Paris que Youssra a, pour la première fois, la puce à l’oreille. Où qu’elle aille, fashionistas et créateurs n’ont de yeux que pour ses bijoux.

Un constat qui lui donne envie daller plus loin et d’imaginer sa propre collection. Avec un objectif en tête, redonner un second souffle aux parures marocaines pour en faire de véritables pièces mode. Pourtant, sa carrière –elle est marketing manager au sein d’un grand groupe international puis dans l’entreprise familiale – ne l’emmenait pas dans cette direction.

Finalement, elle se décide à sauter le pas grâce… au confinement ! Mais également à une belle rencontre, lors d’un voyage en Grèce, où Youssra fait la connaissance de Nicole Lopez-Penha de Abate. Une modeuse confirmée vivant entre Miami, New York et Londres, directrice logistique d’une compagnie de conciergerie et accessoirement grande amatrice de bijoux anciens. Ensembles, elles s’associent et imaginent donc les premiers pas de Dihyan en rêvant très vite de faire voyager la marque autour du monde.

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Et il a bien fallu tout apprendre. Pour être à même de réaliser ses créations, Youssra prend des cours de dessins avec un professeur à domicile pendant plusieurs mois afin de commencer à croquer ses envies sur le papier. Ce n’est qu’après cette étape, et pas mal de brouillons, qu’elle se met ensuite à la recherche de l’atelier ultime, celui qui saura donner vie à ses créations imaginaires.

Pour y arriver, la créatrice part tout naturellement à Fès, fief du bijou traditionnel handmade. Bingo ! Sur place, elle fait la rencontre d’un maître d’atelier d’exception qui va finir par concrétiser ses rêves, et même un peu plus. “Des mains magiques” dit-elle. Et d’expliquer: “Il faut savoir que le travail de l’argent est plus compliqué que celui de l’or. J’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir pu rencontrer ces artisans. C’est un moment magique lorsque tu vois tes croquis prendre vie pour la première fois”. Et le 1er septembre 2020, Dihyan était né.


La collection

La première collection comprend une vingtaine de modèles. Colliers, ras-de-cou ou boucles d’oreilles : on découvre des formes géométriques, des cylindres, des losanges, des motifs floraux mais aussi beaucoup de soin apporté au sertissage et au ciselage. Rouge bordeaux, vert et blanc, les couleurs sont celles des parures traditionnelles. Et pour upgrader le tout, des matières nobles : de l’argent trempé dans de l’or 24 carats et des pierres naturelles comme le jade, l’agate, ou encore la perle de culture joher. En finition, chaque pièce est ensuite retenue par un cordon de fils de soie (mejdoul). Porté négligemment derrière le dos ou sur le buste, il est vite devenu la marque de fabrique du label en apportant cette Moroccan touch, ethnic-chic qui nous fait craquer.

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Les icônes

Si la collection a fait tilter les radars des modeuses et autres socialites marocaines, quelques modèles sont déjà en passe de devenir de véritables icônes. À l’instar de l’Izlane (soit “fluide” en berbère). Un sautoir souple avec un cylindre central doré serti de pierres de jade et d’agates rouges. Autre incontournable, le collier Lahna (comprenez “bonheur”) et ses fils entrelacés, ou encore le “Joher”, un ras-de-cou perlé pour jouer sur l’accumulation… Pile dans la tendance du moment. Sinon, alerte aux fans de boucles d’oreilles : les carrées Mi-Chanas ou “printemps” ou les Fassas, des pendentifs étincelants avec des agathes, boostent n’importe quelle tenue en manque d’éclat. Si les noms vous semblent familiers, vous l’aurez compris, c’est parce que Dihyan s’inspire des traditions amazighes pour sa collection. Tout comme son nom, qui renvoie à la reine guerrière berbère Dihya.

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Les valeurs

Chargé d’histoire, transmis de génération en génération, le savoir-faire des orfèvres marocains reste l’âme et la figure de proue de la marque, dans un secteur –l’artisanat– très impacté par la pandémie actuelle. Last but not least, on aime le projet de Youssra Nichane de créer dans les mois à venir une coopérative 100% féminine pour leur apprendre les métiers de l’orfèvrerie. Et ainsi proposer un bijou “fait par la femme pour la femme”, comme le rêve Youssra.


Et pour les prix ?

Bien que la collection soit plutôt accessible (entre 1000DH et 3000DH selon les modèles), ne l’appelez surtout pas “fantaisie” au risque de contrarier la créatrice. Ici on préfère parler de “bijou couture” car on ressent vraiment le caractère unique de chaque pièce et le travail minutieux qu’elle a demandé. Petite exclu, on a entendu parler de l’arrivée d’une nouvelle gamme plus précieuse et éphémère, imaginée autour de 3 modèles, disponibles en édition limitée, autour de 5000 DH.


Comment commander ?

Via la page Instagram, en attendant la sortie du site e-commerce, dans quelques semaines. Livraison entre 3 et 4 jours dans tout le Maroc mais aussi à l‘étranger. Sinon on peut visiter quelques points de vente comme au Mimsa store à Le Casablanca Hotel, la boutique Shahnaz à Casablanca ou encore le Mandarin Oriental à Marrakech. Enfin, dernière info Shoelifer, une vente privée sera aussi organisée à la mi-novembre. Mais chut, c’est encore un secret… Stay tuned !

 

Photo (c) Lamia Lahbabi.

Charlotte Cortes

Une fois son master de l’ESJ Paris en poche, c’est entre la capitale française et sa ville de cœur, Casablanca, que Charlotte fait ses premières armes. Quotidiens d’informations, radio, post-production télévisuelle… touche-à-tout, cette journaliste mue par le désir d’en apprendre toujours davantage rejoint diverses rédactions (Metro, Atlantic Radio…) avec le désir de se frotter à différents médias. C’est à son retour au Maroc en 2015, que le lifestyle s’impose à elle, tout naturellement. Une évidence qui la pousse à intégrer le lifeguide Madame Maroc, dont elle deviendra rédactrice en chef trois ans plus tard. Depuis, elle écume les belles adresses du royaume à la recherche constante de nouveaux labels et autres hot spots. Aujourd’hui, c’est à Shoelifer qu’elle prête sa plume et son enthousiasme pour gérer la programmation du webzine. Ne vous y trompez pas, sous ses airs affairés cette pétillante brunette ne rêve que de danses endiablées, de plages désertes et… de bons plans mode, évidemment.

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