HUMEUR : SQUID GAME, LA PERVERSION, HALLOWEEN ET MOI 

squid game

S’il y a bien une chose qui me hérisse le poil, c’est bien la violence gratuite à la télévision. Et encore plus ceux qui la regardent avec un petit sourire pervers. Vous avez compris, Squid Game, le nouveau phénomène Netflix, a réussi à me faire détester (un peu plus) cette planète et les individus qui la peuplent. Mais où s’arrêtera cette escalade de pulsions morbides ? L’humeur (épouvantée) du mois, c’est par ici. 

Heure du crime ? Samedi soir dernier, vous savez ce fameux soir d’Halloween qui est devenu en quelques années la fête de tous les possibles. Possibles ? Oui, car aujourd’hui “la fête des morts” offre la possibilité à tous les pervers de sortir l’artillerie lourde. D’un côté, les mi-nonnes mi-filles de joie (pour rester polie) avec petite jupe échancrée et tâches de sang suggestivement appliquées sur le décolleté. De l’autre ? Des maquillages collants franchement dégoûtants et des masques plus effrayants que ma tête après une soirée bien arrosée. Bref, dans un melting pot de sang artificiel coagulé, je n’ai pas pu m’empêcher de penser : depuis quand le morbide est devenue aussi tendance ? Eh bien, à en croire le nombre de déguisements Squid Game ce soir-là, le phénomène est en plein boom. 

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Je dois avouer que niveau horreur, je ne joue pas dans la cour des grands. Une petite enquête criminelle par-ci et un Hocus Pocus par-là constituent la majorité de ma filmographie d’épouvante. Oui je sais, ce n’est pas bien glorieux. Mais depuis que j’ai fait l’erreur à 12 ans de regarder la version old school de L’Exorciste, je sais à quoi m’en tenir. Et si les “ingrédients” sont toujours les mêmes (esprits maléfiques, maisons hantées, voisins douteux et malédictions ancestrales), Hollywood développe désormais un tout autre genre de film d’horreur : le drame sadique. Aka Saw, The Handmaid’s Tale, You ou encore le célèbre Hunger Games. Sans oublier of course la dernière série sud-coréenne qui a fait vibrer la planète entière : Squid Game. Le synopsis (pour ceux qui ont passé les dernières semaines sur Mars) : une compétition télévisée oppose des individus sans le sou qui doivent remporter des jeux d’enfants pour gagner. Pas si innocents que ça les jeux, puisque les perdants sont froidement assassinés. Bref, un huis clos géant et violent sur fond de comptine “1,2,3 Soleil”. Sérieux ? Vous ne trouvez pas que le monde est suffisamment dur comme ça, il faut en rajouter et mettre de mauvaises idées dans la tête des gens ? Suis-je la seule à trouver ça dérangeant ? 

Apparemment oui. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : la série est devenue en quelques semaines le meilleur lancement sur la plateforme de streaming, en dépassant les 111 millions de visionnages en seulement 17 jours. Entraînant dans son sillage une frénésie (hérésie ?) mondiale. À Paris notamment, la police a dû intervenir lors de l’ouverture d’une boutique Squid Game qui a provoqué des empoignades. Fait beaucoup plus alarmant, le phénomène s’est aussi invité dans les cours d’écoles en transformant les récréations en jeux cruels. Oui, oui, en Belgique de petits anges ont fini par imiter la célèbre série en rouant de coups le camarade qui a eu le malheur de perdre. La règle du jeu : “celui qui bouge, on le tabasse”. Résultat ?  L’Education nationale tremble… et les parents avec. Difficile de lutter pourtant, car mettre en avant les pires côtés de l’espèce humaine est résolument dans l’air du temps… et sur les écrans. 

Côté programmes, il n’y a pas trop le choix ces derniers temps. Comme pour Halloween, au bout de la télécommande on nous propose généralement soit des films macabres, soit des séries cucul la praline. Du coup, je me suis même laissée tenter par La Chronique des Bridgerton ou Emily In Paris. Tellement nunuche que j’ai dû passer mon temps à répéter à mon chéri “c’est nul je sais”… Bref, entre les histoires à l’eau de rose (bonbon) et les meurtres sadiques, j’ai du mal à prendre mon pied. Du coup, je suis presque obligée de sortir. Et ce n’est pas plus réjouissant. Ce qui m’a achevée ? La vision pas franchement glamour d’un invité complètement saoul en combinaison Squid Game galocher une Britney Spears salement amochée. Merci, mais non merci. Finalement dans la vie, parfois mieux vaut aller se coucher. Et ouvrir un bon bouquin. Qui sait.

Par Sarah Kroche.

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