HUMEUR : NETFLIX, LA FLEMME ET MOI

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Dans la liste des péchés capitaux, la paresse est sans doute le vice que je dois combattre le plus (après la gourmandise, certainement). Mais ma lutte contre la flemmardise se heurte à un adversaire de taille : Netflix. Il faut avouer que depuis presque deux ans, la plateforme s’est confortablement installée dans mon salon, jusqu’à devenir un individu à part entière à la maison. Ajoutez à ça un confinement, des couvre-feux à rallonge et le ramadan, et vous obtiendrez une larve un peu honteuse qui passe ses soirées à faire du binge watching sur son canapé. Du coup, j’ai décidé de couper le cordon (HDMI). L’humeur (affalée) du mois, c’est par ici. 

C’était un soir de semaine comme les autres. Après le sport, les courses et le dîner devant la TV : “C’est bien ce soir on va se coucher tôt” me suis-je entendue dire à BAE, scotché devant son téléphone.  Il a juste proposé “un dernier épisode et on va dormir”. Erreur de débutant. Deux paquets de M&M’s et trois épisodes plus tard, ma montre a affiché 4h du matin, et j’ai eu le déclic. La malédiction Netflix avait –encore– frappé. J’étais passée au statut d’addict sévère. Et vu mon état le lendemain, entre le zombie et l’automate ensuqué, il était plus que temps de réagir. 

Il faut dire que ces derniers mois, j’ai un peu abusé. La faute au confinement maybe, au couvre-feu et au ramadan aussi. Mais derrière tous ces alibis se cache surtout… de la mauvaise foi. Oui, je dois bien l’admettre : Netflix est devenue ma bouée de secours, ma drogue pixellisée. Une vrai toxico : pas un soir ne passe sans que je cède à l’appel de la télécommande. Le jingle au “toudoum” retentissant, surmonté d’un grand N, agit sur moi comme un shot d’adrénaline et la promesse d’un avenir meilleur. Comme l’annonce de l’arrivée d’un vaccin en pleine pandémie –ou presque. Difficile d’éviter l’éternelle question : “Mais qu’est ce qui me pousse à en vouloir toujours plus” ?  Pourtant, rien n’y fait, le résultat reste le même. Je me couche vaseuse à souhait, en me promettant à chaque fois “demain je lis un bouquin”.

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Dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es

Certes, je ne crache pas dans la soupe. Netflix m’a permis de découvrir des pépites cinématographiques et d’occuper des soirées un brin trop confinées. Plusieurs séries bien ficelées m’ont même apporté de la joie et pas mal de feel good attitude. Mais tout de même. Dans cet océan de streaming à mater, il m’arrive bien trop souvent d’errer à la recherche du film parfait et de finir par regarder ce qu’on appelle communément… une bonne bouse. Qui s’est lancée automatiquement grâce au fameux algorithme “films recommandés pour vous” sans que j’aie eu le temps de me lever du canapé. On repassera plus tard pour les débats intellos. Après plusieurs journées passées à culpabiliser, j’ai fini par comprendre qu’il suffisait d’enchaîner deux soirées ciné médiocres pour que mon humeur baisse aussi d’un cran. La vie ? Bof, rien d’intéressant. Il a fallu me rendre à l’évidence : mon bien-être dépend (malgré moi) de la qualité des films que je regarde. Sans parler de celui de mon couple, au passage.


Heureusement que Game of Thrones est fini j’aurais fini par développer une tendance suicidaire

Parce que oui, on est tous dans le même bateau face à Netflix. En solo ou à deux, contre le binge watching, chacun mène sa barque en écopant comme il peut. Un phénomène tel que le Wall Street Journal himself s’est interrogé sur la place que prenait la plateforme dans nos vies. Et tenez-vous bien, selon un sondage de l’Institut Survey Monkey, un adulte sur quatre en couple choisit de regarder une série plutôt que de se lancer dans une partie de jambes en l’air. Gloups ! Chez les Américains, ce pourcentage grimpe même à 36% chez les 18 – 38 ans. Résultat, on s’interroge carrément sur le rapport entre les plateformes de streaming et la baisse de natalité. Cerise sur la télécommande, Reed Hastings, cofondateur et directeur de Netflix, déclarait dans une conférence de presse en 2017 que “la plateforme est l’ennemi du sommeil”. Quel scoop… Le seul point positif dans tout ça ? Après avoir maté l’intégralité du catalogue, on a (au moins) alimenté son catalogue de sujets de conversation. 


Comment se sortir de cette spirale infernale ?  

Il aura finalement fallu une escapade (pour ne pas dire une mission de la dernière chance) dans le sud du Maroc pour que j’arrive enfin à faire autre chose de mes soirées. Ce qui m’a rappelé le bon vieux temps où l’on dinait encore sur la table à manger de mes parents. Et même si je suis en désintox, la pilule rouge du binge watching à la sauce Netflix n’est jamais loin. Du coup, j’ai dû trouver des alternatives. Premièrement, j’ai ENFIN fait un tour à la librairie. Ça faisait longtemps. Secundo, j’ai commencé à regarder tous les bons docus que je remettais sans cesse “à plus tard”. Résultat, je me gave d’images de nature et de voyages à couper le souffle et je finis toujours par… m’endormir. Enfin, je me suis imposée quelques règles : un film par semaine et les séries seulement le week-end. Oui, c’est drastique, je sais. Que voulez-vous, pour redevenir maître de soi-même, il faut bien se faire violence. Mais je vous préviens : le prochain qui me conseillera LA bonne série à-voir-absolument sera le bouc émissaire idéal de ma rechute…

 

Par Sarah Kroche. 

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